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Très bon
12 septembre 2026
Comme le présente l’édito, les histoires proposées peuvent contenir du Philip K. Dick… ou peut-être pas, même si elles en contiennent toujours d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas très clair, plutôt pratique, mais, au moins, les choses sont posées. Il faut dire que l’écrivain, mort en 1982 à seulement 53 ans, est un monument de la littérature de science-fiction et que son style comme ses thèmes de prédilection : la nature de la réalité, les sociétés autoritaires, les substances psychotropes, en ont fait un maître de la science-fiction paranoïaque.
Plus d’une vingtaine d’histoires dessinées sont proposées, avec des auteurs aussi variés qu’Aurélien Maury, dans un style ligne claire qui colle parfaitement à une ambiance américaine défraîchie, ou Branko Jelinek, au style SF très fouillé. On notera aussi les remarquables histoires de Gwendal Briec, Joseph Falzon et Baptiste Tanguy qui, quoique concises, créent instantanément des mondes nouveaux et intéressants. Côté graphisme, on retiendra également Koren Shadmi et son style réaliste, Jacques Després et ses noirs et blancs pointilleux, ou encore, parmi d’autres, Yang Weilin et Étienne Appert, aux dessins percutants et parfaitement adaptés à l’ambiance de leurs histoires.
Au rayon des reportages et des interviews, le focus sur P. K. Dick est intense puisque l’on apprend beaucoup de choses, notamment sur l’adaptation d’Ubik en jeu vidéo au XXe siècle. On trouve également un petit guide de lecture des principales œuvres du maître et une interview haute en couleurs psychotropiques de Robert Crumb, autre génie d’outre-Atlantique, qui avait consacré un ouvrage à P. K. Dick il y a une quarantaine d’années et qui déclare aujourd’hui, à propos du LSD : « Philip K. Dick croit soudain vivre à l’époque de Jésus et des Romains. Est-ce la réalité ou un délire ? C’est vrai qu’il a pris toutes sortes de drogues, même le sérum de vérité. Mais qui sait ? » En effet, la question mérite d’être posée…
On découvre aussi de belles choses avec la traduction de lettres inédites de P. K. Dick où, notamment, il explique les dangers de la drogue.
Par Laurent MENUT
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