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1er mars 2026
Souvenez-vous, c’était en 2022, la Cité de la BD et de l’image d’Angoulême avait consacré une exposition marquante, De Popeye à Persépolis, sur le même sujet : le dialogue amoureux entre la bande dessinée et le cinéma d’animation. Nous avions à l’époque interrogé le co-commissaire de l’exposition (avec Anne-Hélène Hoog), Pascal Vimenet qui nous avait raconté toute cette histoire dans un podcast.
Pascal Vimenet, rappelons-le est l’initiateur de cours théoriques sur le cinéma d’animation aux Gobelins. Il codirige ici, avec Xavier Kawa-Topor, un ouvrage, une somme sur le même sujet intitulée : Bande Dessinée et cinéma d’animation publié aux Impressions nouvelles. Son partenaire, le non moins érudit Xavier Kawa-Topor, n’est pas moins capé : il est l’initiateur des cycles consacrés à l’animation au Forum des images à Paris dans les années 1990. Il a contribué à ce titre à faire connaître en France des auteurs comme Hayaio Miyazaki ou Isao Takahata, rien que ça !
Avec 29 contributions de spécialistes du dessin animé comme le Belge Philippe Moins, les Français Pascal Vimenet, Xavier Kawa-Topor ou Ilan Nguyên, ou les Canadiens Marco de Blois ou Aurélie Petit, des historiens de la BD et de l’édition comme Benoît Peeters, Jean-Pierre Mercier, Gilles Ciment, Nicolas Labarre ou Sylvain Lesage, et bien d’autres, c’est un large panorama d’informations et de réflexions qui nous est offert.
Ce qui frappe dans cette somme, c’est que l’on sort pour la première fois de l’opposition bande dessinée/cinéma d’animation pour constater que souvent, les pionniers du dessin animé Émile Cohl ou Winsor McCay étaient aussi des auteurs de bande dessinée. On passe par les grandes étapes de la création du dessin animé pour montrer à quel point ces médias sont très différents en termes de publics et de supports.
USA, Japon…
On s’intéresse aussi aux évolutions stylistiques qui passent par une réinvention du médium où l’on met pour la première fois en parallèle les démarches du studio UPA aux USA, celle d’Osamu Tezuka au Japon, l’animation d’Europe de l’Est, avec des artistes comme Týrlová ou Jiři Trnka et l’Europe occidentale où l’on évoque un « continent mosaïque » avec aussi bien l’aventure de Belvision en Belgique ou celle des Schtroumpfs que celle des Moomins en Finlande.
Il y a enfin ce moment où le dessin animé quitte le seul domaine de l’enfance -en cela c’est très comparable avec la bande dessinée- de Moebius à Ugo Bienvenu, en passant par Sylvain Chomet, de Crumb (Fritz The Cat) à Manara (Le Déclic)… Et la création de festivals comme celui d’Annecy.
Arrive la déferlante japonaise, « l’anime boom » : Mobile Suit Gundam, Goldorak, Dragon Ball, Saint Seyia, jusqu’à Akira et Nausicaa…
Diverse Europe
Et puis la production contemporaine, les séries de super-héros américaines, la production française de Michel Ocelot et Kirikou la sorcière à Aya de Youpougon de Marguerite Abouet & Clément Oubrerie, ou Ariol d’Emmanuel Guibert, jusqu’aux formes diverses comme Peur(s) du noir, le cas Persepolis, Le Sommet des Dieux,… ou encore les séries TV, de Tintin aux Sales Blagues de Vuillemin, de Lastman à Silex in the City, ou encore Culottées,… L’ouvrage se termine sur des entretiens avec Guy Delisle ou Marion Montaigne.
Quelques esprits chagrins pointeront les manques dans ce parcours extrêmement large (par exemple, les domaines allemands, scandinaves, espagnols ou italiens…), ou encore les défauts de proportion entre les parties. Il n’empêche, pour la première fois, nous avons une histoire comparée des deux arts, riche et bien documentée, une référence qui ouvre bien des perspectives de recherche. Du beau travail.
Par Didier PASAMONIK
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Bande Dessinée et Cinéma d’animation - Par Xavier Kawa-Topor & Pascal Vimenet - Impressions Nouvelles