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Loin du monde enchanté des contes de fées, le récit de Fred Duval et Philippe Scoffoni se déroule dans un futur possible, où les jouteurs entrent dans la lice à cheval sur des VTT et où les jeunes pages partent en forêt pour une randonnée détox. Entre Alsace et région lyonnaise, les châteaux rappellent à la fois le Haut-Koenigsbourg et Louis II de Bavière, mais sous une forme largement rapiécée.
Il faut dire que la civilisation industrielle s’est effondrée, ce dont témoignent les éoliennes abattues au milieu des arbres, même si l’extractivisme se poursuit, limité à des quantités énormes de bois à brûler. Les dernières technologies de pointe sont réservées aux riches et aux puissants, comme le téléphone mobile ou les hétérogreffes porcines. Pour le reste, domine le retour au Moyen-Âge.
Entre chiens à prothèses vocales, herbivores devenus charognards et tueurs crétins mi-hommes mi-gorets, un militant environnementaliste qui murmure à l’écorce des arbres va tenter de sauver la princesse en partie contre son gré. L’ébullition génétique de la nature et les dérèglements des corps assurent une bonne part de la progression de l’intrigue. Le trait du dessinateur est rapide comme une esquisse, mais rehaussé par une mise en couleurs subtile et des cadrages efficaces, qui nous valent des engins et costumes dignes des meilleurs opéras.
De la conclusion, qui révèle l’identité réelle de l’héroïne, on ne dira rien pas plus que du final en apocalypse qui illustre de manière saisissante le thème, cher à Philippe Descola, des « soulèvements de la Terre ».
Par Marcelin SWITCH
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Neo Forest T. 2, les Animas – Par Fred Duval & Philippe Scoffoni – Ed. Dargaud
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