Très bon
16 novembre 2024
Amateur de jolies femmes et toujours plein d’assurance, l’inspecteur des Brigades du Tigre, Michel Plessin est prié par ses supérieurs de se faire oublier en province, une mutation disciplinaire consécutive à sa fréquentation assidue des maisons closes parisiennes. Une « habitude » qui en ces années 1930 faisait plutôt mauvais genre au sein de la police parisienne.
Le voilà donc envoyé dans un petit village du sud de la France pour aider les agents locaux à résoudre une enquête à propos d’un mystérieux assassinat au sein d’une famille de notables. Le changement se révèle radical pour ce Parisien plutôt condescendant et hautain qui va très vite se retrouver bousculé dans ses certitudes et ses préjugés.
Confronté aux us et coutumes locales, le policier considéré comme un étranger va devoir composer avec ces deux puissantes familles du village : les Mérantès et les Soubert, liées par trois mariages et dont l’influence sur la vie du petit village est particulièrement prégnante. Sa rencontre avec les deux jumelles Madeleine et Odile Morantès contribueront un peu plus à troubler le jugement du policier. Le calme de la campagne… que du bonheur ? Pas si sûr !
Petite maison d’édition plutôt orientée d’abord sur l’Heroïc Fantasy et le jeu de rôle fait ici une entrée plutôt réussie dans le domaine policier. Ce Tigre à la campagne hésite entre Hercule Poirot et Arsène Lupin dans l’esprit, le contexte et une certaine forme de narration. Le travail sur les personnages se révèle précis, parfaitement ciblé, tout en suscitant l’intérêt d’une histoire qui prend le temps de dérouler l’intrigue et la description d’un milieu rural austère et renfermé sur lui même, plutôt bien vu.
Déjà auteur de plusieurs albums, aux Éditions Rouges (La Tristesse de l’éléphant , avec Nina Jacqmin ou Kalamara (Michel Lafon), dessiné par Ida) Nicolas Antona nous propose avec ce policier un récit séduisant, attrayant, bien construit et agréablement servi par le graphisme sec, stylisé et dynamique d’Olivier Aranda. Un autodidacte dont ce premier album reste prometteur. Signalons aussi le travail de Mylenium dont la mise en couleurs s’accorde parfaitement aux ambiances et au trait du dessinateur.
A la campagne ou ailleurs, on aurait bien envie de retrouver ce Michel Plessin dans d’autres enquêtes.
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