Excellent
12 décembre 2025
Toujours coincée dans l’ère Meiji sous l’identité de son sosie Hinako, Hina poursuit ses recherches aux côtés de Takaaki. Le collier, initialement simple fil conducteur, circule d’une main à l’autre et transforme la quête en un périple semé de dangers, de révélations et de rencontres inattendues.
Haruka Kawachi joue ici habilement avec le trope de l’objet insaisissable, donnant à chaque déplacement l’occasion de remettre en lumière des personnages secondaires et d’en révéler de nouveaux sous un autre jour ce qui élargi la portée du récit. Cette frustration subtile, où Hina et Takaaki semblent toujours un pas derrière le collier, dynamise le rythme et enrichit l’intrigue en transformant la quête initiale en aventure pleine de ramifications.
L’action et le suspense prennent une place importante dans ce tome. Hina et Takaaki se retrouvent confrontés à des situations de plus en plus périlleuses : trafiquants armés, menaces physiques et complots en tout genre rythment leur enquête. Ces dangers tangibles soulignent à quel point leur quête du collier n’est pas qu’un jeu d’énigmes, mais une aventure où chaque décision peut mettre leur vie en péril.
Parallèlement, l’autrice continue de soigner le contexte historique et social du Japon de l’ère Meiji. Visuellement, le charme de cette époque opère pleinement. Les décors, costumes et silhouettes mêlent tradition japonaise et influences occidentales, tandis que les expressions subtiles traduisent l’ambiguïté des sentiments et les tensions intimes. Mais les enjeux ne se limitent pas aux décors et costumes : le commerce et la circulation de l’opium illustrent des problématiques sociales réelles de l’époque, tandis que les gares jumelles de Yokohama et Shimbashi, identiques car conçues par le même architecte, témoignent de la modernisation rapide du pays et de l’influence occidentale sur son urbanisme. Ces petites touches rendent l’univers tangible et surprennent Hina, confrontée à ce monde à la fois familier et étranger.
L’irruption d’un personnage énigmatique, Tenkiku, vient complexifier la dynamique amoureuse, ajoutant tension et ambiguïté à un triangle déjà délicat. Les émotions des protagonistes sont au centre du récit : les sentiments naissants entre Hina et Takaaki, impossibles et contrariés, deviennent palpables et poignants. Takaaki, sous l’influence d’Hina, s’ouvre peu à peu malgré la mélancolie liée à la mort de son frère. Mais cette ouverture ne dissipe pas sa confusion : il tombe amoureux d’une Hinako… qui n’est en réalité pas Hinako. Et pour compliquer encore la situation, la véritable Hinako n’éprouve aucun sentiment pour Takaaki et est amoureuse d’un autre.
D’ailleurs, la relation entre Hina et Hinako reste centrale et se complexifie. Pour la première fois, les deux jeunes femmes se confrontent véritablement, chacune essayant de comprendre et d’atteindre l’autre. Leur discussion interrompue laisse un goût d’inachevé, renforçant l’importance de leur lien et le suspense émotionnel.
Ni rupture ni simple transition, ce volume fait monter la pression narrative tout en approfondissant les liens entre Hina et Takaaki. Une progression maîtrisée, qui prépare subtilement des développements émotionnels plus intenses et laisse présager une suite d’autant plus déchirante.
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