Délaissant les grands espaces de l’ouest américain ( LawMen of the West ; Grand Angle) ou l’univers carcéral (Dos au mur ; Casterman) Laurent Astier nous propose ici un témoignage intime et nostalgique en appui sur l’expérience d’une amitié intense. Rencontré à la fin de l’adolescence Cyril est à l’opposé du futur dessinateur. Costaud, jovial et solaire le jeune homme séduit le jeune Astier par son humour, sa carrure, sa force d’où une complicité et une amitié forte qui va profondément changer les deux hommes. Musique, fêtes, amour, projets de vie… cela pourrait continuer comme un fleuve tranquille jusqu’au jour où Cyril se retrouve atteint d’une maladie rare, puis d’un cancer. Chute, rémission, puis rechute... l’issue sera fatale et marquera profondément Laurent. Derrière cette chronique empreinte de nostalgie, ce dernier trace non seulement le portrait d’une époque, celle de ces années 80 - 90 ou tout paraissait possible mais aussi l’apprentissage de la vie avec son lot de drames, de folie douce et d’insouciance. Une légèreté et un optimisme frappés de plein fouet par l’irruption d’une réalité dure et implacable avec la mort qui vient.
En décrivant en détails les différents séquences de cette histoire d’amitié l’auteur nous livre un récit poignant et rend un bel hommage à cet anonyme, ce compagnon qui, sans le savoir a peut-être changé la vie de l’auteur. Ce récit autobiographique met en avant la puissance de l’amitié mais aussi l’envie (la fureur ?) de vivre de ces jeunes gens. Une envie de vivre que vient transcender l’irruption de The Force, prototype du super héros dont le dessinateur a repris les traits de son copain pour lui « faire accéder à l’éternité ». Ultime victoire contre la mort et l’oubli !
Après une formation aux Arts Appliqués de Saint-Etienne, Laurent Astier a choisi de s’installer à la Souterraine pour deux années de BTS Expression Visuelle Image de Communication. En 1999, suite à l’échec de la création d’une agence de communication, il travaille comme développeur de jeux vidéo avant d’être remarqué par les éditions Glénat en 2001 et d’y signer son premier album. Dès lors, il va publier chez différents éditeurs comme Vents d’Ouest, Dargaud avec notamment Cellule Poison, polar contemporain puis aux éditions BD Music, Futuropolis ou Casterman. En 2019, il rejoint l’équipe de Rue de Sèvres avec un western en cinq albums, La Venin, succès public et critique.
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