Bon
23 avril 2025
Dans Le Royaume interdit, le graphisme tromperait le lecteur le plus observateur : ancien assistant de Gilles Chaillet, sans doute l’un des meilleurs disciples de Jacques Martin, Marc Jailloux est d’une fidélité sans faille, maîtrisant parfaitement et avec constance le vérisme de l’École de Bruxelles (selon Hergé, un concept forgé par Martin lui-même). La reconstitution des villes et des paysages antiques, les palais, les navires, les intérieurs des villas, les costumes, les armes… tout repose sur une documentation éprouvée.
Mais cette obsession de la fidélité a ses travers : une esclave nommée Iphis est issue d’un royaume d’autant plus mystérieux qu’il est « interdit » : tout embarcation qui l’approcherait se trouverait immédiatement arraisonné et ses passagers passés par le fil de l’épée. Mais cette autarcie volontaire va finir par se retourner contre ses promoteurs…
C’est sur ce fil ténu comme un cheveu de Yul Brynner que repose tout l’album. Il y a un savoir-faire évident de la part de Roger Seiter qui n’en est pas à sa première martinerie, quelques bonnes idées, mais l’épisode n’a pas la puissance dramaturgique des meilleurs Alix.
On lit cependant avec un plaisir enfantin cette sucrerie que l’on consomme par habitude, que l’on dévore avec nostalgie.
Par Didier PASAMONIK
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