Chez Cosey, tout est spirituel. D’abord l’homme, toujours très affable, mais dont l’œil vif trahit l’esprit frondeur. Chez lui, il y a toujours une distance qui favorise l’introspection. C’est son côté « bouddhique » que l’on retrouve aussi bien dans Jonathan, allusion assumée au Jonathan Livingston le goéland, le roman de Richard Bach (1970) nourrie par la même quête de sens, qu’ À la Recherche de Peter Pan, Le Voyage en Italie ou Le Bouddha d’Azur, des albums qui ne ressemblent à aucun autre dans la bande dessinée francophone.
Nos plus jeunes lecteurs ne peuvent pas imaginer ce que représenta l’arrivée de Jonathan dans le Journal Tintin, ce personnage jumeau de l’auteur en train de planer sur la couverture de l’hebdomadaire des 7 à 77 ans, entre les intrigues de Ric Hochet, les farces de Robin Dubois, et les Vraoum de Michel Vaillant. Pour la première fois, on avait des histoires pleines de spiritualité, de grands espaces et de silence.
Et puis il y avait le trait de Cosey, d’une belle écriture, sans geste tonitruant ni morceau de bravoure, comme une conversation dite sur le ton de la confidence. On y sentait la réflexion, la spiritualité, le voyage intérieur qui s’affranchit du spectacle du monde.
Dans chacun de ses dessins, éminemment apaisants, Cosey est tout entier. Qu’il dessine Mickey ou le Tibet, il y a dans chacune de ses cases quelque chose de la contemplation de l’éternité. Cosey, c’est l’expérience spirituelle assurée. Allez-y voir, c’est rue du Louvre à Paris et la visite est gratuite, même si on a les moyens de casser sa tirelire pour acheter une planche ou l’Art Book exclusif que les éditions Maghen avaient publié des dessins de l’artiste.
Par Didier PASAMONIK
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