On l’avait surnommée « Chloé », mais on connaît aujourd’hui son nom, suite à une interview qu’elle a accordée à France 3, : Élise Bouché-Tran avait décidé de garder l’anonymat mais, dit-elle à France TV, son employeur avait révélé son nom à la profession : « Tout le monde savait que c’était moi. Il faut que je montre mon visage, car ce n’est pas à moi d’avoir honte de ce qu’il s’est passé »…
Une affaire judiciaire en cours…
De fait, employée par 9eArt+, elle était responsable de la communication du festival et déclare avoir subi un viol de la part d’un des prestataires du FIBD. Elle avait fini par porter plainte pour viol et son employeur, plutôt que de la protéger et de l’assister, considérant que cela s’est passé en dehors des heures du travail, a déclaré qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire et a décidé de la licencier pour « faute grave ». Son histoire avait déclenché l’immense scandale que l’on connaît aujourd’hui et qui aboutit, suite à un boycott généralisé grâce à l’enquête de Lucie Servin de L’Humanité, à l’annulation de l’édition 2026.
De son côté, 9eArt+ dénie toute responsabilité, pointant une concomitance suspecte entre le licenciement et la plainte pour viol. L’affaire est en justice et suit son cours : « Chloé » attaque son ex-employeur et, comme sa situation est devenue précaire, sans droit au chômage, sans possibilité de retrouver, à cause de cette affaire, du travail alors que les frais d’avocat coûtent, on s’en doute, une blinde, le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme appelle à une solidarité collective pour « Chloé » et a créé une cagnotte qui lui sera entièrement reversée. On peut souscrire ici :
CAGNOTTE CHLOÉ, ON TE CROIT
Un événement pour remplacer le festival ?
Alors quelles nouvelles du côté de la Charente ? On commence à s’y faire une raison : le Festival, c’est mort. La perte de confiance envers Franck Bondoux, le directeur de 9eArt+ et Delphine Groux, la présidente de l’Association du FIBD est patente. L’une et l’autre sont lâchés par les financeurs publics et les éditeurs.
Difficile, voire impossible : « Le temps est trop court, déclare-le président de la Cité de la BD, Patrick Mardikian, à La Charente Libre. Il faut travailler dès maintenant pour janvier 2027. » Et de proposer que la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image prenne la main, le temps que l’on désigne une structure pour 2028.
D’autres pistes sont aussi sur la table. Une édition « light » pour juin 2026 ? C’est ce qu’avait proposé le maire Xavier Bonnefont. Mais, avec les élections municipales, vu la situation, le premier magistrat de la ville risque de perdre son fauteuil. Ce ne serait pas trop Fairplay que de laisser cette « patate chaude » à son successeur… Dès lors le maire envisage « une offre » qui fera la part belle aux talents locaux, et ceci en lieu et place du FIBD 2026, pour… fin janvier.
Par ailleurs, au niveau local, certains pourraient prendre l’initiative d’un festival « Off ». Une association de commerçants est également partante pour monter un événement fin janvier. Elle aurait reçu le soutien de Jean-David Morvan.
Voilà où nous en sommes. Wait et see, comme diraient deux Britanniques d’origine belge.
Par Didier PASAMONIK
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Sauf mention contraire, photos : D. Pasamonik (L’Agence BD).
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