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Très bon
4 juillet 2025
Après le trafic de vin sur fond d’enfer des tranchées de 14-18 et l’univers du bagne de Cayenne, nous retrouvons Ferdinand Tirancourt dans le Mexique des années révolutionnaires. En 1916, le pays est alors déchiré par une guerre civile opposant Pancho Villa à l’armée fédérale et aux militaires américains en charge de la protection de la ville Columbus. Évadé du bagne, le Français se retrouve à la tête d’une bande de pillards profitant de l’anarchie qui règne dans le pays pour exercer pillages et rançons auprès des populations locales. Capturé par les troupes du révolutionnaire, Tirancourt révèle à Pancho Villa qu’il a été chargé de l’assassiner par le général Pershing. Pour sauver sa tête ou par amour du double jeu, l’ex-bagnard lui propose un moyen de se procurer les armes nécessaires à sa révolution. C’est le début d’une épopée où se confondent faux-semblants et coups tordus, trahisons et règlements de compte.
Historien de formation, Philippe Pelaez nous propose de revisiter l’histoire du XXème siècle non seulement à travers des événements oubliés ou mal connus, mais aussi en suivant l’itinéraire d’un personnage atypique. Si le procédé a déjà été utilisé (on pense à la série Louis la Guigne de Frank Giroud et Jean-Paul Dethorey ou Les Chemins de la gloire de Jan Bucquoy et Daniel Hulet, deux ouvrages publiés dans la collection Vécu chez Glénat, et bien sûr le magnifique Mattéo de Jean-Pierre Gibrat chez Futuropolis), les destins d’hommes en rupture y sont chahutés par les soubresauts de la grande Histoire. Cet exercice scénaristique se révèle bien souvent efficace pour séduire aussi bien les amateurs d’histoire que ceux d’épopées captivantes.
Dans ce troisième opus de la série dessinée par Francis Porcel, on retrouve notre antihéros dont le prénom, l’état d’esprit un peu destroy et l’itinéraire personnel ne sont pas sans rappeler un autre Ferdinand... le Bardamu de Céline ! Certes, à la différence du personnage du Voyage au bout de la nuit, Tirancourt fait parfois preuve d’héroïsme non sans conserver ses sentiments nihilistes teintés de cynisme. Cette séquence mexicaine de l’aventurier français a l’avantage de mettre en scène une page de l’histoire d’un pays qui osait s’opposer à la puissance naissante des États-Unis. L’ensemble est mené tambour battant sans être avare en rebondissements et actions trépidantes, le tout servi par un graphisme de plus en plus affirmé et solide. On n’a sans doute pas fini de suivre les déambulations mouvementées de ce Tirancourt à travers les bouleversements du siècle dernier.
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