Excellent
17 septembre 2025
D’un côté, l’armée de l’Empire mène deux fronts contre les humains : une défense de leur frontière et une opération menée contre une tour mystérieuse, qui sert de relais à la « neige » provoquant les mutations du Nouveau Monde. De l’autre, Helck et Vermilio se sont infiltrés au cœur du château des humains, qui abrite dans ses sous-sols une immense cité de l’Ancien Monde, regorgeant de secrets et de technologies inconnues. C’est là que Mikaros a installé le roi des Hommes et son centre de commandement.
Nous sommes dans la dernière ligne droite du manga, celle pleine de fureur et de sang, où tous les protagonistes se confrontent et les ultimes secrets sont dévoilés. Les combats contre Mikaros et Raphaed tiennent leurs promesses avec une intensité extrême et machiavélique : à chaque fois que notre duo marque un point, Mikaros sort une contre-mesure car son plan de plus de mille ans est paré à toutes les éventualités. Cependant, Vermilio n’est pas en reste, enchaînant les arcanes ultimes sans montrer de signe de fatigue, comme si sa magie était inépuisable.
Mais au milieu de ce tumulte de fin du monde, où l’adversaire semble invincible, survient un événement imprévu qui offre un temps de repos et le début de l’espoir. La séquence met en lumière le mystérieux roi des Hommes dont la nature et l’origine se révèlent enfin. C’est alors un long instant de confessions qui s’ensuit, nous expliquant enfin en détail la Volonté du Monde et revenant sur la civilisation ancienne. Mais il s’agit d’un entracte car les choses vont se compliquer, en particulier sur le statut d’Helck plus trouble que jamais.
Le fureur et le tragique atteignent leur paroxysme dans le tome 11 avec de nouvelles séries de confrontations finales. La complexité de l’organisation ennemie permet d’offrir plusieurs types de Boss de Fin : Nanao Nanaki s’en donne à cœur joie dans une sorte d’exercice de style fort réussi. Son graphisme puissant, à l’aise aussi bien dans le burlesque que dans la monstruosité, nous offre des pages d’une intensité et d’un esthétisme de premier plan.
Du côté de la tragédie, c’est Helck qui porte le plus lourd fardeau : ses amis et son propre frère sont devenus des marionnettes qu’il doit à la fois combattre et sauver, et rien ne lui est épargné. Si Vermilio suit un chemin de flamboyance mettant essentiellement en scène son opiniâtreté, Helck suit lui un véritable chemin de croix, marqué par les péchés, dont la nature sacrificielle n’est jamais bien loin.
Une série forte, au schéma à la fois classique et sophistiqué, ponctuée de fulgurances graphiques et entraînant le lecteur dans un conte sombre et épique. Le tout complété de pointes d’humour et de burlesque, renforçant la tragédie que vivent ces personnages attachants et amusants. Un incontournable du shônen manga, destiné à devenir un classique, et qui s’achèvera au prochain tome, le douzième. De ce fait, comme nous l’avons déjà souligné, il n’y a aucune raison de passer à côté.
Par Guillaume BOUTET
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Helck T.10 & T.11. Par Nanao Nanaki. Traduction : Arnaud Takahashi. Doki Doki, collection "Shônen". Sortie le 2 juillet 2025 & le 10 septembre 2025. 200 pages. 7,95 euros.
Helck sur ActuaBD :
– Lire la chronique du tome 1
– Lire la chronique des tomes 2 & 3
– Lire la chronique des tomes 4 & 5
– Lire la chronique des tomes 6 & 7
– Lire la chronique des tomes 8 & 9