Bon
18 novembre 2024
Les tribus indiennes des Iroquois et des Hurons étaient déjà plus ou moins sur le pied de guerre, lorsque les Français et Anglais viennent s’affronter sur leur territoire. Celles-ci doivent choisir un camp. Opportunité d’anéantir l’autre et de conquérir ses terres ? Rien n’est moins sûr. Les Indiens réalisent sans peine que le vainqueur ne partagera pas le fruit de la victoire.
Certains préfèrent garder la neutralité. Ils se terrent et évitent d’être impliqués dans les combats. Si pour les autochtones, ce choix suspect peut encore être accepté, il n’en est pas de même pour le coureur des bois Français Jacques carabine dont on suit les pérégrinations.
Ohio : La Belle Rivière propose une histoire bien construite où les intrigues sont tissées entre elles, imprimant un rythme de lecture agréable. Des séquences de dialogues denses mais fluides alternent avec quelques planches muettes où l’action prime. On avance ainsi dans le récit comme on progresse lentement à travers bois avant d’embarquer sur une pirogue et se laisser emporter précipitamment par le courant narratif. Fred Duval n’est pas à son coup d’essai et démontre avec cette nouvelle trilogie tous ses talents de conteur.
Graphiquement, le dessin généreux en détails de Brada nous emporte dans cette nature américaine sauvage à la rencontre de personnages typés et représentatifs de ce genre de récit. On pense inévitablement entre autres au Dernier des Mohicans. Les vêtements, accessoires, uniformes, armements ainsi que le mode de vie des amérindiens (habitat et agriculture) démontrent de la rigueur et de la précision nécessaires à la BD historique.
Mentionnons pour terminer le coloriste Fernandez dont on peut observer le travail dès la couverture nous montrant un amérindien accroupi et observant son reflet dans la rivière qui charrie une nappe de sang.
Par David SPORCQ
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