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Excellent
17 septembre 2025
La blague est éculée et figure dans l’album : un juif observant lit Je suis partout, la feuille antisémite publiée notamment sous l’Occupation. Sa femme lui dit : « - Moishe, tu as perdu la tête ! Tu lis un journal antisémite ? - Oui, Esther, répond le mari, on y apprend que de bonnes nouvelles : nous sommes riches, puissants et nous contrôlons le monde ! »
Plus loin, un journaliste interroge un juif pieux qui prie devant le Mur des lamentations à Jérusalem. Il lui demande pour quels vœux il prie ainsi avec une telle assiduité depuis 70 ans. « - Je prie pour que l’Éternel fasse cesser les guerres. Pour qu’il bannisse l’antisémitisme. Pour que les Juifs et les Musulmans se réconcilient. Pour que tous les humains aiment leur prochain. » Incrédule, le journaliste lui demande quel résultat il en tire après 70 ans de prières régulières. Réponse : « - Eh bien…J’ai l’impression de parler à un mur. »
La drôlerie de ces pages n’est pas que dans la blague. Le trait de Constance Lagrange le renforce par son traitement fin et distancié, proche de cet understatement propre à l’humour anglo-saxon dont l’humour dit juif est un cousin proche.
Son approche légère et civilisée est bien nécessaire en ces temps vulgaires et grossiers.
Par Didier PASAMONIK
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On peut rire de tout (sauf de sa mère) – Par Constance Lagrange – Préface d’Ivan Jablonka - Dargaud