Rouge Signal - Par Laurie Agusti - Éd. 2042

Par Romain GARNIER Excellent 22 août 2025 
Les éditions 2042 publient Rouge Signal, une bande dessinée qui devrait marquer la rentrée de septembre. Ce roman graphique, d’une très impressionnante qualité technique, bâtit un récit sur les mécaniques masculinistes, de l’emprise sectaire au passage à l’acte. Une fable politique, tristement réaliste, sur une des formes contemporaines de la violence. Celles-ci nourrissent la contre-révolution idéologique à l’œuvre dans un certain nombre de pays occidentaux et au-delà. Une bande dessinée portée par le talent de Laurie Agusti.

Alexandre vit seul, dans son appartement, face à une onglerie dans laquelle officient des femmes de talent qui échangent constamment sur leur vécu personnel : Marley, Clara, Lulu et Evi. Lui, travaille dans une entreprise de matériel artistique en tant que commercial. Il ne brille guère par ses talents de promoteur des produits à vendre, mais n’en est pas moins sincèrement intéressé par son emploi.

Son réseau d’amitié n’en est pas vraiment un - il rencontre notamment quelques hommes autour d’un verre pour se lamenter sur les femmes, par le biais d’un collègue de boulot - et voit sa famille de temps à autre. Il n’a pas de véritable considération pour sa sœur et regrette le cocon parental où on le traitait comme un roi. Il s’ennuie dans sa vie de presque trentenaire. Une vie où la culture et la stimulation de l’intellect se limitent à la consommation d’images sur les réseaux sociaux.

Rouge Signal - Par Laurie Agusti - Éd. 2042
© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)
© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)

Sur la toile et ces applications, Alexandre s’expose à des discours toujours plus virulents sur les femmes. Il s’interroge, lui, le jeune homme paumé en amour, dont on comprend qu’il a été pétri par une éducation - tant parentale que sociétale - non exempte de clichés sexistes et misogynes. Ses rendez-vous de bistrot où Alan déverse sa logorrhée masculiniste, homophobe et complotiste imprègnent progressivement la pensée de notre anti-héros. En parallèle, l’onglerie est animée par des discussions diverses, et de temps à autre sur les relations avec les hommes qui ne sont pas toujours faciles. Chacune expose la complexité de son vécu et échange sur leur conception des relations amoureuses.

À mesure que ses convictions masculinistes progressent, nourries par les désillusions de la vie, Alexandre change son regard sur l’onglerie. Ces femmes deviennent une incarnation de tout ce qu’il déteste : le genre féminin. Il ne haït pas Marley, Clara, Lulu et Evi parce qu’il les connaît et que leurs personnalités, ainsi que leurs actes, pourraient légitimement nourrir une rancune, une détestation, non. Il vomit ces femmes pour ce qu’elles sont, parce qu’elles existent et qu’Alexandre associe à leur existence la raison de tous ses problèmes. Notamment le fait d’être un incel, un célibataire involontaire.

© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)
© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)

La rentrée 2024 avait été marquée par la publication de En Territoire ennemi de Carole Lobel aux éditions l’Association. Un témoignage et récit édifiant sur la toxicité du virilisme qui prend progressivement place au sein d’un couple. Avec la bande dessinée de Laurie Agusti, si Alexandre n’est pas en couple, les mécanismes de radicalisation sont semblables : ses échecs personnels et son exposition à des discours extrémistes. Le premier point est essentiel. Notre anti-héros, plutôt que de se remettre en question, d’interroger ses échecs, reporte la responsabilité de ses désillusions sur les autres, et notamment les femmes, qui seraient responsables de tous ses maux. Un déni que l’excellente saison 2 de la série Bref a su mettre en scène par le biais de son personnage principal incarné par Kyan Khojandi.

Sur ce terreau favorable, Rouge Signal met en scène un anti-héros qui a des difficultés à penser par lui-même, qui fait preuve d’un esprit critique inexistant. Ce qui le rend d’autant plus perméable à tous les discours masculinistes qui proposent une vision du monde simplifiée, débarrassée de toute complexité, flattant son désir de puissance et cultivant son complexe de supériorité. Lui qui en temps normal est le reflet, au mieux, d’une triste banalité, au pire, d’une consternante médiocrité.

© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)

Un des angles idéologiques du masculinisme est d’affirmer que les hommes sont devenus soumis et que les femmes sont avantagées, et ce contre toute réalité, chiffrée si nécessaire. Dans son emploi, Célia est perçue comme un quota. Puis, face à ses excellents résultats de commerciale, Alexandre affirme que cela est plus facile pour les femmes. La seule raison qui puisse donc expliquer qu’elle réussisse, au contraire de lui, et non une quelconque compétence. Il reproche à sa sœur d’être avantagée du fait de son sexe, quand lui affirme galérer en tant qu’homme.

Face à ses avances repoussées par une inconnue au bar, il reçoit une leçon de consentement qu’il ne comprend pas. Une collègue ne répond pas à ses sms l’invitant à une soirée professionnelle ? Il l’insulte et la menace, n’étant pas en mesure de considérer qu’elle puisse ne pas être intéressée. Alexandre est un petit garçon qui ne supporte pas qu’on lui dise non. Frustré, il voit dans le masculinisme la possibilité d’obtenir ce qu’il veut par la force et la soumission, et qu’il n’était pas parvenu à obtenir en faisant semblant d’être gentil et avenant. Comme si se comporter correctement avec une femme la rendait redevable.

© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)

Dans l’onglerie, différents discours sur les relations aux hommes s’expriment, mais il existe une conscience collective d’une complexité et d’un danger. La complexité s’exprime lorsque le tag attenant à la boutique est découvert : « Ouvre tes yeux pas ta chatte ». Qui peut être responsable ? Les masculinistes ? Les féministes qui refusent le sexe ? Un homme ? Une femme ? Des hommes peut-être féministes quand des femmes peuvent être misogynes, telles les tradwives.

Les possibilités sont nombreuses. Quant au danger, il est ressenti comme une ombre planant sur le réel. L’angoisse que celle-ci frappe à tout moment. Une peur diffuse et constante qui nous fait penser à la peur du harcèlement de rue que découvre le directeur du Louvre dans Le grand incident de Zelba lorsqu’il se travestit en femme.

© Laurie Agusti / Éd. 2042 (2025)

Sur le plan technique, Laurie Agusti fait preuve d’une véritable science du cadrage et du découpage. On sent à chaque instant que chaque élément a été pensé, pesé, pour diriger au mieux le regard du lecteur, afin de lui faire prendre conscience de tel ou tel détail. Ce - presque - surdécoupage fonctionne très bien, que ce soit dans le cadre des échanges entre les femmes de l’onglerie, ou lorsque Alexandre est surexposé aux contenus masculinistes sur le net.

Il existe aussi un intense jeu de couleurs - chaque membre de l’onglerie a le droit à une gamme de couleur - avec un rendu tout à fait particulier en écho à l’entreprise de matériel artistique et aux pratiques de l’onglerie. Ce rendu est dû à la technique employée par l’autrice 
 : « Je commence par dessiner au rotring, puis je colorie à la gouache en commençant par les premiers plans. Ensuite je lave cette première couche à l’eau avec une éponge et je repeins certaines zones que je relave encore. Je procède ainsi par couches successives ». Un tel procédé permet d’apporter une lumière particulière dans bien des planches, notamment l’onglerie qui est un univers très coloré.

Rouge Signal de Laurie Agusti est une bande dessinée de grande qualité, une réussite tant formelle que narrative. La juxtaposition des récits, celui de l’onglerie et celui d’Alexandre, évoluent jusqu’à se percuter. Le phénomène effroyable du masculinisme et de son emprise sectaire est ainsi disséqué à coup de crayons et de couleurs dans des planches intelligemment composées. Une belle réussite.

Par Romain GARNIER

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Code EAN : 9782487849075

Laurie Agusti sera présente au Festival Formula Bula du 26 au 28 septembre à Césure dans le 5e ar. de Paris. Son livre Rouge Signal est en sélection pour le Prix Prima Bula. Le Samedi 27 septembre - 14h - Rencontre déballage avec Laurie Agusti au festival Formula Bula.

Rouge Signal - Par Laurie Agusti - Éd. 2042 - 204 pages - 21 x 2.1 x 28 cm - Parution‏ : ‎22 août 2025 - 28 euros.

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– Tulipe T. 5, Les amours de Tulipe - Par Sophie Guerrive - Éd. 2024, de Romain Garnier
– La Pérégrination vers l’Ouest – Par Ohara Toya, Utagawa Toyohiro et Katsuhika Taito – Ed. 2024, de Didier Pasamonik
– Les autres mondes de Jeremy Perrodeau, de Stéphane Grobost
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– Le Visage de Pavil : l’excellent Jeremy Perrodeau anime la rentrée de 2024, de Kelian Nguyen
– White Boy – Par Garrett Price – éditions 2024, de Thomas Figueres
– La Mer à boire - Par Blutch - Éditions 2024, de Louis Groult
– "Des Vivants", réinventer le genre historique, de François Rissel
– "Le Grand Vide" de Léa Murawiec : l’album de l’année 2021 pour la rédaction d’ActuaBD !
– Le Club des amis T. 2 - Par Sophie Guerrive - Éditions 2024 (collection 4048), de Frédéric Hojlo
– L’Hiver de Tulipe - Par Sophie Guerrive - Éditions 2024, de Frédéric Hojlo
– Angoulême 2017 : "Police lunaire" de Tom Gauld & "Tulipe" de Sophie Guerrive, deux albums des éditions 2024 en lice dans la Sélection officielle, de Morgane Aubert
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– "Tulipe et les sorciers" (Éditions 2024) : le petit précis du savoir bien vivre de Sophie Guerrive, de Frédéric Hojlo

Interview en lien avec les éditions 2024 :

– Olivier Bron (éditeur des Éditions 2024) : « Le lectorat s’intéresse de plus en plus au genre de BD de notre catalogue » [INTERVIEW] (1/3), de Romain Garnier
– Olivier Bron (éditeur des Éditions 2024) : « Je ne crois pas que nous ayons véritablement voulu tuer le père. Je suis content de les côtoyer en salon » [INTERVIEW] (2/3), de Romain Garnier
– Olivier Bron (éditeur des Éditions 2024) : « On m’a décrit la maison comme oscillant entre démocratie désordonnée et dictature molle » [INTERVIEW] (3/3), de Romain Garnier

éditions 2042 ✏️ Laurie Agusti Feminisme Esprit critique Masculinisme
 
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19 Messages :
  • C’est au moins le vingtième bouquin paru cette année sur le thème du virilisme, du masculinisme radical et des Incels. Evidemment c’est plus morbide et vendeur de parler de ces cinglés ultra-minoritaires que de parler du machisme ordinaire de Monsieur Tout-Le-Monde qui fait pourtant beaucoup plus de victimes physiques et économiques tous les ans partout dans le monde, ou de parler de la question la plus importante sur ce sujet, à savoir comment, dans tous les pays et tous les milieux, on élève les petits garçons.

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    • Répondu par Milles Sabords le 22 août 2025 à  19:45 :

      C’est le drame des éditeurs actuellement : courir après des thèmes chers aux médias pour glaner plus de pub et de visibilité. Sauf que l’actualité des médias change très vite, un thème en chassant un autre. La BD est devenue une extension d’articles de magazines.

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      • Répondu le 22 août 2025 à  20:44 :

        Ouais enfin, le mouvement Mee-Too et la nouvelle prise de conscience féministe du XXIe siècle, ce n’est pas seulement une mode pour les magazines. Ça commence il y a près de 10 ans maintenant et c’est un mouvement politique mondial extrêmement important, dans ses avancées décisives et considérables, comme dans ses excès inévitables, comme toute révolution des esprits. Il était évident que la BD, qui a également connu une révolution féministe, allait s’en emparer. Après il faut lire le livre pour voir s’il est intéressant ou pas, caricatural ou pas, s’il vise juste ou s’il passe au côté du vrai sujet.

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        • Répondu par Milles Sabords le 24 août 2025 à  07:29 :

          Quelle que soit l’implication d’un ou d’une artiste dans son travail, même si le sujet remonte à des siècles, même s’il est louable, même si l’éditeur se sent investit, l’œuvre sera toujours soumise au bon vouloir de la tendance du moment. Et encore plus dans notre monde digitalisé à l’extrême, ou règne le buzz permanent. Le masculinisme est devenu un sujet de magazine qui fait vendre.

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          • Répondu le 24 août 2025 à  10:03 :

            Non, ce sont les libraires qui déterminent le volume de la mise en place des livres, je ne vais pas vous apprendre ça quand même. Ce que vous appelez la tendance ou les sujets de magazine, ce sont simplement les choix des libraires quant à ce ce qu’ils estiment pouvoir vendre ou pas. On pourrait appeler ça l’air du temps, si vous voulez. Les éditeurs sont soumis au bon vouloir des libraires, surtout depuis que les chiffres GFK sont disponibles pour tous. Et les libraires mettent fin aux carrières des auteurs en commandant zéro exemplaire de leur livre. Parce qu’ils n’ont pas de place pour tout mettre en vente. Et parce qu’ils n’ont vendu qu’un seul exemplaire du livre précédent du même auteur. Les libraires ne sont que des commerçants. Par ailleurs, il est amusant que vous parliez de "sujet de magazine qui fait vendre" alors que la presse magazine est au plus bas depuis des décennies. Elle ne vit plus que de la publicité et surtout des aides de l’Etat à la presse.

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            • Répondu par Milles Sabords le 24 août 2025 à  13:14 :

              Dans un monde idéal, il serait formidable que les librairies puissent influencer les politiques éditoriales, mais la situation est tout autre sur le terrain. Un libraire ne peut pas continuellement de ne pas commander l’album d’un auteur pour vente faible, car chaque album est différent et souvent la notoriété de l’éditeur entre en ligne de compte. Le métier fourmille d’exemples d’albums qui marchent bien, mais dont la carrière de l’auteur s’arrête pour divergence avec l’éditeur, et le libraire ne peut rien y faire même s’il commande des wagons d’albums. Et jusqu’à présent, ce sont bien les éditeurs qui continuent à fixer les règles du jeu, car ils ne bâtissent pas leurs catalogues que sur les remontées des libraires ou les desiderata des auteurs. Très souvent, le diffuseur sert d’arbitre, même dans les commandes ou la mise en place des titres. N’oublions pas également que la politique commercial depuis la prise en main d’Hachette par Bolloré à poussé nombre de librairies au dépôt de bilan, surtout dans le Nord, et ce n’est pas finit. Je connais suffisamment de libraires pour savoir qu’ils vont mal et qu’ils ne peuvent pas se permettre de faire la pluie et le beau temps. Leur dernière arme pour ne pas crouler sous le turn-over des arrivages d’albums (surproduction quant tu nous tiens), c’est de refuser des commandes pendant un certain temps afin d’apurer leurs rayons de tous les albums qui y sont déjà présents. Mais comme le lectorat s’amenuise de plus en plus, pour franchir de moins en moins la porte des librairies, le problème est plus complexe que votre équation qui confère des pouvoirs fantasmés aux libraires. Notons que depuis l’écroulement de la presse magazine du entre autre à Internet qui développe les même sujets gratuitement (influenceurs/ses)-réseaux sociaux), il y a eu un transfert des fonctions vers l’édition BD. Un éditeur à besoin d’occuper l’espace commercial avec des sujets sociétaux puisque que les médias (même en ligne) en sont friands et relayeront d’autant plus facilement ses publications. De la pub à bon compte...

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              • Répondu le 25 août 2025 à  14:03 :

                "Un libraire ne peut pas continuellement de ne pas commander l’album d’un auteur pour vente faible, car chaque album est différent et souvent la notoriété de l’éditeur entre en ligne de compte." N’importe quoi, vraiment. Vous dites que ce ne sont pas les commandes des libraires qui déterminent le volume des mises en place, mais une phrase plus loin, vous dites que ce sont les diffuseurs qui "servent d’arbitre". Vous savez quand même que les livres n’apparaissent pas en librairie comme par magie, et par la seule volonté des éditeurs ? Vous savez que le métier des diffuseurs consiste à envoyer des commerciaux dans les librairies pour leur proposer de commander (autrement dit d’acheter) les livres ? Et que si vos livres ne sont pas bien diffusés, c’est parce que les commerciaux reviennent bredouille parce que les libraires ne veulent plus commander vos livres, généralement parce qu’ils n’ont pas bien vendu les précédents ? Si vous ne savez pas ça, vous êtes un débutant. Vous semblez vous construire une autre réalité dans laquelle tout va mal à cause de la mode, des magazines, de l’air du temps, d’internet, des éditeurs ou de Bollorée… je ne veux pas vous faire de peine, mais l’édition est un commerce. Si ce que vous faites ne trouve pas son public, les libraires ne voudront plus essayer de le vendre, car ce ne sera pas rentable pour eux. Il vous restera à essayer de vendre vos BD par vos propres moyens, pourquoi pas d’ailleurs ?

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                • Répondu par Milles Sabords le 25 août 2025 à  15:37 :

                  Vous niez totalement toute la chaîne du livre, l’influence du public, des médias, pour reporter toute la responsabilité du succès d’un album et la longévité des auteurs sur les libraires… c’est assez particulier comme vision du marché. Certes, la diffusion, et comme je l’ai écrit, la distribution, joue un rôle important dans la mise en place, mais l’éditeur garde toujours le cut final. Il existe, et il existera encore, des auteurs qui vendent peu, mais dont les albums seront toujours mis en avant car ils ont une portée médiatique qui sert de vitrine à l’éditeur et qui constitue un produit d’appel pour les libraires. Les pauvres libraires ont de plus en plus de mal à faire leur métier de conseiller auprès du public, pas besoin d’en faire en plus des faiseurs de carrières. Dommage que certaines notions du commerce vous échappe.

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                  • Répondu le 25 août 2025 à  22:33 :

                    Aucune notion du métier ne m’échappe plus vu que je prendrai ma retraite l’année prochaine. Comme beaucoup de gens, vous marchez dans la fiction manichéenne qui ferait des libraires des héros et des éditeurs des décideurs omnipotents et cupides. Mais c’est plus subtil que ça. Quand je dis que les libraires sont des commerçants, je ne leur manque pas de respect puisque c’est la pure vérité. Vous dites que je ne tiens pas compte de tous les autres paramètres, l’influence du public, les médias, l’air du temps etc, mais justement tous ces paramètres que je ne nie pas vont influencer les décisions des libraires (même si le chiffre GFK sera le facteur le plus décisif avec le m2 de linéaire dont dispose le libraire) mais à la fin, c’est bien le libraire qui achète les livres qui seront mis en vente et l’éditeur n’a pas le pouvoir de le forcer à mettre en place (sauf arrangement spécifique, je sais bien que ça existe). Vous parlez d’auteurs qui continueront toujours leur carrière alors qu’ils vendent peu et certes, heureusement que ça existe encore, car ça fait partie de la richesse de l’offre proposée mais il en existe de moins en moins (je parle des professionnels, pas de l’amateur occasionnel qui va publier un livre sans percevoir d’avance chez un indépendant de temps à autre) car l’évolution du marché et de la doctrine des éditeurs (là je vous rejoins) fait qu’un auteur non-rentable sera beaucoup plus vite balayé qu’autrefois et avant que les éditeurs prennent la décision de ne plus le publier, ce sont les acteurs de terrain, librairies et commmerciaux qui feront remonter l’information que ses livres sont invendus et invendables. Vous avez visiblement des amis libraires, demandez-leur pourquoi ils ne prennent pas davantage vos livres.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 26 août 2025 à  06:44 :

                      vous m’avez mal lu ; les libraires n’ont pas ce pouvoir absolu d’imposer le volume de la mise en place des livres et les éditeurs gardent la main sur la vie et la mort d’un album ou la carrière d’un auteur, il n’y a rien de manichéen, c’est juste le fonctionnement basique de l’édition. Nous ne sommes plus 30 ans en arrière, où la production permettait aux libraires de faire correctement leur métier pour promouvoir, commander et mettre en avant un album. Dorénavant, ils croulent sous les arrivages de cartons, au point de renvoyer des albums sans avoir eu le temps de les mettre en rayons, ou alors, un seul exemplaire, directement rangé sur la tranche. Je vous l’ai dit, il y a des auteurs qui vendent mal, mais qui sont utiles à tout le monde par leur médiatisation et qui ne seront pas balayés quelles que soient les remontées de terrain. Ne schématisez pas avec ceux qui débutent lors d’un premier album. Prenez votre retraite tranquille, mes albums vont bien.

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                      • Répondu le 26 août 2025 à  11:41 :

                        Vous ne voulez pas comprendre ce que vous dit le monsieur en fait. C’est justement parce que les libraires croulent sous la sur-production qu’ils ont acquis de fait le pouvoir de prendre zéro exemplaire d’un livre et de tuer ses ventes dans l’œuf. Si vos albums à vous vont si bien que ça, on se demande pourquoi vous pleurnichez ici à longueur d’année…

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                        • Répondu par Milhouse le 26 août 2025 à  18:00 :

                          Nan mais vous oubliez la question la plus importante :
                          Est-ce que ce livre est de la BD @Milles Sabords ?

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                        • Répondu par Milles Sabords le 30 août 2025 à  07:21 :

                          Pour tuer les ventes d’un livre dans l’œuf, il faudrait que toutes les librairies de France, de Belgique, de Suisse, et les plateformes de ventes, refusent de commander le livre. Impossible. Ce n’est pas parceque un libraire prend zéro exemplaire que c’est la mort du livre. Faut pas gober tout ce que dit le « monsieur ».

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                          • Répondu le 30 août 2025 à  16:41 :

                            Ben si, c’est possible. Ça s’appelle un livre peu ou pas diffusé. Ça arrive tout le temps.

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                            • Répondu par Milles Sabords le 30 août 2025 à  21:46 :

                              Un livre peu diffusé, c’est du à son tirage faible par l’éditeur et ça n’a rien à voir avec les libraires, un livre pas diffusé, c’est un livre qui n’a pas de diffuseur et de distributeur, c’est le cas de l’auto- édition.

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                            • Répondu le 30 août 2025 à  23:24 :

                              "Ce n’est pas parce que un libraire prend zéro exemplaire que c’est la mort du livre." Le fameux "monsieur" n’a jamais écrit qu’un seule libraire avait le pouvoir de tuer un livre. Vous êtes bête ou vous le faites exprès ?

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                              • Répondu le 31 août 2025 à  08:34 :

                                "Un livre peu diffusé, c’est du à son tirage faible par l’éditeur" M’enfin ?! Le tirage d’un livre est généralement décidé ou ajusté après la fin des tournées commerciales. Quand on sait à peu près combien de livres les libraires vont nous acheter, on fixe le tirage. C’est la base du métier. Sinon, tous les livres seraient imprimés à 50 000 exemplaires tout de suite !

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    • Répondu par Je compatis le 26 août 2025 à  17:11 :

      20 bouquins sur 7000, c’est un raz de marée. Mais je suis sûr que vous allez tenir le coup puisque vous ne les lisez pas. Courage !

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      • Répondu le 31 août 2025 à  16:07 :

        Je reposte mon commentaire ici car sinon c’est illisible : Mille Sabords nous dit : "Un livre peu diffusé, c’est du à son tirage faible par l’éditeur" M’enfin ?! Le tirage d’un livre est généralement décidé ou ajusté après la fin des tournées commerciales. Quand on sait à peu près combien de livres les libraires vont nous acheter, on fixe le tirage. C’est la base du métier. Sinon, tous les livres seraient imprimés à 50 000 exemplaires tout de suite !

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