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15 août 2025
Vincent Van Gogh est né en Hollande d’un père pasteur, rigoureux et autoritaire, et d’une mère aimante au tempérament artiste qui lui fait découvrir la beauté de l’art et de la nature. Il naît dans une famille nombreuse et entretient une relation très proche avec son frère Théo Van Gogh avec lequel il entretient une correspondance de plus de 600 lettres qui ont contribué puissamment, grâce à la veuve de Théo, Johanna Bonger, qui les publia, à la notoriété posthume du peintre. Ce n’est d’ailleurs pas le seul apport de cette femme admirable : gérant l’œuvre de l’artiste avec intelligence et finesse, elle le fit connaître au monde, qui aboutit, par l’intermédiaire de ses enfants, à offrir plus de 200 toiles à l’État hollandais. On peut les voir dans le musée qui est consacré à l’artiste à Amsterdam.
C’est d’ailleurs dans le Musée Van Gogh en Hollande que commence notre histoire. Des toiles les plus célèbres, on passe à un jeune Vincent intelligent mais buté, issu d’un milieu bourgeois, au service d’un oncle marchand de tableaux et éditeur d’art. Là est son éducation artistique : auprès des maîtres hollandais, italiens, français... que l’on reproduit pour les intérieurs bourgeois. Pour son travail, Vincent Van Gogh voyage à Londres, Paris, Bruxelles, rencontrant des peintres, des collectionneurs, des marchands…
Sa voie est toute tracée, se dit-on. Que nenni. Vincent ne dessine pas, ne se projette pas en tant que peintre. Sa vocation, pense-t-il, c’est la prêtrise. C’est un fou de Dieu. Peut-être pour exister pour son père, il cherche à se mettre dans ses pas. Il veut consacrer sa vie à porter la parole du Christ. Mais le latin et les textes sacrés se refusent à lui. Il est trop dissipé, trop artiste, trop exalté… En dépit de l’aide des ses parents et des relations qu’ils mobilisent, le jeune Vincent ne s’autorise que des échecs.
La justesse de ce livre de Sergio Sama tient à son point de vue : c’est un frère mort avant la naissance de l’artiste et qui porte le même prénom que lui qui nous narre l’histoire. La difficile naissance d’une vocation qui s’impose à lui et qui ne s’illuminera que quand, à 27 ans, il comprendra que l’art lui-même est possiblement une expression du divin. En attendant, Vincent souffre, son quotidien est incertain, sa raison vacille… Elle sera un jour envahie par son génie.
On n’attendait pas forcément Sergio Salma, le créateur de Nathalie (Casterman), touchante série pour enfants, d’Animal Lecteur (avec Libon, chez Dupuis), de Mademoiselle Louise (avec Geerts chez Dupuis), ou de Marcinelle 1956 (Casterman) dans un biopic comme celui-là. Salma est revenu plus d’une fois sur le Pays Noir (la région des charbonnages en Belgique wallonne, dont il est issu), « Pays noir » est même le titre d’un album qu’il dessina naguère pour les éditions Kennes.
C’est le passage de Van Gogh durant deux ans dans cette région, le Borinage, qui est à l’origine du projet. Salma, en résidence, découvre ce moment décisif de la vie de l’artiste où, de la noirceur des paysages charbonniers, va surgir l’une des lumières les plus intenses de l’histoire de la peinture.
Par Didier PASAMONIK
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