– Loo Hui Phang : Le point de départ de Smoking, c’est mon désir de parler du travail d’Yves Saint Laurent d’un point de vue sociologique – montrer comment son travail a impacté la place des femmes, ou la perception de la place des femmes, dans la société occidentale, et cela à partir du smoking féminin, son œuvre la plus iconique et la plus transgressive. Au moment où il crée ce smoking, en 66, nous sommes à un point de bascule, celui de l’émancipation féminine mais aussi de l’émancipation de la jeunesse.
– L’action du livre se passe en 67. C’est l’année du Summer of Love. Un an avant les événements de mai 68…
– LHP : Complètement. C’est une époque où tout un rapport au corps et au genre est en train de bouger. Ce qui m’a donné le fil conducteur de l’histoire, c’est une anecdote racontée par Pierre Bergé dans son livre Lettre à Yves : un jour, avec Saint Laurent et Betty Catroux, ils sont refusés par tous les restaurants new-yorkais où ils voulaient déjeuner parce que Betty portait un smoking. Cette anecdote m’a frappée parce qu’elle résume à elle seule les interdits sur le féminin. D’un point de vue narratif, ce fil conducteur est l’occasion de mettre en place toute une dialectique puisqu’à chaque nouveau restaurant, on leur oppose un nouvel argument : si ce n’est pas la Bible, c’est la loi ; si ce n’est pas la loi, c’est le Congrès américain, la bienséance, la mode, l’élégance… Nous, on essaie d’épuiser tous ces arguments afin d’en montrer l’absurdité.
– Très vite, le livre bascule dans quelque chose qui est de l’ordre de l’essai – un essai sur le vêtement à travers les âges.
– LHP : Oui, c’était vraiment l’idée. Pour cela, on a utilisé tous les outils que la bande dessinée a à sa disposition afin de rendre cet essai le plus fluide, le plus lisible possible. La bande dessinée a cette qualité de pouvoir stimuler la lecture par le sensoriel. Le travail de Benjamin a consisté à inventer des solutions graphiques à chaque double page afin de dire visuellement des choses.
– Sur l’une des premières doubles pages, qui raconte pour la première fois le refoulement devant un restaurant, on retrouve quelques principes graphiques du livre, dont le collage...
– Benjamin Bachelier : Le collage, c’est quelque chose qui était déjà présent dans mon travail – dans mes carnets par exemple – mais dont je ne savais que faire. Quand Loo m’a proposé de travailler sur Smoking, je me suis retrouvé face à un territoire plus inconnu encore pour moi que cet Antarctique que j’avais dû représenter dans Oliphant : celui de la mode. Peu de temps après sa proposition, je me suis donc rendu au Musée Yves Saint Laurent, et là je suis tombé sur des tas d’objets liés à la mode, comme les patrons. Ça a fait comme une espèce de déclic. Les papiers découpés que j’utilise dans Smoking rappellent évidemment le travail du couturier.
– Par ailleurs, on peut voir que vous variez les techniques : encre, crayon, aquarelle…
– BB : De manière générale, varier les techniques m’a permis de me décoincer, de me sentir plus libéré. Avec un dessin plus classique, je pense que cela aurait été plus laborieux à mettre en image. Au fond, je me dis que c’était peut-être une chance de ne rien connaître à la mode – j’ai pu me lancer à corps perdu, expérimenter, essayer, m’amuser. J’ai confiance dans le côté inconscient du travail.
– Vous voulez dire que votre approche technique est plus basée sur l’intuition que sur une réflexion théorique ?
– BB : Je suis incapable de me mettre devant une feuille blanche et de me dire : je vais faire comme ci, comme ça. En fait, je réfléchis en faisant. Sur les premières pages, il y a plein d’essais, de bidouillages – ça se voit encore à certains endroits. C’était un long travail pour trouver la façon de faire. Sur la planche, ici, tout à coup, il y a cette silhouette qui est apparue dans la case en bas à gauche. À ce moment-là, je me suis dit : ah oui, le livre va être comme ça.
– Le smoking est en papier découpé noir. Le visage, lui, est dessiné au crayon sur un papier plus beige que le papier de la page, ce qui permet de faire ressortir la case d’à côté et de donner de la profondeur.
– BB : Les pages, je les ai travaillées non pas comme des tableaux – ce serait beaucoup dire – mais comme quelque chose de très graphique. Ce qui est premier, c’est la nécessité de la narration. C’est pour ça que je pose d’abord les bulles. Après, je cherche un équilibre de dessins et de couleurs.
– Vous composez autour de la bulle ?
– BB : Oui. Je ne fais pas de crayonné, pas de story-board précis, donc, si l’image me plaît, je ne veux pas avoir à coller une bulle dans un coin une fois la composition terminée.
– Souvent, dans Smoking, vous utilisez la couleur pour tracer le contour. Pour le personnage du portier, ici, le visage n’est pas cerné. C’est une tache de couleur. Pourquoi ?
– BB : Il n’y a pas de pourquoi. Si ce n’est que c’est une façon de lui faire un visage très reconnaissable. En même temps, ça lui donne un côté Monsieur Patate.
– Un côté un peu inquiétant.
– BB : Peut-être…
– Loo, qu’est-ce que vous donnez comme matière scénaristique à Benjamin ?
– LHP : Mes scénarios peuvent ressembler à des scénarios de cinéma. Il y a les dialogues, évidemment. Et puis je décris tout ce qu’on voit, les gestes, les attitudes. C’est assez précis, en fait. Je décris le film que j’ai dans la tête. Parfois, quand c’est important pour la perception émotionnelle de telle ou telle phrase, je donne des indications de valeurs de plan : gros plan, plan large… Mais je ne donne jamais de découpage. Ce serait empiéter sur le travail du dessinateur, sur son processus. C’est Frédérik Peeters qui dit que le découpage, pour un dessinateur, c’est aussi personnel et singulier que des empreintes digitales. C’est son souffle. Donc, même si j’ai une idée de la manière dont ça pourrait être découpé, je ne veux surtout pas empiéter là-dessus. Je donne des indications, je suggère afin que le dessinateur visualise ce que moi j’ai dans la tête, et ensuite il peut le traduire autrement. Parfois, quand le dessinateur colle exactement à mes indications, ça ne marche pas. Dans Smoking, plus encore que dans mes autres livres, il y a une part d’invention et de liberté qui est laissée au dessin. Au final, c’est vraiment le dessin qui décide.
– Les modes de narration sont très éclatés, expérimentaux parfois, avec des planches qui tendent vers l’illustration.
– LHP : Oui, parce qu’il ne s’agit pas simplement de mettre en scène des situations, il faut aussi mettre en scène de la pensée, des choses abstraites, parfois même des sensations – comme la sensation que l’on peut ressentir lorsqu’on est dans un smoking. Pour arriver à transcrire par le dessin toutes ces choses impalpables, il faut trouver autre chose que le découpage classique.
– Dans cette planche-ci, par exemple, on trouve tout un travail intéressant de surimpression des lignes et des couleurs.
– BB : Dans le scénario, Loo décrit une fête à la Factory, chez Andy Warhol. Mon défi graphique était de représenter cette fête un peu étrange. Je voulais que l’on perçoive son côté bruyant. J’aurais pu le faire sur plusieurs cases, mais j’ai choisi de le faire en une seule. Les traits qui se superposent, c’est un peu l’impression que l’on ressent quand on est dans une foule – cette sensation que tout se mélange.
– Cette planche-ci est une belle illustration de ce que vous disiez il y a un instant à propos des patrons et des papiers découpés.
– BB : Ce type de page a représenté un vrai défi. Comment reprendre ces dessins de patrons qui sont d’une précision absolument incroyable, en sachant qu’il est impossible de faire en quelques mois ce qu’ils ont mis des années à mettre au point ? J’ai donc cherché une astuce qui évoque ça, qui parle de ça, sans chercher à faire de faux patrons. J’avais ce plaisir immense d’avoir sur ma table de travail tous ces morceaux de papiers découpés. Dès qu’il y avait un souffle d’air, les papiers s’envolaient, je devais tout recommencer. Il y avait quelque chose d’assez réjouissant là-dedans.
– Philippe Dupuy nous disait récemment qu’avec le papier découpé, la page se construit non pas avec le dessin mais avec le collage.
– BB : Oui, ça change complètement le rapport à la façon de faire de la bande dessinée. C’est en posant les papiers découpés sur la page qu’on peut construire et déconstruire. Tout à coup, on trouve une espèce d’évidence.
– LHP : C’est comme si la narration était de la pâte à modeler qu’on déforme, qu’on resculpte, qu’on mélange jusqu’à trouver une forme lisible et en même temps très vivante.
– Ce qui est intéressant aussi, dans cette planche, c’est sa partie documentaire. Vous montrez notamment que derrière Yves Saint Laurent, il y a le travail de toute une équipe – un travail assez technique, en fait.
– LHP : La mode, le vêtement, c’est concret. Ça part d’abord d’une sensation que peut avoir le couturier, puis d’un dessin. Mais ce dessin, il faut le concrétiser, il faut le rendre à la vie, le mettre dans la vie, et pour ça il faut une équipe d’experts. La mode, c’est entre l’artistique et l’expertise. Le rôle du premier d’atelier, c’est d’interpréter un dessin qui a l’air complètement jeté mais qui, en fait, est très précis. C’est un vrai langage, avec des codes que les premiers d’ateliers décryptent. Rien qu’en regardant le dessin, ils savent la hauteur d’une poche, la texture d’un tissu. Ensuite, une part est laissée à leur subjectivité, à leur sensibilité. Les premiers d’ateliers sont choisis par le couturier – ici Yves Saint Laurent – en fonction d’une compréhension commune, d’un goût commun. Il doit y avoir quelque chose de télépathique entre eux, une symbiose. En même temps, deux premiers d’atelier peuvent faire deux vêtements complètement différents à partir d’un même dessin. C’est là où l’on voit toute leur importance. Les mêmes dessins de smoking ont été confiés à Jean-Pierre Derbord et Alain Marchais, qui en ont fait deux versions vraiment différentes.
– On rejoint ici une réflexion très contemporaine sur le cinéma : un film n’est pas seulement l’œuvre d’un réalisateur-auteur, elle est le résultat d’un travail d’équipe.
– LHP : Tout à fait. Il y a même des réalisateurs qui ne peuvent pas travailler sans un chef opérateur en particulier, par exemple. Perdre un premier d’atelier, pour un couturier, c’est vraiment une perte énorme. C’est grâce à Jean-Pierre Derbord que Saint Laurent a pu développer le tailleur-pantalon féminin, parce qu’il avait mis au point une technique de coupe sur la structure des épaules. C’est un travail extrêmement technique, qui représente des mois, voire des années d’expérimentation et de recherche avec son équipe. De l’ingénierie.
– Dans cette planche-ci, on trouve une citation du Déjeuner sur l’herbe de Manet. De manière générale, il y a beaucoup de références à l’histoire de l’art dans Smoking : Manet, Botticelli, Warhol, Matisse, Yoko Ono…
– LHP : Ce qui nous intéresse ici, c’est de voir comment le corps des femmes est montré dans des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art – des chefs-d’œuvres qui ont marqué les esprits et qui restent dans l’inconscient collectif comme porteurs d’une certaine esthétique et d’un certain message. Dans Le Déjeuner sur l’herbe, la seule personne nue, c’est la femme – les hommes sont en costume. Chez nous, la femme est en smoking, et ça change tout – et en plus, elle fume une cigarette. La voilà, l’égale des deux hommes qui sont assis à côté d’elle. Pour le personnage qui se trouve à l’arrière-plan – une femme dans le tableau de Manet – on a choisi de représenter Rrose Sélavy, soit Marcel Duchamp travesti en femme. Donc ici aussi, il y a un jeu sur la notion de genre, de travestissement, de représentation du corps féminin. Et puis la scène est un peu onirique, parce que tous ces personnages se baladent sur le corps nu d’une femme, comme si ce corps était un paysage à visiter. C’est un corps qui est tout-puissant, qui n’est pas objet, mais qui est comme le socle d’une réflexion, d’un dialogue en train de se faire.
– Je ne l’avais pas vu, ce corps. Il apparaît vraiment quand on prend du recul. Benjamin, vous disiez tout à l’heure, en rentrant dans la galerie, que vous punaisiez vos planches sur les murs de votre atelier pendant la réalisation de Smoking.
– BB : Oui, pour voir l’avancement du travail. Je fais ma double page dans la journée, le soir je l’accroche au mur et, du coup, le lendemain, je peux revenir dessus – ou pas. Je fais ça pour tous mes livres, en fait. J’ai besoin de voir le truc en cours de fabrication. Quand les planches sont dans un porte-document, ça disparaît. Quand elles sont accrochées, ça donne un ensemble.
– Le livre se déploie.
– BB : Oui, je peux suivre la narration. Pour ce livre-là, c’était encore plus important. Après une séquence en noir et blanc avec beaucoup de papiers découpés, par exemple, je me disais qu’il était peut-être important de revenir à quelque chose de plus classique ou plus sage. Beaucoup de choses se sont construites en fonction de ce que je voyais sur les murs le matin.
– Pour créer des ruptures, des rythmes visuels différents, des respirations.
– BB : Et puis, en tant que dessinateur, j’ai besoin de changer, d’essayer d’autres choses. Le scénario de Loo était suffisamment bien construit pour me laisser porter de manière inconsciente.
– On trouve à la fin du livre une autre référence à l’histoire de l’art : les papiers découpés de Matisse.
– BB : Ça, ça fait partie des choses qui sont assez magiques dans ce genre de travail, parce que ce n’était pas du tout pensé au début. Pour la fin du livre, Loo décrivait un smoking qui se transforme en oiseau. Jusqu’au dernier moment, je n’avais aucune idée de la manière dont j’allais aborder cette séquence, et puis tout à coup, elle s’est imposée naturellement : toutes les silhouettes de smoking que j’avais découpées depuis le début de l’album, toutes les chutes, je les avais en partie gardées et, comme je les avais sous les yeux, je me suis dit : bah oui, évidemment... Le petit déclic du papier découpé, qui se fait lorsque je commence le livre, me sauve la mise à la fin. Si j’avais dû dessiner ces oiseaux à la main, de manière plus classique, je pense que je ne m’en serais pas sorti.
– LHP : Ce qui est beau, au niveau du sens, c’est que le dessin de ce smoking qui se transforme en oiseau exprime visuellement la transmission, la fin d’une époque, la fin d’une vie aussi, la fin d’une carrière, d’une passion. C’est la mort, mais la mort qui s’envole. Et puis il y a cette notion de plein et de vide, qui arrive vraiment avec le papier découpé – il y a une forte ambivalence entre la vie et la mort chez Yves Saint Laurent. On ne le comprend pas intellectuellement, ce n’est pas quelque chose qu’on se formule, mais d’un point de vue sensoriel, on attrape cette chose-là.
– Dans cette première séquence avec l’oiseau, qui vient un peu en amont dans l’album, c’est aussi le noir qui, peu à peu, envahit la page, en opposition aux couleurs éclatantes du paon associé à Louis XIV.
– LHP : La mode, au XVIIe siècle, a été créée pour protéger le roi puisque, quand les courtisans étaient occupés à s’habiller pour lui plaire, ils n’étaient pas occupés à comploter contre lui. C’est après la Révolution française que l’on va se tourner vers l’Angleterre protestante, en particulier pour la mode masculine : avec le noir, désormais, on cherche à être le plus neutre possible parce qu’il faut incarner le sérieux, l’honorabilité.
– Et c’est la femme qui doit plaire à l’homme, parce qu’elle dépend de lui économiquement.
– LHP : Oui. Le vêtement induit des rapports de pouvoir. Il est politique.
– De manière générale, le blanc est très présent dans l’album. Sur cette double planche, en particulier, il y a une raréfaction de la couleur, qui est réservée aux traits et qui laisse la place au blanc de la page.
– BB : Je ne sais pas comment expliquer ça. Il y a un truc qui est de l’ordre du sensoriel, du gustatif. Je trouve quelque chose qu’il me plaît de dessiner, et je me dis : pourquoi pas ?
– LHP : C’est aussi une scène qui arrive à la fin d’un chapitre, après la fête à la Factory. On sort, le jour se lève, il y a cette ambiance d’aube très claire, très calme. Cette planche permet de clore un chapitre, d’estomper l’épisode précédent avant de passer à l’épilogue qui, lui, pour le coup, est beaucoup plus chargé. C’est vraiment une question de rythme, de transitions, de respirations.
– Les doubles pages avec les smokings, à la fin, sont magnifiques. On voit bien le travail entre les vides et les pleins dont vous parliez tout à l’heure.
– BB : Oui, j’ai utilisé des chutes de découpes – certaines ont été faites volontairement pour cette séquence, d’autres ont été récupérées sur des découpes plus anciennes. Et puis le papier découpé amène quelque chose de beaucoup plus sec que le dessin. Comme le papier, ici, est découpé au cutter, j’obtiens des traits droits que je ne pourrais pas avoir en dessinant.
– Avec quelque chose qui tend vers l’abstrait.
– LHP : Ça évoque la fin de l’histoire, la fin d’un cycle, de manière graphique.
– Pour revenir encore une fois à l’histoire de l’art, les artistes que vous évoquez dans Smoking sont souvent des avant-gardistes. Est-ce que vous pensez que la mode est un art et que, comme l’art, elle peut être vectrice de changement ?
– LHP : Pierre Bergé disait : la mode n’est pas un art, mais il faut un artiste pour la faire. L’art et la mode relèvent du même processus : on part d’une individualité, de quelqu’un qui a une certaine sensibilité, qui va recueillir les signes de son époque et qui va les retranscrire sous forme de tableaux, de sculptures ou de vêtements. Cette présence des œuvres d’art, dans le livre, ça veut dire ça aussi : ce sont des objets esthétiques, mais ce sont aussi des objets sociologiques, politiques. Le vêtement découle de codes sociaux, mais par le biais d’un couturier comme Yves Saint Laurent, il devient un outil de prise de pouvoir. À partir du moment où l’on en maîtrise les codes, on peut s’en servir pour retourner l’arme contre l’oppresseur.
– Vous représentez des robes d’Yves Saint Laurent inspirées par des artistes célèbres : Matisse, Mondrian, Braque… Si les artistes sont très présents dans votre livre, c’est aussi parce que Saint Laurent était un amateur d’art.
– BB : Tout à fait.
– Finalement, peut-on dire que la grande liberté de votre livre vous a été inspirée par son protagoniste, Yves Saint Laurent ?
– LHP : C’est sûr qu’aborder le travail d’Yves Saint Laurent – qui était transgressif, très libre, sensible – ne pouvait se faire avec des moyens académiques, du classicisme, des choses bien posées, bien statiques. Ça ne pouvait se faire que par de la recherche, quelque chose qui se bouscule, par une forme qu’on essaie de réinventer à notre manière afin de s’adapter à ce qu’on raconte. Et puisqu’on parle de la fluidité des genres, avec Smoking, on est aussi dans la fluidité de la narration et dans la fluidité visuelle, graphique. D’un point de vue sensoriel, cela donne quelque chose qui vibre, qui est tout le temps en mouvement.
Par Régis Duqué
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L’exposition Smoking se tient jusqu’au 19 avril.
Galerie Champaka
Rue Ernest Allard 27
1000 Bruxelles
Tel : + 32 2 514 91 52
GSM : +32 495 48 58 06
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Jeudi et vendredi : 13h30 à 18h30
Samedi : 11h30 à 18h00
L’album Smoking. La révolution Yves Saint Laurent est disponible aux éditions Albin Michel.
Toutes les illustrations sont : © Loo Hui Phang et Benjamin Bachelier - Albin Michel
Photo : © Régis Duqué