- La Musique occupe une place importante dans votre bibliographie.
– J’aime la musique comme beaucoup de gens. Elle accompagne bien des moments de nos vies. Dans Yan, je cite l’opéra chinois, mais dans une autre oeuvre, Mangaland j’évoque Prince. Quand j’étais au collège, vers la 4e, j’ai acheté mon premier vinyle de Prince. Sa musique m’a suivi jusqu’à aujourd’hui. Mais je cite aussi Blondie avec One Way or Another de 1978. Ce livre est une fiction qui se basait sur mes souvenirs personnels, en particulier ceux liés à la musique.
C’est aussi un volume où je raconte mon expérience du typhon de 1977. À l’époque, je lisais déjà beaucoup de mangas, mais j’écoutais aussi beaucoup Blondie. Je suis venu à la BD sur le tard, à 35 ans, après une carrière dans la pub.
Très jeune j’ai été en contact avec les mangas japonais mais aussi avec les comics Marvel. J’ai remarqué que, dans les comics américains ou même dans la BD européenne, les détails ne sont pas laissés de côté. Chaque case est une illustration en soi. Le type de narration n’est pas le même non plus. Dans mon style, j’ai voulu faire un mix de tout cela. Avoir des cases pleines de détails mais aussi une narration plutôt japonaise et ainsi, peut-être, créer mon propre style.
- Quelles sont vos références en matière de BD européenne ?
– Manara est mon artiste européen préféré. Quand je vois son trait, il me fait penser à Michel Ange. Je trouve que les Européens sont forts dans l’illustration, dans la technique de dessin aussi. On ne peut pas parler d’un « style européen ». Il n’existe pas tant il y a de styles graphiques différents.
- Justement, comment distigueriez-vous les créations européenne et taïwanaise ?
Si on devait comparer la création en bande dessinée avec le cinéma : le Japon serait Hollywood et l’Europe, le festival de Cannes. À Hollywood, on sait à quoi s’attendre : des blockbusters. En revanche, à Cannes on trouve des films d’auteurs mais aussi des films grand public, des films venus du monde entier, c’est très varié.
Même si ce n’est pas la même échelle, à Taïwan on fait preuve de beaucoup de diversité, tous les styles y sont représentés, c’est pourquoi je pense que nous avons un gros potentiel.
Par Kelian NGUYEN
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Photos : Kelian Nguyen