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Le premier volume de ce diptyque raconte l’histoire de Camille Le, une lycéenne qui pratique le judo depuis toute petite. Véritable prodige de ce sport, passionnée, l’héroïne se distingue autant par sa technique que sa discipline.
Elle enchaîne les tournois afin de se préparer à l’examen de la ceinture noire — symbole de connaissance et de maîtrise. Si elle est presque certaine de l’obtenir, on ne peut pas en dire autant de Yanis, son ami de toujours, qui pratique le sport de façon plus relâchée et occasionnelle. Elle va vouloir le soutenir, mais une histoire d’amour naissante va commencer à la faire douter de son intérêt pour le judo.
De son côté, bien qu’il soit passionné par le sport, Yanis est moins doué que sa comparse. Il s’entraîne sans relâche pour essayer de la rattraper afin d’obtenir la ceinture noire en même temps qu’elle. Les absences de Camille aux entraînements et aux compétitions se font sentir. Cette dernière, pour qui le judo occupe une place importante, change complètement d’attitude. Qu’adviendra-t-il de ces protagonistes aux conditions de vie différentes, mais liés par leur amour du judo ?
“J’ai appréhendé ce manga comme un projet hybride”
Pour sa première publication, Matis Montes reprend la recette des bons mangas de sport : un décor et une intrigue réalistes, dans lesquels la dimension extra-sportive est omniprésente. Cette dernière se mêle parfaitement au reste, au point de se demander si Ceinture noire est véritablement un manga de sport ou plutôt une tranche de vie mêlée de romance.
Le cadre familial et le lycée, aussi bien comme décors que comme périodes de vie, permettent au mangaka de dresser un tableau social. L’auteur fait ressortir la sensibilité de ses personnages en montrant comment ils vivent en dehors du judo et comment ils perçoivent sa pratique.
Outre le genre de l’œuvre, sa forme peut également interroger. « J’ai appréhendé le projet non pas comme un manga à 100 %, mais davantage comme une œuvre hybride. » explique l’auteur. « Le manga avec une manière de raconter à l’européenne ». Cela se voit notamment dans le dessin, qui fait preuve d’un réalisme frappant.
L’autre élément allant dans ce sens est la composition des pages. « Dans mon découpage, je suis plus proche de la BD et du roman graphique que du manga », déclare le dessinateur. Une construction particulière, mais que l’on retrouve notamment dans Ping Pong de Taiyo Matsumoto, grande source d’inspiration pour l’auteur.
Quelle est donc la nature de Ceinture noire ? Pourquoi Matis Montes opte pour le diptyque ? Est-ce qu’on est plutôt sur un shôjo ou un manga de sport ? Tant de questions auxquelles le mangaka répond dans un podcast signé ActuaBD.
Par Jacques LOBE
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Ceinture noire T.1 - Par Matis Montes - Éd. Vega - 12,50€
Interview : Jacques Lobe, Colin Besnier
Montage podcast : Jacques Lobe