Un corbeau (un oiseau noir, deryn du en gallois) qui plane au-dessus d’un petit et bucolique village de pêcheurs.
Une plage où vient de s’échouer une gigantesque baleine, lardée de morsures.
Des morts horribles qui s’enchaînent sans explication.
Un jeune intellectuel binoclard qui essaie d’en trouver.
Une curieuse jeune fille, Deryn, rôde en chantant des chansons tout aussi curieuses.
Voilà un récit singulier, un hommage à la poésie et à la littérature fantastique (et d’effroi) de la fin du XIXe, dont celle d’un certain Arthur Machen (auteur connu de son temps, un peu oublié de nos jours).
On peut faire confiance au savoir littéraire de Guillaume Sorel pour nous faire (re)découvrir ce type d’auteurs et à son talent pour nous faire ressentir la peur (c’était d’ailleurs son but).
Pour y arriver, G. Sorel n’abuse pas des mots (peu nombreux), ni des ambiances propres au film d’horreur. Il use par contre de sa science du découpage, de l’alternance d’ambiances bucoliques et de scènes violentes, ainsi que d’une grande variété des plans. C’est aussi et surtout le dessin et les couleurs qui nous emportent définitivement.
Dès lors, nul besoin de vouloir tout comprendre : il suffit de se laisser porter tout simplement, comme la très belle couverture nous y invite.
Par Philippe LEBAS
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