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Très bon
16 juillet 2026
Gradimir Smudja, auteur d’origine serbe vivant en Italie, était tout désigné pour traiter un tel sujet, lui qui a déjà réalisé plusieurs BD impressionnantes sur les peintres, impressionnistes surtout (Monet, Van Gogh, Toulouse-Lautrec...). Fruit d’une collaboration avec le musée du Louvre, cet ouvrage ne s’inscrit pourtant pas dans le cadre d’une coédition avec ce dernier, qui a déjà donné de nombreux ouvrages très réussis et a vu la fine fleur des dessinateurs actuels se frotter à cet exercice, à commencer par Marc-Antoine Mathieu, avec Les Sous-sols du Révolu, mais aussi Prudhomme, Bilal, Taniguchi et, plus récemment, Zelba avec Le Grand Incident.
Gradimir Smudja a choisi l’angle d’un fait historique assez méconnu : l’organisation de l’exode de plus de 4 000 chefs-d’œuvre du Louvre, en juillet 1939, juste avant que les Allemands ne se lancent dans l’invasion de leurs voisins. C’est le directeur du Louvre (mais aussi des Musées nationaux), Jacques Jaujard, qui va mener cette opération. Mais Smudja montre bien qu’il s’agit d’une aventure collective (qui ne concerne d’ailleurs pas le seul Louvre), à laquelle participent également les conservateurs du Louvre, Louise Mazauric et André Chamson, ainsi que les employés du musée, bien sûr, et de nombreux bénévoles [1]. Dans cette première partie du diptyque, on assiste donc au déménagement discret de milliers de chefs-d’œuvre, dont La Vénus de Milo, La Victoire de Samothrace, des tableaux de Rembrandt, Delacroix et, bien sûr, de La Joconde, en direction du château de Chambord, une manière, pour cette dernière, de revenir à ses origines et donc à François Ier.
On a plaisir à retrouver le trait vif de Gradimir Smudja, ses couleurs chaudes, l’onirisme de la narration (les humains parlent aux œuvres, qui leur répondent...), ainsi que son humour constant, qui transforme une période noire en quelque chose de lumineux.
Par Philippe LEBAS
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[1] Elie Chouraqui avait déjà traité le sujet d’une façon très personnelle dans Le Héros du Louvre..