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23 août 2025
Anéantie par un AVC ayant laissé des séquelles cognitives et élocutoires, Claire quitte un moment Madrid où elle vit depuis huit ans pour prendre de la distance et réfléchir à son avenir.
Renouer avec soi quand le langage fait défaut
Au début de l’ouvrage, l’héroïne est absorbée dans une mission écologique de nettoyage d’une marée noire en Espagne. Séquence hautement symbolique, le lecteur observe Claire se débattre face à la pollution tout comme elle se débat avec l’envahissement de son esprit par le « trou noir » causé par l’AVC.
Lors de cette mission, elle rencontre Beatriz, une locale dont elle se fait une amie et qui l’invite à passer l’été chez elle et son mari Antonio, constructeur de bateaux. Auprès de ces deux âmes pleines de bienveillance et d’un soupçon de mélancolie, Claire va apprendre à renouer avec elle-même.
La poésie du quotidien à ré-apprivoiser
Expérience sensorielle proche d’une véritable épiphanie, Claire renoue avec elle-même en plongeant aux côtés de Beatriz. Dans ce monde d’ambiances musicales cristallines, où la beauté brute des images subjugue celle du langage, la jeune femme apprend à lâcher le fardeau qui la leste. Magnifié par les illustrations fauves de Sandrine Revel, le récit prend des accents quasi merveilleux lorsqu’il se suspend le temps d’une apnée.
Lointain mes mots, c’est avant tout l’histoire d’un lâcher-prise, que ce soit sur le contrôle, la maîtrise de son propre esprit, mais aussi celui de sa carrière. Accepter de laisser ses angoisses sur le rivage.
Par Anthea MARIANI
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Lointains mes mots - Anaële Hermans (scénario) et Sandrine Revel (dessin) - éditions Dargaud
Nombre de pages : 116
Prix : 20,50 €