Favori de la rédaction
19 février 2025
De ses onze à ses vingt ans, il se livre sur tous les aspects de sa vie : que ce soit les brimades dont il était victime en sixième, ses débuts au kung-fu et au skate, l’apprentissage du théâtre... qui lui a été imposé par sa mère, avant qu’il y prenne goût, et bien évidemment la découverte de son corps, avec ses complexes et la naissance de son amour pour les filles.
Avant d’ouvrir l’album, on avait peur d’un énième amassis de stéréotypes sur l’adolescence. Mais Jonathan Munoz nous surprend par la précision de son récit et pousse le réalisme jusqu’à la reproduction des légendaires calculatrices Casio fx-92, qui ont bercé nos années collège. C’est une bande dessinée dans laquelle n’importe quelle personne ayant passé le cap de la puberté peut s’identifier.
Dès la première planche, le dessinateur annonce la couleur en exposant ostensiblement ses vacances dans une plage naturiste. Le but n’est pas tant de choquer que d’exposer la réalité d’une vie. Les dessins sont parfois crus, mais débordants de sincérité.
L’album ne se limite pas à l’humour et aux anecdotes légères. La mort de son père est un tournant dans l’histoire, avec une séquence particulièrement émouvante où les souvenirs s’entremêlent dans un méli-mélo visuel poignant. Ce drame, loin d’être surjoué, s’intègre au récit avec justesse.
Dans la répartition de l’écriture des bulles, Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray se veulent efficaces : les blanches sont destinées aux paroles, les jaunes au récit et les vertes aux interlocuteurs des appels téléphoniques. Les cases colorées accentuent ici la vivacité du propos.
L’album se veut à la fois drôle et émouvant. La sincérité de Jonathan Munoz dans son récit nous explose au visage. Coup de cœur indiscutable.
Par Oussama KARFA
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L’Âge bête - par Jonathan Munoz - Éd. Fluide Glacial