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Venu de Beyrouth, Joseph Kai est désomais installé à Paris depuis plusieurs années. La vie quotidienne de Nour -quasiment son double- est rythmée par son travail d’artiste dans l’Atelier du Rail, qu’il partage avec Kenza et Rebecca (le récit est rythmé par ces trois voix), sa vie amoureuse avec Sol, et les soirées.
Lors de l’une d’entre elles, il fait la rencontre de Laurent, avec qui se crée un lien fort qui le pousse à se remettre en question. Autour de Nour, Kenza et Rebecca traversent elles aussi une période de doute et de questionnement. Autant d’esquifs à la dérive...
Depuis son premier récit L’Intranquille, Joseph Kai s’intéresse aux thèmes de l’exil, où l’on laisse son passé derrière soi, percuté par l’intime, inévitable processus d’attachement forcément fragilisé par l’hypothèse d’un départ imminent. Ses personnages évoquent cette incertitude. C’est pourquoi l’intranquilité est son sujet. Ici, nous sommes à Paris plutôt qu’à Beyrouth. La découverte de la ville, de ses communautés et de leurs contextes politiques interagissent avec la nécessité de s’adapter, l’aptitude à aimer, et la faculté de se définir.
Dans ce récit choral où les trajectoires se croisent et se répondent, surgit Nour enfant, évocation des origines libanaises toujours présentes, toujours intactes, qui le constituent. « Je trouve qu’il y a des réponses qui viennent de l’enfance » nous confie Joseph Kai dans cet entretien.
Pour Nour, il suffit d’une seule rencontre, celle avec Laurent, pour que la métamorphose s’opère, pour qu’un nouveau Nour vienne à naître. En exil, forcément en exil.
Par Lyne GEYNET Didier PASAMONIK
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Propos recueillis par Lyne Geynet et Kelian Nguyen,
Montage podcast : Lyne Geynet