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Très bon
27 mai 2026
La Bête du Gévaudan a sévi entre 1764 et 1767, tuant une centaine de personnes, dans cette région sauvage située sur les hauteurs du Massif Central. À l’époque, cette affaire a pris une dimension nationale grâce à la presse, et au roi Louis XV, qui envoie en 1765 dans le Gévaudan ses propres chasseurs menés par le tueur de loups Jean-Charles Vaumesle d’Enneval pour enfin abattre cette bête, que beaucoup pensent démoniaque. Cette traque ayant échoué, le roi expédie alors sur place l’un de ses gardes du corps, la fine gâchette François Antoine, qui finira par abattre un grand loup, dont la dépouille est envoyée à Paris.
Fin de l’histoire ? Non, car les attaques continuent, même si la cour à Versailles et le royaume finissent par se désintéresser de cette affaire. C’est finalement un chasseur local, Jean Chastel, qui tue une étrange créature, une sorte d’énorme loup avec une tête « hideuse » et un pelage rouge, blanc et gris… Fin de l’histoire. Et début de la légende, qui dit que cette bête pourrait être un Loup-Garou, créature mi-homme, mi-animal, que Chastel aurait tuée avec une balle en argent…
C’est de cette affaire bien connue et déclinée sur des supports très divers (livres, pièces de théâtre, séries, films, bandes dessinées, etc.) que se sont emparés Sylvain Runberg (scénario) et Jean-Charles Poupard (dessin et couleur) pour réaliser ce diptyque ayant pour titre Les Griffes du Gévaudan. Avec habileté, le scénariste aux 160 albums (trois millions d’exemplaires, dont les adaptations en BD du best-seller Millénium) reprend la trame historique de ce fait divers sanglant, mais en y ajoutant de nouveaux éléments qui complexifient le récit. Autour de cette « malbête », Runberg peut également s’enorgueillir d’avoir trouvé une fin plutôt originale et qui tient la route, ce qui est plutôt brillant tant cette histoire a déjà été exploitée par de nombreux auteurs.
Ce deuxième et dernier tome s’ouvre avec le retour de Robert-François Antoine (fils de François Antoine) dans le Gévaudan, désormais seul et bien décidé à trouver les coupables qui sont derrière cette histoire de prédateur fantastique et insaisissable. Dans cette région rongée par la misère, la violence et les secrets, il échoue longtemps avant de finalement découvrir l’affaire terrifiante qui est à l’origine des attaques de la Bête ! Nous n’en dirons pas plus, pour ne pas dévoiler la belle trouvaille de Runberg. Mais nous pouvons relever que les dessins expressifs et dynamiques de Jean-Charles Poupard conviennent bien à ce récit, avec des scènes particulièrement efficaces et spectaculaires dans les dernières pages de l’album. Les couvertures des deux tomes sont également très réussies.
Par Dominique ERNST
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Les Griffes du Gévaudan T. 2 – Par Runberg & Poupard – Éd. Glénat