Excellent
28 février 2026
La situation est au point mort avec Rita, qui est reste bloquée sans bouger, sans parler, sans agir. Francesca, sa sœur, vit la plupart du temps au sein de la clinique, on va bientôt comprendre pourquoi. Elle ressent une frustration de plus en plus intense à l’égard de cette sœur depuis toujours si différente. Un banal accident provoque un déclic en Rita, elle qui garde d’ordinaire son air placide mais qui ici, fronce soudainement les sourcils de colère. Le récit alterne entre le présent, à la clinique, et le passé.
Les pièces de puzzle semblent s’assembler quand on apprend que Francesca sort actuellement avec un des docteurs de la clinique, tout en rencontrant parfois les « fous » qui la composent. Quand elle se replonge dans son passé, Rita est (euphémisme)... extravagante : elle piaille comme un jeune oiseau, répète des histoires qu’elle seule semble comprendre et est en couple avec le bienveillant Edo, peintre d’icônes religieuses.
On est ici dans un thriller moite à l’atmosphère estivale poisseuse. La vérité n’est jamais loin, mais toujours hors de portée. On suit les deux sœurs, l’une distante, l’autre distancée, dans ce thriller hospitalier qui n’est pas sans rappeler l’excellent phénomène littéraire de l’été dernier, « Mon vrai nom est Élizabeth » d’Adèle Yon.
En bichromie noire et jaune, on est particulièrement marqué par l’efficacité du dessin et surtout du découpage... chirurgical. Un simple regard ou juste une scène provoquent malaise et incompréhension, avec comme décor un hôpital psychiatrique, où le malaise ne se trouve peut-être pas toujours du côté des patients...
Une première BD forte et intime.
Par Colin BESNIER
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