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Très bon
28 août 2026
Le scénario consiste à présenter les éléments un par un. Il n’y a donc pas vraiment de suspense ou de surprise. Si vous avez déjà vu une fois ce tableau, alors la fin de l’histoire ne va pas vous surprendre. Mais ce choix organisationnel a l’avantage de permettre de retrouver facilement un élément, de se focaliser sur une idée, une question, sans forcément tout éplucher pour comprendre. Le dessin reste assez simple et classique et est surtout illustratif et informatif. Ce n’est pas un livre que l’on choisira pour son graphisme, même s’il fait bien le travail demandé, à savoir : transformer un texte aride en images plus ludiques.
Le livre commence par une petite biographie de Dmitri Mendeleïev, chimiste sibérien né en 1834, cadet d’une famille de 17 enfants. Il devient professeur à 33 ans (c’est jeune) et il propose son tableau périodique des éléments en 1869. Pour chaque élément, un petit personnage l’incarne, se présente et des exemples sont présentés.
Par exemple, l’hélium, He, est représenté sous la forme d’un être solaire, son nom venant (comme souvent pour les éléments chimiques) du grec, ici pour Hélios, le soleil. Sa description utilise quelques notions de base, qu’il peut être bon de se rappeler, pour capter toutes les explications, comme proton, neutron, couche de valence, etc [1]. Son utilisation est expliqué d’un point de vue scientifique et exemples issus de la vie quotidienne. Par exemple, l’helium permet de gonfler des ballons ou il peut être l’inhaler à des fins festives, ce qui n’est pas forcément une bonne idée dans un livre pour collégiens.
Un autre exemple est l’azote, N, autre élément chimique particulièrement abondant. Sa description est plutôt succincte et négative, mais permet au moins de retenir l’information de son rôle dans la composition de l’ammoniac, un polluant qu’il est toujours utile de connaître. L’oxygène est aussi en bonne place, probablement le plus connu des éléments. Un petit rappel sur l’ozone et son effet bénéfique en altitude est mentionné, ainsi que son rôle d’oxydant.
On découvre que des éléments (parmi les plus lourds) portent des noms de pays, lieux d’origine de leur découverte, comme le francium et l’américium. D’autres ont des noms de divinité comme le thorium (pour Thor) ou le neptunium (pour Neptune, dieu de la mer), ou de scientifiques comme le curium (pour Marie Curie, sa découvreuse) ou l’einsteinium (en hommage à Albert Einstein). On termine par le plus attendu, le mendélévium, créé par des scientifiques pendant la guerre froide, en Californie en 1955. En fin de livre un glossaire permet de rattraper (ou d’attraper) les notions les plus importantes de la chimie telles qu’elles sont citées par moment dans le livre.
Comme pour la plupart des éléments cités, quelques informations principales et incontournables sont bien présentes, mais de manière juste effleurée. On peut quelquefois ressentir une curiosité sans espoir de réponse. On peut saluer un certain engagement des autrices, notamment quand elles rappellent le rôle chimique polluant de certains éléments, leur impact environnemental direct, voire leur impact mortel en citant des exemples récents comme le polonium, poison ultraviolent, qui a tué le dissident russe Alexandre Litvinenko. Même sous cette forme de vulgarisation simplifiée, l’ensemble apporte quand même une grande quantité d’information et il est peu probable que quelqu’un réussisse à tout retenir.
Raquel Gu, dessinatrice espagnole, est au scénario et au dessin, aidée d’une professeure de chimie Adela Munoz. Après avoir travaillé dans l’édition, elle travaille dans l’illustration depuis 2011 et a déjà publié des livres jeunesse, dessiné des couvertures de livres, travaillé pour la presse écrite et la télévision.
Par Laurent MENUT
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[1] Un glossaire est proposé en fin d’ouvrage.