Très bon
18 septembre 2024
Jeshua tient le salon de beauté Beauty Fish. La journée il soigne ses clientes en s’efforçant de les rendre les plus jolies possibles. Le soir il applique ses talents sur lui et ses amis en se travestissant. Les trois drag queens, la nuit, font la fête mais aussi le trottoir pour leur plaisir et celui de leur porte-monnaie.
Cet équilibre, source de bonheur, est bousculé par l’arrivée d’une étrange épidémie qui transforme la peau des malades en écailles de poissons semblables aux petits protégés de Jeshua. Ce dernier décide alors de transformer son salon de beauté pour en faire un centre d’accueil et de soin.
Comme à son habitude, Quentin Zuttion et son trait semi-réaliste livrent un album plein d’empathie tout en étant très engagé. Contrairement aux précédents albums de l’artiste, Salon de Beauté n’est pas inscrit dans un récit documentaire et réaliste. Il prend les contours d’une fable métaphorique sur la maladie et en particulier la pandémie du sida.
Si le trait évolue avec le changement de ton, prenant un tour plus graphique, il est aussi plus sensoriel et viscéral. Bien que l’album soit onirique, il s’éloigne de la douceur émotionnelle qui a pu caractériser les précédentes œuvres de l’auteur. Celui-ci porte une certaine rage face à une forme de fatalité quant aux situations rencontrées. L’album n’en devient pas pour autant un brûlot face au poids du monde. L’intelligence artistique de Quentin Zuttion prend le dessus pour faire de Salon de Beauté plus qu’un refuge, une ambassade qui s’intègre à merveille dans sa bibliographie.
Par Kelian NGUYEN
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Salon de Beauté - Par Quentin Zuttion - Ed. Dupuis