Vincent avant Van Gogh – Par Sergio Salma – Ed. Glénat

Par Didier PASAMONIK Favori de la rédaction 15 août 2025 
Vincent Van Gogh, tout le monde connaît. C’est une icône de l’impressionnisme. Ses champs de blés flamboyants, ses tournesols gorgés de soleil, sa relation avec Gauguin, avec le docteur Gachet, l’oreille coupée, Auvers-sur-Oise… Mais qui connaît ce qui s’est passé AVANT, avant qu’il ne vienne en France ? Ses séjours à Londres et à Bruxelles, dans le Borinage en Wallonie auprès des travailleurs de la mine, avant qu’il ne devienne peintre même ? Pas grand monde…. Salma, que l’on n’attendait pas dans ce registre, vient combler les manques de notre culture générale.

Vincent Van Gogh est né en Hollande d’un père pasteur, rigoureux et autoritaire, et d’une mère aimante au tempérament artiste qui lui fait découvrir la beauté de l’art et de la nature. Il naît dans une famille nombreuse et entretient une relation très proche avec son frère Théo Van Gogh avec lequel il entretient une correspondance de plus de 600 lettres qui ont contribué puissamment, grâce à la veuve de Théo, Johanna Bonger, qui les publia, à la notoriété posthume du peintre. Ce n’est d’ailleurs pas le seul apport de cette femme admirable : gérant l’œuvre de l’artiste avec intelligence et finesse, elle le fit connaître au monde, qui aboutit, par l’intermédiaire de ses enfants, à offrir plus de 200 toiles à l’État hollandais. On peut les voir dans le musée qui est consacré à l’artiste à Amsterdam.

C’est d’ailleurs dans le Musée Van Gogh en Hollande que commence notre histoire. Des toiles les plus célèbres, on passe à un jeune Vincent intelligent mais buté, issu d’un milieu bourgeois, au service d’un oncle marchand de tableaux et éditeur d’art. Là est son éducation artistique : auprès des maîtres hollandais, italiens, français... que l’on reproduit pour les intérieurs bourgeois. Pour son travail, Vincent Van Gogh voyage à Londres, Paris, Bruxelles, rencontrant des peintres, des collectionneurs, des marchands…

Sa voie est toute tracée, se dit-on. Que nenni. Vincent ne dessine pas, ne se projette pas en tant que peintre. Sa vocation, pense-t-il, c’est la prêtrise. C’est un fou de Dieu. Peut-être pour exister pour son père, il cherche à se mettre dans ses pas. Il veut consacrer sa vie à porter la parole du Christ. Mais le latin et les textes sacrés se refusent à lui. Il est trop dissipé, trop artiste, trop exalté… En dépit de l’aide des ses parents et des relations qu’ils mobilisent, le jeune Vincent ne s’autorise que des échecs.

La justesse de ce livre de Sergio Sama tient à son point de vue : c’est un frère mort avant la naissance de l’artiste et qui porte le même prénom que lui qui nous narre l’histoire. La difficile naissance d’une vocation qui s’impose à lui et qui ne s’illuminera que quand, à 27 ans, il comprendra que l’art lui-même est possiblement une expression du divin. En attendant, Vincent souffre, son quotidien est incertain, sa raison vacille… Elle sera un jour envahie par son génie.

On n’attendait pas forcément Sergio Salma, le créateur de Nathalie (Casterman), touchante série pour enfants, d’Animal Lecteur (avec Libon, chez Dupuis), de Mademoiselle Louise (avec Geerts chez Dupuis), ou de Marcinelle 1956 (Casterman) dans un biopic comme celui-là. Salma est revenu plus d’une fois sur le Pays Noir (la région des charbonnages en Belgique wallonne, dont il est issu), « Pays noir » est même le titre d’un album qu’il dessina naguère pour les éditions Kennes.

C’est le passage de Van Gogh durant deux ans dans cette région, le Borinage, qui est à l’origine du projet. Salma, en résidence, découvre ce moment décisif de la vie de l’artiste où, de la noirceur des paysages charbonniers, va surgir l’une des lumières les plus intenses de l’histoire de la peinture.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 978234405975
Glénat ✏️ Sergio Salma à partir de 13 ans Histoire Biopic Belgique Bruxelles Londres Amsterdam
 
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17 Messages :
  • Vincent avant Van Gogh – Par Sergio Salma – Ed. Glénat
    16 août 2025 16:41, par Laurent Colonnier

    Mais qui connaît ce qui s’est passé AVANT, avant qu’il ne vienne en France ? Ses séjours à Londres et à Bruxelles, dans le Borinage en Wallonie auprès des travailleurs de la mine, avant qu’il ne devienne peintre même ?

    Bah tous ceux qui ont vu l’excellent film de Vincente Minelli La vie passionnée de Vincent Van Gogh avec l’interprétation exaltée de Kirk Douglas. Les séquences du borinage ont d’ailleurs été tournées dans la région de Mons-Borinage, en Belgique, sur les lieux même où Van Gogh officia comme pasteur, notamment rue Sainte-Louise à Hornu.

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    • Répondu le 16 août 2025 à  22:54 :

      J’adore ce film, mais il est quand même très romancé puisqu’il s’inspire du roman de Irving Stone, Lust For Life, qui prenait quand même de nombreuses libertés avec la réalité. Pour tout savoir de Van Gogh, il faut lire ses Lettres à Son Frère Théo, qui sont magnifiques, en particulier dans leurs versions intégrales.

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      • Répondu par Laurent Colonnier le 17 août 2025 à  13:20 :

        Vincent ne disait pas tout dans ses lettres, elles étaient aussi écrites pour rassurer son frère et sa famille.
        Je conseille le fantastique film de Julian Schnabel At eternity’s gate où Willem Dafoe (62 ans) joue Van Gogh (entre 34 et 37 ans) mais on y croit. Et enfin dans ce film on en finit avec la stupide légende du suicide de Van Gogh.

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        • Répondu le 18 août 2025 à  13:05 :

          La thèse du film de Schnabel quant à la mort de Van Gogh est totalement fantaisiste, hautement contestable et contestée par tous les spécialistes. Elle a surtout servi à promouvoir un livre de dessins apocryphes dont l’authenticité est loin d’être démontrée. Tant qu’à faire, le film de Minelli est sans doute plus proche de la réalité.

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    • Répondu par Sergio Salma le 17 août 2025 à  21:43 :

      L ’avis passionné de Laurent Colonnier. Peut-être mieux vous renseigner, et sur le roman, et sur le film et sur la bande dessinée. Vincent van Gogh na jamais été pasteur il a échoué dans sa tentative à le devenir. Tout comme il a souffert de son impossibilité à devenir prédicateur, pourtant moins d’années d’études mais malheureusement il n’a pas non plus satisfait aux exigences d’une entrée dans cette école bruxelloise pour le devenir. Il a alors littéralement quémandé une mise à l’essai, on lui en accordera une de 6 mois, en tant que catéchiste, dans une région on ne peut plus pauvre mais là encore, il... mais bon je vais pas tout raconter ici. Le film ( adaptation du roman) commence en 1878 à son arrivée dans le Borinage, mon livre raconte sa vie depuis sa naissance en 1853 , le décor, les decors, ses déménagements , les parents, la famille et son premier travail, ses premiers emplois , nullement évoqués dans le film. Un travail pourtant hautement signifiant comme il est d’ailleurs dit dans l’article. Sa vie de peintre ne commence pas en France, il n’y viendra que des années plus tard, rejoindre son frère à Paris. Il s’agira pour lui de se jeter à corps perdu dans l’apprentissage , je n’en montre rien, en tout cas dans cet album-ci , puisque la dernière page c’est son trajet vers Bruxelles où il s’inscrira à l’académie des Beaux-Arts. Entre sa decision et le tableau les mangeurs de pommes de terre que lui-même a considéré comme une étape décisive il se passera cinq annees .Petite précision quand aux informations, cher Didier, ce n’est pas sa belle-soeur qui fera cette donation car elle aura lieu bien longtemps après sa mort en 1925. C’est donc le petit Vincent Willem, fils de Johanna et Théo, qui continuera la gestion de l’héritage. Gestion qui aboutira en 1960 à la création d’une fondation van Gogh et qui jettera les bases d’une relation forte entre la ville d ’Amsterdam, l’État hollandais et la famille van Gogh, Vincent Willem ayant eu des enfants et des petits-enfants. Il est décédé en 1978 à 88 ans. L’héritage, l’œuvre de Vincent entre les mains de Johanna Bonger-van Gogh ce sera le sujet du deuxième tome sur lequel je travaille. Je ne suis pas isolé avec ma documentation je suis connecté avec des membres liés au Musée d’Amsterdam, conseillé par des personnes dont un éminent chercheur qui bondiraient si elles lisaient vos assertions , monsieur Colonnier, quant à la mort de Vincent van Gogh. C’est trop joli c’est vrai ces options de meurtre, c’est tentant et Schnabel a abondé dans ce sens. Pourtant tout son parcours a été documenté, heure par heure. Et Vincent blessé est revenu à l’auberge Ravoux le 27 juillet, il a été mourant il a gémi , parlé et c’est un délire que de croire en autre chose qu’un suicide. Il avait minutieusement prepare son suicide mais là encore il n’a pas réussi il est décédé Ie 29 et fut enterré le 30, sans messe, le curé d’Auvers-sur-Oise lui ayant refusé les derniers sacrements puisqu’il s’était ôté la vie, or, seul Dieu a ce pouvoir .Vincent avait par ailleurs déjà tenté de se suicider en avalant de couleurs lors de son séjour à l’asile. Le film de Minnelli a malheureusement contribué à repandre certains clichés qui ont complété l’imagerie . il faut savoir que Vincent n’a jamais été pauvre, contrairement à ce qu’affirma Jean Ferrat dans une des 2 chansons qu’il lui consacra. Théo lui versait un salaire mensuel confortable en échange de ses toiles qu’il a tenté en vain de vendre (sauf une). À propos du tournage au Grand Hornu, il n’y a jamais habité, il vivait à 10 ou 12 km de là lors de son premier séjour et à 10 km lors de son retour en Belgique après un court séjour chez ses parents en Hollande. Un très joli documentaire Hollywood sur le terril relate le tournage dans le Borinage en 1955. Le passage dans les décors miniers est assez irréaliste et sa relation avec les mineurs dans la realite fut totalement autre, c’est un détail bien entendu , le film est lyrique, flamboyant , comme le travail sur les couleurs de la pellicule et le jeu passionné de Kirk Douglas qui a failli y laisser des bouts de raison . Je terminerai en nuançant un autre aspect. On a tendance à le "classer" dans les impressionnistes, pour moi il est davantage un expressionniste mais ça c’est une autre histoire.

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      • Répondu par Didier Pasamonik - L’Agence BD le 17 août 2025 à  22:44 :

        Cher Sergio. J’ai corrigé l’article en fonction de tes précisions. Merci.

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        • Répondu par Sergio Salma le 18 août 2025 à  06:03 :

          Merci. Un doute quant au terme donation, en réalité la famille van Gogh cédera 200 tableaux à l’État hollandais contre une somme d’argent, 15 millions de florins. Cet accord est le point de départ du musée qui ouvrira en 1973. Dans les anecdotes que je trouve intéressantes, il faut se souvenir que des artistes avaient alors manifesté leur mécontentement , les autorités culturelles consacraient d’énormes sommes d’argent pour mettre en avant un seul artiste, et disparu de surcroît. Le neveu de Vincent avait donc tout fait pour la promotion optimale de l’œuvre , œuvre definitivement accessible au grand public . Ce qui était le profond désir du peintre.

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          • Répondu le 18 août 2025 à  15:11 :

            Très juste remarque de Sergio Salma : Van Gogh est très marqué par les Impressionnistes, mais il préfigure les Expressionistes. C’est là tout son génie. Egon Schiele, né l’année de sa mort, revendiquera son influence.

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            • Répondu par Sergio Salma le 19 août 2025 à  15:50 :

              En réalité c’est très complexe, comme toujours quand on étudie le parcours de quelqu’un. Pour Van Gogh c’est particulièrement troublant et intéressant. Sa décision tardive de se consacrer à l’art est déjà en soi un fait intéressant. Il est absolument limité , graphiquement il est un absolu débutant, maladroit mais avec une foi et un désir, son tempérament, qui dépassent l’entendement. Impressionniste, expressionniste... c’est là aussi bien complexe. En réalité dans son passé il a déjà bien affiné ses goûts, sa perception, sa vision. En plus d’être un grand lecteur, c’est un grand "regardeur". N’oublions pas que tout cela se passe en 1880-82 , 83 pour ses premières années, il n’est pas vraiment peintre il est juste étudiant solitaire, autodidacte, il dessine beaucoup, il apprend du moins, il copie, il fait poser des voisins, il teste, il essaie, et si j’insiste sur l’époque c’est que tout cela se passe en Hollande, à la campagne . Aujourd’hui en un clic on peut voir la production mondiale, ce n’était guère le cas, il y a des reproductions, des images voyagent, du noir et blanc, des gravures... il bouge peu pendant des mois. Ses influences ? Peut-on parler d’influences ? Pas sûr. Il cite sans cesse des gens dont on voit peu dans ses tableaux à quel point il les a aimés. Hormis les géants genre Rembrandt ( de là lui vint l’envie de signer de son seul prénom, comme lui ) , c’est plutôt Millet, Daubigny, Lhermitte et un certain Jules Breton, qu’il essaiera d’ailleurs d’aller voir , des peintres qui ne sont pas dans la révolution picturale mais Daubigny par exemple c’est Barbizon, des peintres qui sont sortis de leur atelier, qui sont allés se promener dans la nature, et qui peindront sur le motif. VG aimait aussi Corot , qui encore plus tôt ira en forêt de Fontainebleau. C’est pas anecdotique mais l’invention du tube de couleur( vers 1840) facilitera ces sorties. En cela, l’école de Barbizon préfigure la démarche de ceux qu’on appellera les impressionnistes. Il faudrait chaque fois nuancer car chaque artiste a son parcours même si par moments ils se regroupent et finissent par former ce qu’on appelle une école. Ne pas oublier Eugène Boudin , certains font le lien. En Angleterre, 30 ans avant Monet il y a Turner, Constable qui eux aussi ont fait la transition entre les romantiques et les"impressionnistes"... Vincent s’est inscrit dans ce "courant "impressionniste avec ses faibles moyens au départ, son travail peu académique ne pouvait pas le rapprocher des classiques et de ceux qu’on surnomma les pompiers ( décidément chaque école doit son nom à un quolibet, une moquerie, écoles qui par ailleurs s’affrontent ). Vincent en réalité va muter sans cesse, son travail dès qu’il devient " sérieux " vers 1885 , c’est un renouvellement perpétuel. Il "essaiera" l’impressionnisme ( je schématise ) il ira même jusqu’au pointillisme, il a beaucoup copié et copiera ses peintres favoris jusqu’à sa mort ( Millet, Delacroix etc...) . Van Gogh aura donc sa phase impressionniste, parfois jusqu’à en être assez impersonnel, certains vases de fleurs , n’oublions pas qu’il aimerait aussi bien vendre, donc il s’adapte par périodes brèves à une "demande" ...Toujours en connexion directe avec son frère Théo qui est directeur d’une galerie d’art, son mécène et bien plus que ça...VG s’adaptera mais en vain. En reprenant les centaines de tableaux, on voit bien qu’il n’est pas dans l’absolue recherche de beauté , ou plutôt il a sa vision. Quand il se mettra à peindre plusieurs fois ses godasses, il doit bien se douter que peu de bourgeois parisiens allaient être intéressés par son art , aucun n’achètera pour accrocher dans son salon des images aussi triviales et peu décoratives. Les collectionneurs les amateurs d’art eux ont franchement manqué de discernement, mais encore eut-il fallu qu’ils voient tout ça, au bon moment. Et quand il commencera ses portraits colorés, on est loin de l’impressionnisme ; j’ai des scrupules à schématiser ainsi les 4 dernières années de sa vie car chaque tableau il y joue sa raison( et c’est pas une façon de parler ) . Quand il s’éloigne de cette touche impressionniste, on pourrait le rapprocher de Munch , 10 ans plus jeune, mais qui a commencé à travailler déjà, ils sont donc contemporains mais n’auront aucun contact et Munch pourra découvrir le travail de VG que bien plus tard. À Paris, Arles , a fortiori à Saint-Rémy, à Auvers ,VG ne fréquentera pas de peintres "classiques", attiré par autre chose. Toulouse-Lautrec, Gauguin sont ses proches... mais loin de vouloir théoriser, c’est son tempérament qui le mène. Plus tard , dans la première décennie du XXIè siècle , on pourra voir chez les expressionnistes Allemands, non pas des traces de VG mais la même brutalité , le cavalier bleu , les fauvistes, ( même chez les nabis un peu plus tôt en France ) des artistes qui placent la couleur avant le dessin. On peut aussi étudier son oeuvre avant les mangeurs de pommes de terre( 1885), son apprentissage, et voir dans ses études, ses tout premiers tableaux, des choses qui selon moi annoncent Permeke, certaines natures mortes , sombres, pas du tout " van goghiennes" , passées sous le radar sont pourtant assez originales, osons le rapprochement avec une espèce de pré-cubisme . Pour qualifier certains de ces tableaux, on pourrait aussi parler d’art brut. Et sans vouloir tomber dans l’exagération, VG a aussi fait ce qui ressemble à des dessins d’enfant. Pour moi, la nuit étoilée avec le cyprès, le clocher, cette lune , ces étoiles on n’est pas loin du dessin d’enfant . Mais quelques tableaux sont à l’exact opposé, il y a une minutie, un "soin" , une patience dans la représentation et une science de la couleur , le tout , que ce soit dans ses esquisses ( il qualifie les iris d’esquisse ! il comptait refaire mais il n’a jamais refait )ou ses toiles plus fignolées, c’est toujours le fruit d’un travail de quelques jours grand maximum, parfois de quelques heures. C’est là encore un phénomène rare. En sachant d’où il était parti, réaliser l’amandier en fleurs ou certains paysages très élaborés, en fait c’est assez inimaginable, pour moi incompréhensible . Il a réalisé des tableaux sans être devant un paysage, il a appliqué des couleurs, exprimé un tourment, un état d’âme, pour évoquer un souvenir, toujours l’agitation , l’impatience.

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              • Répondu par Laurent Colonnier le 20 août 2025 à  02:07 :

                Penser en 2025 que Van Gogh s’est suicidé, c’est très con. Comme penser qu’il s’est tranché l’oreille, alors que c’est Gauguin qui l’a blessé avec son sabre lors de la fameuse bagarre, et ce n’était que le lobe.

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                • Répondu le 20 août 2025 à  07:50 :

                  Laurent Colonnier, il était sur place. Il sait ce qu’il dit. Il était sur place aussi pour affirmer que Caillebotte était gay. Idem pour Hergé et Tchang. Colonnier est partout et il adore raconter des histoires croustillantes, même sans aucun élément de preuve d’aucune sorte.

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                  • Répondu le 20 août 2025 à  18:50 :

                    Que ce soit le jeune René Secrétan qui a mortellement blessé VVG est une hypothèse documentée et largement partagée, les documentaires récents sur Van Gogh en font foi, et que Gauguin ait fui Arles après la sanglante bagarre et la blessure au sabre qu’il assèna se retrouve dans beaucoup de documentaires tout à fait sérieux. Pour mes spécialistes, il est toujours difficile d’admettre s’être trompé.

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                    • Répondu le 20 août 2025 à  22:21 :

                      La théorie de la mort de Van Gogh par assassinat ou par accident est fort séduisante et terriblement romanesque, et pour cause : c’est du roman ! Et ce qui est moins romanesque, ce sont les motifs sensationnalistes et financiers qui ont poussé les initiateurs de cette théorie à la diffuser en 2011. La date est déjà lointaine et plus personne de sérieux n’y croit pour une raison simple : il n’y a aucune preuve. Idem pour la folle histoire de Gauguin découpant l’oreille de Vincent d’un coup de sabre. C’est comme le monstre du Loch Ness : sans preuve aucune, on peut toujours tout imaginer et essayer de gagner de l’argent avec des hypothèses.

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                      • Répondu par Sergio Salma le 21 août 2025 à  14:01 :

                        Pardon d’encore intervenir mais ça me permet d’expliquer en quelque sorte pourquoi Van Gogh m’a à ce point intrigué et ce depuis mon passage à l’académie il y a 40 ans et mes premières visites au musée du jeu de Paume. J’aime beaucoup de ses tableaux, follement ,et beaucoup d’autres me laissent indifférent ; c’est davantage le phénomène VG qui m’a amené à étudier sa vie, ses biographies et les biographies des gens qui l’ont entouré. Ce succès aujourdhui, cette admiration, cette idolâtrie , c’est démesuré. Pourquoi un tel engouement. Un merchandising délirant ( jusqu’au Vincent Playmobil ) , des films, des spectacles son et lumière... pourquoi le consomme-t-on si volontiers ? Et ce partout dans le monde.
                        Les théories , les thèses, les mystères autour de sa vie, les contre-vérités, les approximations , tout cela effectivement ajoute à cet intérêt. Et les commentaires comiques sur ActuaBD aussi.

                        Pourquoi toutes ces choses corollaires, toutes ces anecdotes, ces informations anecdotiques ? Des inepties et des conneries aussi, appelons les choses par leur nom. Pourquoi s’intéresser à ces détails ? Ou à sa vie intime ? Partout les mêmes clichés. Et peu de personnes curieusement publient pour lutter justement contre des clichés évidents ? Peu de gens remettent en question des images fausses. Personne pour dire par exemple qu’il est faux de dire que Vincent était un pauvre artiste sans le sou, misérable . Théo lui donnait un salaire mensuel "confortable" et n’a donc jamais été pauvre. Mais on préfère l’image du peintre misérable, merci Jean Ferrat, qui choqué par la somme atteinte par la vente du tableau Le docteur Gachet ( 82 millions de dollars ) en a rajouté dans l’imagerie misérabiliste. La souffrance était réelle mais pas vraiment matérielle. De Monet ou de Cézanne, on ne sait à peu près rien, d’autres artistes un peu "maudits" on n’a que des images floues. Pour VG, depuis le début du XXIe siècle il y a eu des livres, des romans qui ont fini de parachever l’image, le mythe. Brouiller la réalité.

                        En fait c’est assez drôle finalement. Pour rester sur l’oreille et le suicide, les amuseurs qui rappliquent avec des nouvelles thèses tous les 10 ans, agissent en dépit du bon sens. On a relaté ces évènements en long et en large. La veuve de Théo a été informée , la famille, l’entourage, les amis nombreux, tout ce qui concerne l’oreille a été vu, vécu, relaté par des dizaines de personnes. Gauguin ( qui lui y était , contrairement aux rigolos 140 ans plus tard qui sont juste sur internet) a écrit à ce sujet et a bien dit que Vincent avec lequel il a co-habité et qui avait des troubles mentaux sévères, s’était tranché l’oreille dans un mouvement de rage, ils se chamaillaient à propos de leurs visions respectives de l’art. Et l’alcool, et les maladies qui les diminuaient l’un et l’autre, l’angoisse de leurs jours, l’argent etc... En mars 89, après leur dispute, Gauguin a évidemment quitté la maison où ils vivaient. Il était là à l’invitation de Vincent qui aurait bien aimé fonder une communauté d’artistes. Et dans une lettre de Vincent à Théo, en avril quelques jours ou semaines après, Vincent demande à son frère Théo de saluer Gauguin pour lui. Sans doute penaud et regrettant son geste en quelque sorte. Gauguin peindra des tournesols ( en 1901 ) en hommage à son ami . Et d’ailleurs à cette époque , il commencera à souffrir de jalousie car la notoriété de Vincent commence à monter considérablement .

                        Tous ces gens étaient connectés, Vincent connaissait Signac, ils se rendaient visite, Emile Bernard , Gauguin , tous étaient en quête, travaillaient comme des fous, peignaient, s’échangeaient idées et toiles . Gauguin fut aussi aidé financièrement par Théo Van Gogh ...

                        Pourquoi le coup du sabre n’aurait pas été la version officielle dès le départ ? à quoi bon mentir ? Les tensions étaient considérables et la fragilité mentale de Vincent l’a amené à des actes violents contre lui-même plusieurs fois. Jusqu’à l’ultime le 27 juillet 90. De l’oreille coupée à son suicide ce sont 16 mois où chaque nouvelle est un coup de massue à son moral. Il se fera interner, des gens à Arles s’étant ligués pour l’obliger à ne plus rester en "liberté"... l’internement puis les soins, l’isolement et les nouvelles de l’extérieur. Càd le mariage de son frère, les nouveaux développements familiaux, la naissance de son neveu... Insupportable , lourd. La venue à Auvers en mai 90, les 70 derniers jours tout cela est documenté clairement et partout. Son dernier tableau, les racines, à lui seul explique ou signifie bien des choses.

                        Mais si les amateurs de sensations fortes préfèrent rester sur un Paul Gauguin ( avec la gueule d’Anthony Quinn ) et son sabre et pour la fin tragique, croire qu’ un gars aurait tiré sur Vincent dans un champ ( fin à la John Lennon, ou alors il voulait lui voler sa chemise ?) , qu’ils restent avec ces idées, on peut comprendre. La légende ,la vérité, blabla , chanson connue.
                        _

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  • Je suis toujours heureux d’un nouveau livre écrit ET dessiné par Sergio Salma...
    C’est un beau sujet,un sublime "personnage"qui peut prêter à différents regards,et de profondes interprétations notamment sur son rapport à la religion, l’argent et une posture d’un artiste tout sauf maudit loin des, cependant extraordinaires, portraits d’Antonin Artaud qui y voyait sans doute un frère en souffrance
    Peu importe mon propre regard, j’insiste sur le plaisir de retrouver Sergio Salma.
    Bonne route à ce livre plein de promesses.

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  • Vincent avant Van Gogh – Par Sergio Salma – Ed. Glénat
    23 août 2025 14:22, par Laurent Colonnier

    Pour ceux que les circonstances de la mort de Vincent Van Gogh interrogent, je conseille le beau film d’animation de 2017 de Dorota Kobiela et Hugh Welchman La Passion Van Gogh, film enquête animant les tableaux et les modèles de Van Gogh.

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    • Répondu par Sergio Salma le 24 août 2025 à  12:43 :

      L’avez-vous seulement vu ? Ce film est un spectacle visuel( magnifique) qui part de dizaines de tableaux et qui sont reliés par des images dans le même style Van Gogh , des milliers de petites peintures image par image. Le récit invente un contexte , une anecdote et n’est absolument pas une enquête ! Juste un prétexte à mettre en scène la beauté.

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