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Nous avions déjà parlé des prix Bédéis Causa, en particulier l’année dernière, remis à l’occasion du Festival de BD de Québec. Cette année encore, le directeur Thomas-Louis Côté a ouvert la cérémonie sur la scène du Musée de la civilisation de Québec. La cérémonie était présentée une fois encore par l’inarrêtable animatrice Emilie Rioux.
Huit prix ont été remis ce vendredi soir parmi une sélection exceptionnelle, les voici. 5 000 CAN$ ont été remis par Québec BD, en collaboration avec Les Libraires, FAB Télé-Québec et la Librairie Pantoute.
On ouvre le bal avec Van Lalonde, qui repart avec le prix Réal-Fillion, pour La Nuit aux loups. Premier album solo de l’autrice, le livre réinterprète le mythe du loup-garou d’une façon typiquement québécoise. Dans une magnifique robe rouge, la bédéiste remercie chaleureusement, la voix tremblante, ses êtres chers. En plus des 1000 dollars canadiens de récompense, l’autrice verra son univers adapté dans une petite capsule vidéo, réalisée par FAB Télé-Québec.
Le Grand Prix Québec BD a été remis à Migrasyon, par le bédéiste Jimmy Suzan. Nous en avions parlé sur ActuaBD comme un album « qui couche sur papier l’histoire encore peu connue des populations haïtiennes ayant émigré au Québec ». Avec son style comics reconnaissable et son exploration autobiographique, il mérite amplement les 1000 dollars du prix ! Pris à part après la cérémonie, l’auteur nous déclare que : « Ma mère l’a lu. Ma mère est toute petite, le livre avait l’air gigantesque. Elle a mis ses grosses lunettes fond de bouteille. Elle sait pas comment lire une BD, mais je sais qu’elle reconnaît mes dessins [...] et qu’elle est fière de moi. C’est mission accomplie. » Il dédie son livre à « tous ceux qui ont dû laisser leur pays d’origine, qui ont dû planter des nouvelles racines, et surtout les enfants de cette génération qui ont dû naître et grandir dans un autre pays. »
Le Prix Albéric-Bourgeois a été remis à Julie Rocheleau, pour son album Globe-trotteuses : le tour du monde de Nellie Bly et Elizabeth Bisland, l’improbable histoire vraie de deux journalistes cherchant à faire le tour du monde en moins de 80 jours. Une course contre la montre, et contre Jules Verne ! Sur scène, elle plaisante en disant que « Faire un tour du monde dans les années 1890, en train à vapeur, en bateau, en voiture... ça prend tout de même moins de temps que de faire une BD ! »
L’autoédition n’est pas en reste, avec le prix spécialement dédié Jacques-Hurtubise. L’autrice Valérie Racine remporte le prix, pour son œuvre French Disco. Point intéressant, l’ouvrage a été entièrement imprimé en risographie, une approche plus vintage de l’édition. Le prix de 1000 dollars devrait lui permettre de continuer les expérimentations graphiques en tous genres !
Mettant à l’honneur les livres jeunesse, le prix Yvette-Lapointe a été remis à Sampar, pour son tome 2 des Chroniques de ruelles, le spin-off de sa série-phare Guiby le superbébé. Le premier tome avait connu un franc succès, et le tome 2 est consacré ce vendredi soir par un prix de 1000 dollars, remis par le partenaire du festival, le réseau Les Libraires. Après une carrière aussi riche que la sienne, l’auteur arriver à garder son calme. Il déclare même qu’il a arrête de stresser pour des prix, car cette attente lui aurait autrefois coûté ses cheveux.
Les auteurs étrangers ont également leur place parmi les lauréats. Le Prix Maurice-Petitdidier, dédié aux albums francophones hors-Québec, récompense cette année Là où tu vas : voyage au pays de la mémoire qui flanche, par Étienne Davodeau et Françoise Roy. Le jury s’est senti touché par ce qui avait aussi marqué notre rédacteur Benoît Marchon : « ce livre [...] pourra aider les familles touchées par la maladie d’Alzheimer à changer de regard sur elle ».
Le Prix Roberto-Wilson, spécialisé dans une œuvre traduite en français, a récompensé cette année Sinistre Secret, de Molly Lee Knox Ostertag. Ici, c’est la traduction d’Isabelle Allard qui a été distinguée. La vice-présidente des éditions Scholastic Chantale Lalonde est montée sur scène pour récupérer la récompense au nom de la lauréate.
Enfin, le prix Albert-Chartier, qui récompense un individu ou un a organisme ayant eu un impact tout particulier sur le monde de la BD francophone au Québec, est décerné cette année à Alex A, le cerveau derrière L’Agent Jean ! En effet, la série fête cette année ses 15 ans, sans montrer signe de fatigue ! Lorsque notre rédactrice Marianne Saint-Jacques avait interviewé l’auteur en 2017, ce dernier avait déclaré qu’« il y avait peut-être un manque dans ce genre de BD au Québec – la bande dessinée humoristique cartoon d’aventure », un segment où il s’est taillé une place de choix. Les commentaires de l’article étaient particulièrement désobligeants à l’époque, mais la série les a royalement ignorés et se poursuit jusqu’à ce jour ! Le jeune auteur Alexandre Côté est même monté sur scène afin de lui adresser un remerciement tout particulier, le bédéiste l’ayant inspiré dans sa jeunesse.
Félicitations à tous les lauréats !
Par Akira OIKAWA
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Nos remerciements à Thomas-Louis Côté et Marie-Josée Lépine pour leur accueil.