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Bon
3 mars 2025
En 1938, à Harlem, quartier pauvre de New York, Althea Gibson est bien loin d’avoir des atomes crochus avec l’école, qu’elle sèche régulièrement jusqu’à l’arrêter. Ce qu’elle préfère en revanche, c’est le tennis. Déjà enfant intrépide et sportive, Althea croit en ses rêves et ne se laisse pas marcher sur les pieds, allant même dès son bas âge défendre son oncle en tabassant son agresseur. Preuve une fois de plus de ses grandes capacités physiques.
Voulant prouver à son père qu’elle est capable de devenir une grande championne, elle espère participer aux grands tournois américains. Mais en ces temps de ségrégation raciale, cette idée n’est pas évidente à concrétiser. Les grands tournois médiatisés sont réservés aux Blancs. Mais la jeune femme n’est pas prête à abandonner son rêve.
Althéa va devoir se battre et faire preuve de patience pour espérer devenir la première femme noire à participer au tournoi de Forest Hills (Aujourd’hui US Open), et aller toujours plus loin.
Tout au long de l’album, on observe une ambiance orangée de terre battue. Avec un style graphique plutôt orienté jeunesse, plutôt schématique, le dessinateur représente néanmoins des personnages fidèles à leur apparence réelle, aisément identifiables.
L’action reste centrée sur Althéa Gibson de 1938 à 1996, même si certains passages de sa vie sont moins développés, focalisée sur des moments marquants, ses victoires et échecs. L’ouvrage fait tout de même plus de 150 pages.
Le racisme est inévitablement présent tout du long, et ce, dès la couverture avec un titre percutant et de circonstance : “White Only”. Ce biopic devrait plaire aux fans de sports et particulièrement de tennis. Une lecture qui nous fait également découvrir d’autres figures du monde du tennis féminin telles qu’Alice Marble ou encore Angela Buxton.
Si, en revanche, le tennis n’est pas forcément votre passion, c’est l’occasion de découvrir quelques bases de ce sport. Les auteurs font bien attention à ne pas être trop technique. Autre point positif, l’ouvrage ne reste pas coincé dans le prisme du tennis - le sujet principal étant le racisme - et nous montre les différentes facettes d’une joueuse polyvalente, s’adonnant à d’autres sports et activités artistiques tout au long de sa vie.
Le script est bien construit, mémoire d’une époque, rendant un bel hommage à une héroïne qui marqua l’histoire en devenant malgré elle un symbole.
Le scénariste Julien Frey, né en 1977, grandit à Paris, où il obtient une licence de cinéma. Plus tard, il participe à l’écriture de nombreuses séries d’animation pour la jeunesse (Geronimo Stilton, Grenadine et Mentalo ou encore Casper). Par la suite il s’oriente vers le 9e art. En 2014, il sort une BD autobiographique intitulée Un jour, il viendra frapper à ta porte. Il publie aussi notamment Michigan. Sur la route d’une War Bride qui se passe déjà aux USA et Monsieur Apothéoz, chez Glénat en 2023. Il écrit, en parallèle de ses projets d’albums, des scénarios pour des Mickey énigmes dans le journal de Mickey.
Sylvain Dorange, le dessinateur, a en commun avec Julien Frey son année de naissance. Né à Fréjus, il étudie aux Arts Décoratifs de Strasbourg, puis dans l’atelier Claude Lapointe. Il travaille un temps dans la publicité, la communication et l’animation, avant de se tourner vers le dessin de presse et la bande dessinée. Il publie notamment des albums sur les deux grandes Guerres mondiales respectivement en 2018 et en 2020. Avec White Only, il s’attaque de nouveau à l’histoire avec un grand H.
Par Rémi BARNAULT
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
White Only est disponible à 23€ aux éditions Glénat, collection Vent d’Ouest.