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Bon
15 avril 2026
Une autre fée apparaît alors, sous la forme d’une gamine de douze ans qu’il surprend en train de squatter son bateau. Fauchée mais maligne, elle lui propose de monter un coup qui devrait rapporter un paquet de dollars. Une « bonne histoire » commence alors.
Le début de cet album a tout pour faire craindre une explosion de testostérone : grosses moustaches, jeux de biceps, concours de torchées de gueule au pays des bootleggers.
Qu’on se rassure : la suite échappe largement à ces clichés. Vers la page 50, par la grâce d’une presque-enfant, le récit bascule vers autre chose. Avec subtilité, les auteurs renversent la perspective. Le gros mec débordant de virilité ne mènera plus le jeu. La jeune fille manipule gentiment l’écrivain, et le Cubain qui lui servait de sparring-partner (ou plutôt de punching-ball) se venge de l’humiliation coloniale. À la fois hommage respectueux et fine raillerie, ce scénario malin va jusqu’à imaginer la source du plus fameux roman d’Hemingway, publié à la veille de son prix Nobel. Tout le monde l’aura reconnu, puisque le titre de l’album en est un démarquage.
Jaillissant, un dessin rapide au possible incarne cette petite fable tropicale, sans états d’âme excessifs. Le décor est posé par des images en pleine page sur lesquelles l’œil s’attarde, comme sur la séquence muette du combat final. Au détour d’une case, on croit reconnaître Ordralfabétix à la halle aux poissons ou Tif et Tondu en piliers de bar : des allusions par touche, sans insister. Une playlist est indiquée au début pour accompagner chaque chapitre. Ambiance.
Par Marcelin SWITCH
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