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L’Inca blanc, un futur succès de la BD classique !

Par Dominique ERNST Très bon 17 juillet 2026 
Pérou, 1641. Werner de Hoock prend la route du retour vers l’Europe après une mission scientifique accomplie avec succès pour le compte de la couronne d’Espagne. Mais avant son retour, il veut cartographier le fleuve Amazone et peut-être aussi découvrir la mythique tribu des Amazones ! C’est dans ce cadre qu’il rencontre Hans, un très vieil Européen qui dit être le Yuraq Runa, le dernier souverain de l’Empire inca… Voici un album de bonne facture signé Serge Perrotin et Alberto Foche, premier tome d’une série promise à un bel avenir dans le genre « bande dessinée classique de qualité ».

Nous sommes au Pérou, en l’an 1641. Scientifique et explorateur, Werner de Hoock prend la route du retour, avec le sentiment du devoir accompli. Les mesures qu’il a effectuées au niveau de l’Équateur lui permettent d’affirmer avec certitude que la Terre est ronde ! Il remplit ainsi la mission que lui a confiée il y a cinq ans le roi d’Espagne. Mais cet homme curieux de nature n’entend pas prendre le chemin le plus court, l’isthme de Panama, pour regagner l’Europe, une situation qui désole son écuyer, Combas.

Werner de Hoock a en effet l’ambition de remonter le cours de l’Amazone, pour cartographier plus précisément le fleuve, mais aussi pour peut-être découvrir le pays des mythiques femmes amazones… Au commencement de ce périple, partis pour récolter des plants de l’arbre de quinquina, une plante aux nombreuses vertus médicales, les deux hommes apprennent par des indigènes la présence dans un village de la région, de celui qui pourrait être le dernier des Incas, ce peuple décimé par les conquistadors espagnols au XVIe siècle. L’affaire est d’autant plus intrigante que ce survivant est un Yuraq Runa, c’est-à-dire un Indien blanc !

Après plusieurs jours de marche, de Hoock et ses guides atteignent le village lacustre du Yuraq Runa, où ils découvrent effectivement un vieil Européen à la longue barbe blanche, sans doute centenaire. Si l’homme est aveugle, il a une excellente mémoire et va raconter à un Werner de Hoock fasciné l’histoire de sa vie. Parlant un mélange de hollandais, d’allemand et d’espagnol, il explique qu’il était dans les années 1560 un forgeron marié et un père de famille heureux, dans un village de Bavière. Jusqu’à ce que des soldats de la Contre-Réforme viennent massacrer les habitants protestants du lieu.

Fou de rage en découvrant sa femme et ses filles assassinées, Hans Wolffhard ; c’est son nom, a tué une partie des assaillants, avant de rejoindre les troupes de la Réforme pour à son tour se venger en trucidant des catholiques. La suite, c’est un homme fatigué par toute cette violence, qui tuera néanmoins l’assassin de sa famille avant d’embarquer par hasard sur un bateau à destination des Indes. Mais au cœur d’une tempête, le bateau coule au large des côtes de l’Amérique du Sud. Toute cette histoire est bien sûr couchée sur le papier par Combas, qui est impressionné par cette incroyable vie d’aventure faite de naufrage, de survie, de tribus cannibales, de rencontres, de combats, de fuites…

Scénariste actif depuis les années 1990, Serge Perrotin signe avec ce tome 1 de L’Inca blanc un récit de belle qualité, visiblement prévu sur plusieurs tomes. Ayant vécu en Amérique du Sud quelques années, il connaît bien la culture précolombienne. Cela se sent, avec un scénario bien documenté, mais qui n’écrase jamais la trame aventurière de cet album aux nombreuses péripéties. Côté graphisme, Alberto Foche, un dessinateur espagnol peu connu qui a jusqu’ici plutôt œuvré dans l’industrie américaine des comic books, fait des merveilles. Dans un style réaliste classique qui rappelle parfois un peu Paul Gillon, il livre des planches superbes, avec une mise en page dynamique. Il est à l’aise dans tous les aspects de ce récit captivant : personnages, expression des visages, décors en tous genres (villes, jungle, bateau, etc.), combats, scènes d’action, etc. Ces dessins impeccables sont encore valorisés par la mise en couleurs somptueuse de Simon Champelovier, qui adapte ses gammes chromatiques aux différentes situations qui se succèdent au fil de l’album.

En bon scénariste, Perrotin conclut ce premier tome avec une accroche efficace : « Demain Yuraq Runa raconter comment lui devenir dernier Inca… » Intitulé Le Berceau d’or, ce deuxième tome devrait un peu plus faire rentrer cette série naissante dans le cercle restreint des bandes dessinées classiques de qualité. Un genre devenu rare dans les nouveautés de la BD d’aujourd’hui, mais qui trouve toujours son public. Son dessinateur, Alberto Foche, semble également promis à un bel avenir.

Par Dominique ERNST

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Code EAN : 9782302106994
Soleil ✍ Serge Perrotin ✏️ Alberto Foche 🎨 Simon Champelovier Histoire
 
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4 Messages :
  • L’Inca blanc, un futur succès de la BD classique !
    18 juillet 05:41, par Milles Sabords

    C’est justement le problème de cet album ; un dessin de qualité mais qui conserve trop de tics hérités de l’école Comics pour en faire un must de la BD dite « classique ». Il n’y a pas suffisamment de franco-belge dans le dessin pour en faire un succès et nous sommes à des années lumières du talent réaliste de Gillon. Cet album offrira certainement un bon divertissement, mais trop étiqueté Soleil pour convaincre dans la catégorie « Aventure ».

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    • Répondu le 18 juillet à  20:21 :

      Franchement, ce n’est pas du Gillon évidemment, mais c’est plus que pas mal, et les influences américaines en matière de découpage, et de cadrage ne nuisent en rien à l’ensemble. Il faut quand même se souvenir que Paul Gillon, dont on parlait, ne jurait que par Alex Raymond, et que ce qu’on appelle l’école franco-belge est constituée de dessinateurs qui étaient presque tous des fondus de BD américaine.

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      • Répondu par Milkes Sabords le 19 juillet à  05:03 :

        En effet, mais l’école Américaine qui a influencée Gillon et tant d’autres figures du franco-belge, avait une ligne graphique plus raffinée que celle des années 80-90, une ligne graphique plus proche de l’illustration que de la BD. D’ailleurs, je ne parlais pas de cadrages et de découpages puisqu’ils sont très sages et classiques, et non pas éclatés comme c’est le cas dans les Comics actuels. En règle générale, les auteurs Espagnols ou Italiens ont été biberonnés aux Comics et ça reste toujours dans leurs dessins.

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        • Répondu le 19 juillet à  07:05 :

          Tous les européens après-guerre ont été influencés par les américains. Mais beaucoup de dessinateurs américains revendiquent eux-mêmes des influences européennes. Sur cet album, c’est la couverture qui n’est pas des plus réussies.

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