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Libres d’obéir : une bande dessinée problématique

Par Romain BLANDRE Dubitatif 18 septembre 2025 
Dans une interview donnée en 2017, Johann Chapoutot, médiatique historien français du nazisme et professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, disait vouloir arrêter de travailler sur le nazisme. C’était pour lui « une question de survie ». Il complétait en affirmant que « quand on [lui] parlait de nazisme, [il] vomissait […], [il] ne pouvait plus travailler sur ce sujet... », avant de poursuivre en expliquant que, désormais, il allait s’intéresser à une période comprise entre 1880 et 1914. Quelques mois à peine après cette déclaration, Johann Chapoutot publiait avec Christian Ingrao une très courte biographie d’Hitler, si controversée qu’elle donna lieu à une réédition corrigée. La bande dessinée, il n’en parlait pas, ou très peu à l'époque. En 2020, paraissait un autre ouvrage polémique, Libres d’obéir , dans lequel l’historien voulait démontrer que les pratiques managériales actuelles s’inspirent des pratiques nazies. Le voilà aujourd’hui associé à Philippe Girard, auteur québécois. Ensemble, ils adaptent ce livre qui a été pendant quelques semaines numéro 1 des ventes et qui est encensé par la critique. Et pourtant…

La couverture de l’ouvrage que le scénariste présente comme « un travail d’historien » donne le ton. Aux couleurs du drapeau nazi, une jeune cadre marche au pas de l’oie dans une croix gammée (ça fait vendre…) enserrée dans un cercle. Tel un hamster dans sa roue, cette employée court à la productivité (Rat race...), pensant être libre de ses faits et gestes. Sans le savoir, elle est en réalité manipulée par son manager qui applique les règles introduites par les nazis dans les années 1930, et reproduites aujourd’hui dans le monde du travail...

Florence est une jeune cadre qui travaille pour la société Appal (référence à peine transparente à la marque à la pomme). Elle se sent mal dans son entreprise depuis quelques temps, mais ne sait pas trop ce qui lui arrive tant son manager la leurre. Il lui fait subir une pression énorme tout en lui faisant croire qu’elle est totalement maitresse de ses faits et gestes. Alors qu’un soir elle se confie à une amie qui exerçait le même métier qu’elle, Florence prend conscience de la réalité de ce qu’elle vit au travail. L’amie, qui a échappé de peu au burn-out, lui tend un livre et lui explique que tout est expliqué dedans. Ce livre, c’est … Libres d’obéir de Johann Chapoutot.

La bande dessinée est alors séquencée en sept chapitres, tous introduits par un épisode qui prend place dans l’entreprise de Florence. Au fil de la lecture qu’elle fait du livre de l’historien et des échanges qu’elle a avec son amie, Florence prend peu à peu conscience que les techniques et les règles mises en place au sein de son entreprise sont calquées sur celles créées et mises en œuvre sous le Troisième Reich par Reinhard Höhn, un jeune universitaire entré dans le parti nazi et qui applique au monde de l’entreprise les idées biologico-racistes et guerrières du national-socialisme.

Ainsi, celui qui est qualifié comme le « Josef Mengele du droit » et qui a échappé à la justice et à la dénazification de l’Allemagne, serait devenu la référence dans le monde du management durant les Trente Glorieuses. Son influence serait telle qu’aujourd’hui encore, on appliquerait au sein des entreprises les techniques nazies, même sans le savoir. Effondrée après cette révélation, l’amie de Florence conclut dans le dernier tiers de l’album qu’« à cause de lui, nous vivons encore dans le monde des nazis… ».

Dans le fond et dans la forme cet ouvrage pose au mieux des questions, au pire des problèmes. La première difficulté réside dans le fait que Johann Chapoutot y expose de manière assez brute et non distanciée les théories nazies. Une fois les chapitres introduits par l’histoire de la jeune Florence, ce sont les idées nazies sur la « communauté du peuple », la « race », la biologie, la guerre… qui sont relatées et rendues intelligibles et (trop) facilement accessibles à tous les lecteurs. Nul besoin dès lors de lire Mein Kampf ou tout autre traité politique nazi, il suffit de lire ce précipité pour se faire une opinion, bonne ou mauvaise, de ce qu’a été le nazisme.

On y retrouve ensuite toutes les critiques des que les sociologues et les historiens ont pu faire de l’essai, défauts certainement amplifiés par la version BD. La méthode appliquée par Johann Chapoutot est largement criticable du point de vue de la science historique. Il n’est pas question ici de remettre en cause la biographie qu’il fait de Höhn et encore moins sa grande connaissance de l’idéologie nazie.

En revanche, faire du cas de Höhn une généralité appliquée au monde de l’entreprise et du management en général procède, nous semble-t-il, d’une méthode révisionniste. L’historien donne l’impression de partir d’un postulat de départ et de lire les sources en fonction de celui-ci pour en tirer uniquement les conclusions qui appuient le postulat d’origine. Rappelons tout de même que le management existait bien avant l’avènement du nazisme. Aurait-on aujourd’hui l’idée de dire que les médecins nazis (puisque Chapoutot compare Höhn à Mengele) qui ont œuvré dans les grandes universités et les camps de concentration sur des cobayes humains, influencent toute la médecine contemporaine ?

Un travail d’historien se doit de respecter une méthodologie dans laquelle l’objectivité occupe une place importante. Johann Chapoutot n’est plus objectif depuis longtemps, en témoignent ses déclarations lors d’une conférence publique à l’Institut La Boétie que l’on peut voir sur YouTube dans laquelle il loue en introduction de son propos «  l’exigence intellectuelle que l’on voit […] dans le niveau des responsables politiques de la France insoumise » [sic]. Libres d’obéir ressemble plus à un manifeste politique, désormais adapté en BD accessible à un large public, qu’à un véritable travail d’historien.

On répondra à raison que tout individu dispose de sa liberté d’opinion et que chacun est libre de s’engager dans le parti ou dans la voie politique qu’il entend. Certes. Mais lorsque l’on fait passer des idées pour des vérités absolues, on tend vers ce que l’on critique le plus : la falsification, l’intolérance et le danger. Critiquer les dérives du capitalisme à outrance et les violences de l’ultra-libéralisme est une chose ; le faire avec objectivité et crédibilité en est une autre.

Dans la forme, le livre pose également question. S’agit-il vraiment d’une bande dessinée ou est-on en présence, en dehors des passages mettant en scène Florence dans son entreprise, d’une succession de pictogrammes qui illustrent les thèses nazies ? La lecture est rendue parfois compliquée pour les profanes , tant dans la difficulté du texte que par une mise en page qui n’invite pas forcément à lire les cases dans l’ordre voulu par les auteurs. Des illustrations et des termes restent douteux, comme continuer de parler d’« euthanasie  » pour parler de l’élimination pure et simple des handicapés, ou d’associer à cet assassinat le dessin d’un revolver alors que ces derniers ont été gazés dans des salles qui furent les prototypes des chambres à gaz utilisées ensuite contre les Juifs d’Europe. Le talent de Philippe Girard est un peu gâché par ces choix graphiques.

La lecture du début de l’épilogue redonne un peu d’estime pour le livre dans la mesure où l’on nous renseigne sur la fin de Höhn, sur les réactions en Allemagne et sur la dénonciation de ses idées dans le cadre de la chasse aux nazis dans les années 1970. Höhn perd en influence. De nouvelles écoles de management ouvrent, avec de nouvelles idées qui concurrencent celles du nazi.

C’était cependant sans compter sur la toute dernière phrase de l’ouvrage qui assène l’idée que « la véritable manière d’être libre, c’est de désobéir  ». Dans un climat insurrectionnel comme celui que connait la France aujourd’hui, on aurait jugé plus opportun et plus efficace de vouloir développer un esprit critique raisonné plutôt que de promouvoir une désobéissance aveugle et manipulée…

Par Romain BLANDRE

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782203284296

Libres d’obéir - Par Johann Chapoutot et Philippe Girard - Casterman

Casterman ✏️ Philippe Girard à partir de 17 ans Histoire Shoah France
 
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26 Messages :
  • Libres d’obéir : une bande dessinée problématique
    18 septembre 2025 07:40, par guillaume R

    Je cite l’article " Nul besoin dès lors de lire Mein Kampf ou tout autre traité politique nazi, il suffit de lire ce précipité pour se faire une opinion, bonne ou mauvaise, de ce qu’a été le nazisme."
    Vraiment ? une opinion " bonne ou mauvaise" de ce qu’a été le Nazisme ? soit c’est une erreur de frappe soit c’est de la bétise, soit.... c’est un peu gênant ce passage de la critique je dois dire.
    En ce qui concerne l’objectivité, c’est une tarte à la crème , notamment en ce qui concerne l’histoire, il y a des faits , il y’ a une méthodologie mais en histoire comme dans la vie de manière généralité l’objectivité ( ou pire) la neutralité n’a pas sa place.

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    • Répondu le 18 septembre 2025 à  09:05 :

      « la neutralité n’a pas sa place ». la belle histoire qui permet de raconter à peu près n’importe quoi. les historiens militants ne sont pas des historiens.

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      • Répondu le 18 septembre 2025 à  15:24 :

        Mais faire de l’histoire n’a rien de neutre, lorsque l’on décide de consacrer son temps et son énergie à un sujet c’est évidemment parce que "le sujet" nous concerne, nous touche, cela n’a rien de neutre.
        Ensuite, il y’a une méthodologie historique, une validation par les pairs et en la matière Mr Chapoutot n’a rien à prouver, il est un brillant historien reconnu par toute la communauté historique.
        En lisant les commentaires sur cet article je me désole pour

        C’est toujours rigolo de voir( et de lire dans les commentaires de cet article) les gens de droite se désoler que l’on ne soit pas sensible à leur idéologie.
        Lorsque l’on étudie un petit peu l’histoire on se rend compte que d’être fort avec les faible et faible avec les forts ça ne donne jamais rien de très bon.

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        • Répondu le 18 septembre 2025 à  22:16 :

          Non, on ne fait de l’Histoire avec ses émotions ou sa sensibilité et il y a déjà quelques années que la méthodologie et les parti-pris de Chapoutot sont controversés et rendent ses travaux contestables et contestés.

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          • Répondu le 19 septembre 2025 à  07:06 :

            Mais contestés par qui ? Par l’extrême droite et les négationnistes peut être mais pas par la communauté scientifique et historique .
            Mr Chapoutot est un historien internationalement reconnu , c’est un militant et un citoyen c’est tout à son honneur . Et bien évidemment qu’un historien travaille avec avec ses émotions et sa sensibilité , il faut relire, LeGoff ou Fernand Braudel à ce sujet .

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            • Répondu le 19 septembre 2025 à  16:40 :

              Le Goff et Braudel, c’est d’un autre calibre et d’une bien plus grande rigueur que Chapoutot ! Un historien-militant n’est plus un historien s’il fait passer son parti-pris militant avant son honnêteté intellectuelle. De façon générale, "militant" et "honnête" sont antinomiques. Chapoutot est contesté bien au delà des historiens de l’extrême-droite, lesquels ne sont pris au sérieux par personne, et heureusement d’ailleurs. Il est seulement dommage de voir de jeunes historiens prometteurs virer eux-même à l’extrême-gauche. Ce n’est pas sérieux. C’est seulement du sensationnalisme.

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      • Répondu par Kyle William le 18 septembre 2025 à  15:45 :

        L’Histoire n’est pas une science mais elle est censée être l’étude des faits objectifs. Ce qui s’est passé, c’est qu’après le succès du livre"Le Mythe national" de Suzanne Citron en 1987, qui déconstruisait les mythes fictifs sur la base desquels on enseignait l’Histoire à l’école ("nos ancêtres les gaulois" et autres bêtises, ce qu’on a appelé le "roman national"), il y a eu une offensive d’historiens ou pseudo-historiens franchement réactionnaires (je ne cite pas les plus médiatisés, tout le monde les connaît) qui ont tenté avec un certain succès d’afficher leur nostalgie pour le "roman national", voire l’Ancien Régime, carrément la Monarchie, voire qui ont tenté de faire valider la thèse controversée du "génocide vendéen" etc etc. Devant cette poussée franchement réac, d’autres historiens marqués à gauche croient maintenant nécessaire de contre-contre-attaquer en réécrivant à leur tour l’histoire à une sauce progressiste, voire élargir le concept de "lutte des classes" en la faisant commencer à l’Antiquité etc. A la fin, ça donne Chapoutot qui propose sa lecture "antifa" de l’Histoire, consistant à rendre la Droite et son impensé forcément nazi, responsables de tout ce qui va mal sur la planète, sans avoir peur des anachronismes et de la confusion. Il serait temps de délaisser ses pseudo-historiographes médiatiques et de revenir à la raison. Si l’objectivité totale évidemment n’existe pas, il n’est pas interdit d’être sérieux.

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  • Enfin un papier qui recadre clairement ce qu’est devenu Johan Chapoutot, qui n’est plus du tout un historien sérieux, mais un militant sans nuances, et le champion du monde du Point Godwin. Autrefois brillant, ce garçon voit désormais des nazis partout ! La critique du capitalisme et du libéralisme en matière d’économie sont déjà suffisamment étayées depuis le 19e siècle sans avoir besoin d’attribuer une paternité nazie fantasmatique à cette idéologie qui est bien plus ancienne. Dommage de voir Casterman publier à peu près n’importe quoi.

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  • "Sans le savoir, elle est en réalité manipulée par son manager qui applique les règles introduites par les nazis dans les années 1930, et reproduites aujourd’hui dans le monde du travail..."

    Ce n’est pas exactement ça. Relisez le livre qui précède cette adaptation en BD !
    Ces règles datent plutôt de 1956, Lorsque R. Höhn devient formateur du personnel pour une école de commerce à Berlin (Akademie für Führungskräfte der Wirtschaft). Le fameux principe de management par délégation de responsabilités qui est en vigueur dans beaucoup d’entreprises dans le monde.

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    • Répondu le 18 septembre 2025 à  10:51 :

      La thèse de Chapoutot est complètement partisane et tirée par les cheveux. Dans ses éditos dans Libération, il essaye depuis des années de faire passer l’idée que les néo-libéraux et en particulier les macronistes sont des nazis en puissance. À l’inverse les indulgences de Mélenchon envers Poutine, Xi Jin Ping ou Maduro ne semblent pas le déranger beaucoup.

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      • Répondu le 19 septembre 2025 à  06:29 :

        Vous dérivez !

        Je reprends : "Sans le savoir, elle est en réalité manipulée par son manager qui applique les règles introduites par les nazis dans les années 1930, et reproduites aujourd’hui dans le monde du travail..."

        Quells sont les règles de management des entreprises introduites par les nazis en 1930 ?

        Est-ce qu’en 1956, Höhn — qui est formateur du personnel pour une école de commerce à Berlin —, applique ces règles introduites par des nazis dans les années 1930 ou en invente-t-il d’autres ?

        Le « management par délégation de responsabilités » est-il une invention des nazis ?

        Quels rapports entre le néolibéralisme américain et l’école de Fribourg avec le management par délégation de responsabilités et les macronistes ?

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        • Répondu le 19 septembre 2025 à  16:26 :

          J’évoquais toute l’oeuvre de Chapoutot et notamment ses éditos politiques dans la presse.

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  • Libres d’obéir : une bande dessinée problématique
    18 septembre 2025 09:04, par Candido

    Un grand merci à l’auteur de cet article. Son analyse est mesurée, argumentée, et permet de comprendre d’où parle l’auteur de la bd, et l’intention de son auteur. Romain Blandre, merci !

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    • Répondu le 19 septembre 2025 à  06:30 :

      Je trouve l’analyse de Romain Blandre un peu trop rapide et approximative.

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      • Répondu par Candido le 20 septembre 2025 à  15:28 :

        Relisez la. Au contraire, elle est fouillée et précise.

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  • "ce sont les idées nazies sur la « communauté du peuple », la « race », la biologie, la guerre… qui sont relatées et rendues intelligibles et (trop) facilement accessibles à tous les lecteurs. "
    Ah oui, j’oubliais que la meilleure manière de lutter contre les idées fascistes, c’était de ne surtout jamais en parler et de faire comme si elles n’existaient pas, bien vu ! Comme ça le jour où elles resurgissent, personne ne peut les détecter, quelle idée de génie ! Vite, de la censure partout, sinon de malheureux pourraient tomber dans le panneau tant ils sont bêtes, l’éducation ça ne sert vraiment à rien !

    Et alors :
    "« l’exigence intellectuelle que l’on voit […] dans le niveau des responsables politiques de la France insoumise » [sic]."
    Et oui, n’en déplaise à l’auteur de cet article, LFI est le seul mouvement doté non seulement d’un institut publiant et échangeant avec des intellectuels, mais en plus de cela les seuls qui ont chiffré à 3 reprises leur programme en direct, contrôlé par des économistes adverses pour en attester du sérieux. L’exigence de cohérence se fait sur tous les sujets, on peut ne pas être d’accord du tout avec ces idées, aucun souci, mais affirmer que l’exigence est inexistante, c’est une vaste blague.

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    • Répondu le 18 septembre 2025 à  22:41 :

      LFI est (à égalité avec le RN) le parti au fonctionnement interne le moins démocratique de France et son programme économique fait sourire même les économistes de gauche un brin sérieux. Mais ce n’est pas le sujet. À part ça, vous avez raison, il n’est pas question de censurer l’étude des théories nazies. Il faut seulement les étudier avec distance et sérieux et ne pas voir systématiquement une influence nazie partout. Le libéralisme économique a une longue histoire qui est même antérieure au capitalisme et remonte au XVIIIe siècle, bien avant le nazisme. Quant au concept de « ressources humaines », il remonte au XIXe siècle. Il est certain que le monde de l’entreprise a beaucoup appris de l’expérience de gestion des dites « ressources humaines » issue des combats de la seconde guerre mondiale, et que l’économie des grands pays dits « développés » en a tiré des leçons dés les années 50. Il n’y a qu’à voir l’omniprésence du langage guerrier et militaire dans le jargon des entreprises encore de nos jours, mais voir la main des nazis dans l’organisation actuelle du travail dans les économies capitalistes occidentales est un raisonnement franchement acrobatique. Beaucoup plus intéressante est l’histoire de l’influence des scientifiques allemands ex-nazis recrutés au sein du programme spatial américain des années 60. Cette influence-là au moins est avérée historiquement. Si ça n’a pas déjà été le cas, il y aurait une bonne BD à faire.

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      • Répondu par guillaume R le 19 septembre 2025 à  07:45 :

        Encore une fois, ce que dit Chapoutot n’est pas " management = Nazi" le résumé de cette manière est vraiment grossier mais en revanche, ce qui sous tend le discours managérial est une idée de dépassement , d’hyper individualisme ( ce qu’il appelle le Darwinisme social) et que ce fonctionnement là peux mener à des dérives.
        En tant qu’historien, Chapoutot, nous alerte sur ces dérives .
        Cher Mr Blandre que vous ne soyez pas en affinité avec les idées politique de Mr Chapoutot est une chose ( car vous même, comme tout un chacun vous n’êtes pas neutre.) mais ayez au moins l’honnêteté de ne pas les disqualifiez d’une manière aussi puérile , ça ne rend service à personne. Etre de gauche ou de droite ça veux dire quelque chose, c’est appartenir à une conception philosophique du monde ; Souffrez donc que tous le monde ne partage pas VOTRE vision du monde.

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        • Répondu le 19 septembre 2025 à  16:33 :

          Même remarque : le darwinisme social, qui est une dérive et un dévoiement du darwinisme, ça commence bien avant le nazisme. Ça remonte à Herbert Spencer vers 1860. Des mauvaises idées, (des idées de droite, selon votre terminologie) il y en a toujours eu, on n’a pas attendu les nazis pour élaborer des théories fumeuses appliquées au genre humain.

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          • Répondu le 19 septembre 2025 à  23:14 :

            J’ajoute même des mauvaises idées, de droite comme de gauche, il y en a toujours eu. Ce qui rend le débat difficile de nos jours, c’est le manichéisme. Mais c’est un passage obligé dans un espace public utrapolarisé, dominé par les populismes et les extrémismes des deux bords.

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        • Répondu le 19 septembre 2025 à  18:50 :

          Tout ça n’est pas si grave, Chapoutot propose une thèse qui est chez lui une forme d’obsession, et la ressort quelques mois plus tard sous la forme d’une BD, et on a le droit d’être d’accord avec ou pas d’accord avec et que vous n’ayez pas la même vision du monde que moi, je m’en réjouis plutôt, (encore que je ne défende ni les nazis ni les ultra-libéraux, bien au contraire), mais c’est la liberté de l’analyse, l’essentiel est de pouvoir en débattre tranquillement.

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      • Répondu par J.Jacques le 19 septembre 2025 à  23:22 :

        Mais La France Insoumise n’est pas un parti, mais un mouvement, ça change tout, ce ne sont pas les mêmes statuts, ça ne fonctionne pas de la même façon.

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        • Répondu le 20 septembre 2025 à  08:33 :

          La belle affaire… ce mouvement, comme vous dites, est devenu un tel repoussoir qu’on ne peut qu’espérer qu’il ne sera pas au second tour de la présidentielle face à un candidat du rassemblement national. Le bilan de Mélenchon, c’est qu’il aura éloigné la possibilité pour la gauche de revenir au gouvernement pour 15 ou 20 ans… bien joué, vraiment.

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        • Répondu le 20 septembre 2025 à  10:29 :

          Lfi est une association qui prétend être un « mouvement-parti », mais juridiquement elle est bel et bien un parti politique et bénéficie de toutes les aides de l’Etat accordées aux partis politiques, y compris le remboursement de ses frais de campagne quand ses candidats obtiennent au minimum 5% des voix.

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        • Répondu le 20 septembre 2025 à  12:42 :

          En tout cas, Chapoutot et ce bouquin font parler. C’est probablement tout ce qui importe pour Casterman. Son éditeur voisin du même groupe, Futuropolis, publie lui aussi des ouvrages de plus en plus militants. Idem pour la Revue Dessinée. De toute façon, dans le secteur de la « BD du réel », le public visé est un public de niche.

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        • Répondu le 20 septembre 2025 à  13:43 :

          C’est un parti politique qui bénéficie des aides de l’Etat comme tous les partis politiques.

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