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Le tout dernier Picsou Magazine vient de sortir. La première chose qui saute aux yeux, c’est bien évidemment sa couverture. On y voit le principal intéressé poser fièrement devant… des portraits de sa personne. N’y voyons pas tant de la mégalomanie, mais plutôt la mise en valeur des étapes de vie marquantes et pleines d’histoires d’un canard à l’âge respectable. On imagine bien, hors champ, les caméras de journalistes munies de flashs.
Cette couverture, réalisée par l’Italien Andrea Freccero et mise en couleur par Andrea Cagol – désormais familiers des magazines français – venue tout droit du pays en forme de botte, décorait à l’origine un numéro de Topolino paru il y a quelques années.
Cette couverture, titrée “1001 vies d’aventure”, annonce la couleur : le retour de La Jeunesse de Picsou. Non pas la fameuse œuvre de Don Rosa – qui est sur le point d’être rééditée en intégrale chez Glénat – ni une version opposée, mais bien une d’un tout autre auteur, qui entend s’inscrire dans le “canon” de Rosa, communément admis par les fans, et dans l’héritage de Carl Barks, créateur de Picsou. Si le Finlandais Kari Korhonen prend bien quelques libertés, il s’approprie la “légende” sans jamais la dénaturer. Il use d’un coup de crayon aussi vintage qu’élégant et épuré. Ses histoires, conçues comme des journaux de bord, nous proposent des moments inédits des grandes années du canard de caractère, tant pendant la période où le futur multimilliardaire d’origine écossaise tentait de faire fortune au gré de ses nombreux périples que durant ses premières années à Donaldville.
Une majeure partie de ces récits globalement courts – dépassant rarement les 10 ou 12 pages – a été publiée récemment dans un premier hors-série. Nous avons eu l’occasion d’en parler dans nos pages.
Dans le dernier Picsou Magazine, on découvre pas moins de quatre récits, tous inédits. Les deux premiers se déroulent en Égypte et sont respectivement intitulés “La bête du Haut-Nil” et “La coutume de nos pères”. On fait ensuite un bond dans le temps pour lire la troisième histoire, “Coup de vent sur la plaine”, qui se passe dans un Kansas balayé par les vents. On termine ces journaux intimes publics par “Jamais seul pour Noël”, une aventure qui, comme le divulgue le titre, se déroule à Noël. Qui plus est, au Klondike, là même où Picsou dénichait sa “Pépite Œuf d’Oie” (voir notamment Retour au Klondike, de Barks).
Picsou a bien d’autres chroniques à nous délivrer à l’avenir, à en croire l’auteur, dans une interview en début de magazine.
Pour lire toutes ces histoires, on recommandera bien sûr de connaître un minimum l’univers de Picsou. Aussi, avoir lu La Jeunesse de Picsou de Don Rosa constitue un bagage non négligeable, même si, pour autant, ces nouveaux récits restent assez limpides.
On reste encore un peu sur la thématique de Noël – qui approche – avec Le Noël des orphelins, de Knut Naerum et Tormod Løkling, illustré par Arild Midthun. Sous prétexte d’un flashback nostalgique de Balthazar Picsou, on découvre une belle anecdote d’enfance de ce dernier, alors qu’il vivait encore dans la précarité à Glasgow, avec ses parents. Au cours de l’une de ses livraisons de tourbes – qu’il réalise pour faire subsister sa famille – le jeune Balthazar fait la connaissance de Brenda, une orpheline qu’il ne tarde pas à aider. En effet, l’orphelinat de cette dernière est menacé par le propriétaire, l’avar… McAvar. Un conte hivernal plein de solidarité, qui réchauffe franchement le cœur.
On continue sur le passé de Picsou, ou plutôt celui de sa famille, avec une nouvelle série qui met – plus que jamais – en lumière les aïeux “McPicsou”. Après Sir Edward McPicsou, dans le précédent numéro, focus sur le trisaïeul de Balthazar : Kenneth.
Une histoire maritime, Kenneth étant un marchand de son époque, à l’apogée du commerce mondial au cours du XVIIIe siècle. Le marin suit la piste non pas du Marsupilami, mais du Kelpie, un cheval aquatique des légendes écossaises – terre natale de la famille de Picsou, vous l’aurez compris.
Une histoire dont la colorimétrie est assez sombre. En tout cas, suffisamment pour être mentionnée. Le scénario est signé Luca Barbieri, déjà auteur de plusieurs épisodes des aventures magiques du trio Mickey, Donald et Dingo, intitulées Le cycle des magiciens – série qui a eu ses heures de gloire dans les pages du regretté Mickey Parade Géant.
Quant aux dessins des "Voyages extraordinaires de Kenneth McPicsou", ils sont d’Umberto Sacchelli, qui signe ici sa toute première BD Disney. Kenneth McPicsou, à l’instar des autres protagonistes de cette série produite par Disney Publishing Worldwide, ne sort pas du chapeau du premier venu. Il est tiré d’un récit classique de Barks, Arnach McChicane, où le passé du commerçant sert de prétexte à l’aventure, apparaissant même brièvement à travers un flashback.
Enfin, ce Picsou Magazine se referme, comme à l’accoutumée, avec une poignée d’histoires davantage vintage et, pour certaines, multi-rééditées, à l’instar de quelques courtes aventures de Donald Duck par Carl Barks. Notons Noël glacial de 1945 et Les mésaventures d’un sapin de Noël de 1958.
Ce numéro est à retrouver en kiosques et autres marchands de journaux. Est offert en supplément un magnet à l’effigie d’un des personnages de l’univers des canards de Disney. Six sont à collectionner (Donald Duck, Gontran Bonheur, Balthazar Picsou, Popop Duck, Miss Tick de Sortilège, ainsi que l’un des neveux de Donald, en uniforme de Castor Junior.). Ces sympathiques petits suppléments, qui orneront sans aucun doute bien des réfrigérateurs, sont apposés aux magazines uniquement dans les points de vente. Les abonnés, eux, se contenteront une fois de plus d’un booster découverte de cartes Pokémon. Haut les cœurs.
Par Rémi BARNAULT
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Picsou Magazine n°590 - Unique Héritage Presse - : 7.99€. Donc 47.94€ pour collectionner les 6 magnets.