Excellent
17 novembre 2025
Le récit débute directement par une énigme, dans la plus pure tradition des grands romans détectives. Pourquoi cet acte irrévocable et quel est ce secret contenu dans ces fameux carnets ? L’histoire qui va vous être contée tiendra toutes ses promesses.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la série « Grandville » (et il n’est aucunement nécessaire de l’avoir lue pour apprécier et comprendre ce dernier opus dont le récit se déroule une vingtaine d’années avant l’histoire de la série mère), une petite mise en contexte est la bienvenue : l’histoire est une uchronie suggérant l’état du monde, et plus particulièrement de l’Angleterre, si l’Empereur Napoléon Ier n’avait pas été vaincu à Waterloo en 1815.
Dans un décor « art nouveau » et une ambiance steampunk (l’évolution technologique s’est développée différemment de la réalité que l’on connaît), Bryan Talbot décrit une société où les différences entre les classes sont très marquées, où le pouvoir est gangrené par la corruption et la turpitude.
À travers son récit anthropomorphe, l’auteur en profite pour dénoncer les problématiques de nos sociétés actuelles tels que, par exemple, le Brexit, le terrorisme et la montée de l’extrême droite.
Bryan Talbot réussit à nouveau à nous séduire par la construction d’un polar subtil, véritable travail d’horlogerie, où les plus petits engrenages narratifs s’imbriquent savamment et entraînent le tic-tac de la déduction menant à la sonnerie indiquant la résolution globale de l’énigme. La machinerie est toutefois plus complexe pour son auteur que pour le lecteur, qui n’a qu’à profiter du mécanisme parfaitement huilé. Conan Doyle et son cher Sherlock Holmes font évidemment partie des multiples références littéraires ainsi que cinématographiques.
« Les Carnets de Stamford Hawksmoor » est avant tout un pur divertissement aux plaisirs de lecture variés, où l’action joue un rôle primordial, mais qui éveille la réflexion, suscite l’appel à vos propres connaissances culturelles et vous propose d’en découvrir davantage grâce notamment au cahier de commentaires en fin d’ouvrage.
Cet album est l’un des quinze prétendants au Grand Prix 2026 de la critique ACBD (Association des journalistes et Critiques de Bande Dessinée).
Par David SPORCQ
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