Matz, de son vrai nom Alexis Nolent, a étudié le droit et le cinéma, ce qui l’amène à devenir, c’est ballot, scénariste de jeux vidéo dont vous avez entendu parler à coup sûr : Splinter Cell, Assassin’s Creed, Far Cry et Far Cry 2… Il est aussi consultant et « script doctor » pour le cinéma. Le jeu vidéo l’amène très vite à la bande dessinée puisqu’il adapte des licences de la maison Ubisoft pour laquelle il travaille, notamment Les Deux Royaumes.
L’autre carte dans son jeu est le roman noir dont il adapte en bande dessinée certains titres cultes de la collection Rivages Noir. C’est dans ce registre qu’il lance en 1998 Le Tueur, un thriller aux accents bien contemporains, avec le dessinateur Luc Jacamon, chez Casterman, porté à l’écran en 2023 par David Fincher pour Netflix, avec Michael Fassbender dans le rôle principal. Mais auparavant, une autre de ses œuvres avait eu la consécration d’Hollywood : Du plomb dans la tête, dessinée par Colin Wilson (2004), adaptée par Walter Hill en 2012, avec Sylvester Stallone dans le premier rôle. C’est que Matz est un touche-à-tout : il écrit des romans, des traductions et même des scénarios pour la TV.
Sa production est éclectique, entre adaptations de classique du roman noir , nous l’avons dit (Le Dahlia noir de James Ellroy avec Miles Hyman au dessin, un XIII Mystery avec Christian Rossi, et plein d’autres albums souvent avec les meilleurs dessinateurs de l’époque (Dominique Bertail, Franck Chemineau, Fabien Bedouel, Miles Hyman…). Il est capable de tout, Matz, même d’une biographie sur Zinedine Zidane !
Bézian n’est pas moins capé. Tout le monde se souvient, après ses débuts en hommage au Freaks de Todd Browning, de ses récits hallucinés dans (A Suivre) tout droit sortis des caveaux funéraires du Père Lachaise et de l’atmosphère habitée de sa série gothique Adam Sarlech. Noël Simsolo l’embarque un temps dans l’univers rétro-futuriste du Docteur Radar (Ed. Glénat) où son trait trempé de noir joue d’abstractions et d’angles de lumière qui rendent hommage aussi bien à Métropolis qu’à Nosferatu.
Dans cet album, l’écheveau de ses traits piège dans ses rets des personnages que leur quête d’absolu rend imprudents. Derrière cette fable noire, il faut entendre mezzo voce un hymne pour la biodiversité et la préservation de la planète.
Ecoutez Matz nous raconter tout cela dans ce podcast.
Par Didier PASAMONIK
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Les Papillons ne meurent pas de vieillesse – Par Matz et Bézian – Ed. casterman
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