Picsou Magazine : Nouveau plumage, même ramage

Par Rémi BARNAULT 9 avril 2025 
Lifting ou brushing ? Alors que le printemps s’installe, Picsou magazine s’offre une nouvelle formule. Observons les changements dans une opération à livre ouvert de cette mue.
Picsou Magazine : Nouveau plumage, même ramage
Couverture du tout premier Picsou Magazine, par René Guillaume.
© Disney.

C’est un fait établi : Picsou est le plus grand boss de toute la ville ; mais aussi, depuis des décennies, un mastodonte de la presse jeunesse dans plusieurs pays, au-delà de Donaldville. En France, Picsou Magazine s’est vite imposé comme un incontournable.

Couverture par Patrice Croci.
© Disney.

Et surtout l’un des plus anciens magazines de BD jeunesse encore en activité dans l’Hexagone. Fondé en 1972, le magazine a traversé et touché plusieurs générations de lecteurs sans jamais perdre de sa superbe. Et bien sûr, un périodique, comme beaucoup de choses, doit s’adapter à son époque, et toujours savoir se renouveler. Le tout, en gardant son essence.

Couverture du n°500.
© Disney.

La dernière mise à jour date de 2019, juste avant le rachat de Disney Hachette Presse par Unique Héritage Media. Les changements n’avaient pas été moindres : nombre de pages plus que doublé, nouvelle maquette, nouveau format…

Couverture d’Olivier Fiquet.
© Disney.

Six ans après — « une éternité dans la presse », nous dit Jean-Baptiste Roux, rédacteur en chef actuel du magazine — « la rédaction avait envie d’un peu de nouveauté », continue-t-il. Le magazine s’offre ainsi une nouvelle peau, dévoilée dans le numéro 585 qui sort aujourd’hui en kiosque.

Mais qu’est-ce qui change, par Belzébuth ?!

Ce numéro marque tout d’abord l’arrivée d’un rédacteur en chef adjoint nommé Nathanel Bentura.

Tout nouveau logo.
© Disney.

Parmi les changements, tout commence par l’un des premiers éléments que l’on observe en tenant dans ses mains le bimensuel : le logo sur la couverture. Accroche la plus importante, dont la typographie n’a que très peu changé depuis 2017 ! Le S de Picsou se transforme en dollar. Limpide ! Aussi, c’est le retour de la tête de Picsou accolée au logo. Elle avait subitement disparu en 2011.

Autre élément que l’on ne peut pas louper sur la couverture de ce numéro, c’est le Français Victor Wembanyama, étoile montante du basket international, prenant une part considérable de la couverture. Il faut dire que le magazine a pu obtenir une interview en grande exclusivité avec le sportif, lecteur du magazine dans sa jeunesse. Le virtuose de la balle semble jouer avec l’éternel maladroit Donald Duck, illustré par l’Italien Claudio Sciarrone.

« Cette présence d’une personnalité en couverture n’a pas vocation à se généraliser et il ne s’agit pas d’un changement de direction artistique, mais quand un des plus grands talents sportifs français actuels décide d’accorder une interview à *Picsou Magazine*, on est très fiers et on veut que les lecteurs le sachent ! » affirme Jean-Baptiste Roux.

Au niveau du format, le magazine reste inchangé. Pareil pour la pagination de 244 pages. L’Oncle Picsou lui-même nous autorisera sûrement cette précision : le prix reste également le même pour l’instant.

On remarquera sur le dos du magazine — souvent appelé “tranche” par erreur — le nom du magazine désormais mis en évidence, permettant une meilleure identification en bibliothèque, par exemple.

Quand on ouvre le magazine, on retrouve toujours des BD Disney et des articles couvrant l’actu, la culture et le sport. La partie rédactionnelle, inaugurant toujours le numéro, est présentée par un personnage différent de l’univers des canards Disney, en en-tête. Si Donald Duck ouvre la rubrique sport et Daisy l’actu littéraire, l’inventeur Géo Trouvetou, lui, met en valeur la rubrique science (là, ça tombe sous le sens).

Nouvelle en-tête de rubrique avec Géo Trouvetou.
© Disney.

Ces personnages en têtière des rubriques sont illustrés par Emmanuel Baccinelli, dessinateur Disney italien qui collabore activement avec les magazines français depuis quelque temps.

© Disney.

Toutes ces références graphiques visent à ce que la partie article “soit vraiment installée dans l’univers de Donaldville”, affirme le rédacteur en chef. Dans cette même démarche, une nouvelle rubrique est née, où le personnage Ludwig Von Drake (aussi connu sous le nom de Donald Dingue), scientifique érudit — et accessoirement beau-frère de Picsou — répond aux questions des lecteurs, à propos du magazine et de l’univers de la BD Disney.
Enfin, cette partie articles marque le retour du papier glacé pour les 42 premières pages.

BD : entre patrimoine et nouveautés

Un numéro qui s’ouvre sur un grand dossier exceptionnel sur le basket ne pouvait se refuser une bande dessinée liée. Une histoire scénarisée par Jaakko Seppälä et illustrée par Kari Korhonen, chez Egmont (l’un des principaux producteurs d’histoires Disney en bandes dessinées) pour son marché finlandais chez Sanoma. L’histoire, intitulée Leurre de la victoire, met en scène l’équipe des “Loups de Donaldville”, appartenant à Balthazar Picsou. Elle met en scène Donald et un joueur nommé Tarkkanen, directement inspiré du réel basketteur finlandais Lauri Markkanen.

© Disney.

Dans ce numéro, nous retrouvons aussi une histoire de la maison italienne, en provenance de Topolino, éditée par Panini Comics dans le territoire de la Botte : Picsou et le PC-6000 est une histoire dans l’air du temps, où l’on retrouve un Donaldville toujours plus à la pointe de la technologie, où Picsou voit son coffre doté d’un nouveau système de sécurité… contrôlé par une IA. Au scénario, Niccolò Testi, nouveau chez Disney Italie, et au dessin, l’habitué Alessandro Perina.

Picsou et son double IA dans Picsou et le Pic-6000.
© Disney.
© Disney.

Le numéro propose également un nouveau chapitre inédit de la série BD centrée sur Cornélius Écoutum, fondateur de la ville de Donaldville, illustré par Simona Capovilla de la nouvelle vague des BD Disney italiennes. Mais aussi des histoires plus anciennes comme Picsou et le Mécarapetou, œuvre écrite par Rodolfo Cimino et illustrée par l’un des géants de la BD Disney, Romano Scarpa, avec son successeur spirituel Giorgio Cavazzano.

© Disney.

Ou encore Le Cheval de fer, classique de Carl Barks, créateur de Picsou. Une fois n’est pas coutume, le magazine varie les styles ; les fans de la première heure et les plus jeunes pourraient bien trouver leur bonheur dans ce magazine intergénérationnel.

Les lecteurs les plus réticents aux évolutions graphiques ou narratives des histoires de canards pourront se consoler avec les classiques signés Barks et Scarpa — même s’ils les connaissent sans doute déjà par cœur et que même ces maîtres ont connu des évolutions en leur temps. Rappelons aussi que depuis les années 1930, dans la BD Disney, des centaines d’auteurs et d’illustrateurs de tous pays se sont succédé dans cette industrie de masse et de passion.

Cette parenthèse étant faite, ce numéro se conclut notamment par une interview de Marcelo Alencar, notamment traducteur et éditeur des histoires Disney au Brésil depuis plus de 30 ans, qui fait part de son ambition de relancer la production d’histoires en bandes dessinées Disney brésiliennes.

En outre, si Picsou Magazine s’offre une nouvelle jeunesse, évoluant avec son temps, la recette reste la même, garantissant le succès du magazine depuis plus de 50 ans.

Encore plus de surprises

Le prochain numéro, qui doit sortir en juin, sera spécial super-héros. On peut peut-être espérer y trouver les récentes collaborations des studios Disney/Marvel. Aussi, on nous dit dans l’oreillette qu’un personnage de BD Disney sera en couverture de Picsou Magazine pour la toute première fois.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN :

Picsou Magazine n°585 - 9 avril 2025 - Ed. Unique Héritage Edition - 6,95 €.

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