On ne présente plus Les Vieux Fourneaux, la série à succès la plus transgénérationnelle du franco-belge, parvenue à se tailler en dix ans seulement une place de choix dans la pléiade de la bande dessinée sociale et humoristique. À peine huit albums à date, et déjà deux longs métrages avec dans les rôles-titres des cadors du cinéma français et un spin-off luis aussi à succès avec Le Loup en slip et encore d’autres concrétisations en préparation !
Sans surprise, cette réussite a son revers : « C’était mieux avant... » « Ce n’est plus aussi drôle... » « Cela se répète... » « Ils tirent en longueur et auraient dû s’arrêter plus tôt... » Désolé pour les grincheux, mais nous ne partageons pas leur avis. Bien entendu, on ne peut plus retrouver la surprise du tout premier album, lorsque l’on a découvert l’adéquation magique entre le scénario incisif mais ciselé de Wilfrid Lupano et le graphisme minutieux de Paul Cauuet qui distille sa dynamique lenteur, un oxymore en regard du punch donné par l’ensemble malgré la fausse mollesse de ce troisième âge toujours en quête d’un nouveau souffle.
Même si la surprise de cette première lecture, il y a dix ans, est impossible à éprouver à nouveau, on est loin de bouder son plaisir à la lecture de ce nouvel opus : l’anarchisme contestataire de Pierrot reste jubilatoire, la fausse torpeur de Mimile réserve toujours autant de surprises, sans oublier Antoine aux coups de sang mémorables. Et cette fois, tout ce beau monde se réunit pour célébrer avec l’ensemble du village l’anniversaire du Loup en slip, qui fait office de ciment de la série. Comme le banquet d’Astérix, c’est l’occasion de revoir tous les personnages que l’on connaît bien ou pas encore assez, dans une tension explosive !
Car c’est tout l’attrait de ce nouvel opus qui truste d’entrée les premières places dans le top des ventes : il parvient à conserver l’ADN de la série : les secrets du passé, les liens entre les personnages, les différences entre les générations, etc., tout en introduisant de nouveaux éléments. Pour ne par vous gâcher la surprise, nous tairons certaines trouvailles magnifiquement bien amenées par le tandem d’auteurs (sans oublier le magnifique travail aux couleurs de Jérôme Maffre. Mais nous pouvons au moins vous dire que cet opus joue encore des flashbacks tantôt drôles, muets ou émouvants, qui approfondissent et renforcent l’amitié entre les personnages. Wilfrid Lupano l’explique bien dans cet entretien.
Nous vous laissons découvrir d’autres arcanes de cette nouveauté en écoutant ce podcast, dans l’attente de découvrir les prochaines péripéties de ces Graines de voyous qui ne font définitivement pas leur âge !
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Graines de voyous - Par Lupano, Cauuet & Maffre - Dargaud.
Lire une autre chronique de cette nouveauté
Lire également de précédents articles concernant Les Vieux Fourneaux :
– Wilfrid Lupano : « Chevalier ? Moi ? Non merci ! »
– Wilfrid Lupano, personnalité BD de l’année 2018
– Tome 1
– Tome 3
– Tome 4
– Tome 6
– Tome 7
– Tome 8
– Les Vieux Fourneaux
– Les Vieux Fourneaux 2 : Bons pour l’asile
Photo en médaillon : Charles-Louis Detournay.