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Bon
25 avril 2025
Avec Les moutons veulent du sel, le public français découvre un dessinateur et éditeur, l’Italien Emanuele Cantoro [1]. L’histoire raconte les aventures de Christian, 13 ans, à la vie difficile, dans une banlieue d’une ville italienne. Son père est alcoolique, sa mère malade, ses copains pas toujours sympas. Son frère Francesco, par contre, est son meilleur soutien, qui l’invite à une petite virée au bord de la mer, inconnue de Christian jusqu’alors. Ce sera une belle journée, d’autant que Christian y rencontre aussi un berger et son troupeau de moutons. La vie de Christian en est transformée.
Ce récit d’apprentissage, qui nous entraîne sur des terres inhabituelles, est porté par un graphisme tout aussi singulier. E. Cantoro recourt en effet au seul crayon à papier, avec lequel il est capable d’esquisser ses personnages et lieux. L’utilisation de coups de crayon multiples remplace parfaitement les couleurs. On a l’impression d’avoir le dessin directement sous nos yeux, d’autant que les coups de gomme sont présents, permettant de rendre le mouvement de manière saisissante. Impressionnant.
Le revers de la médaille est, parfois, un certain manque de lisibilité du dessin, rendant par exemple difficile l’identification de l’objet (un sachet de drogue ?) découvert par la mère de Christian dans les mains de son mari. On peine par ailleurs à situer l’histoire dans le temps, car si les jeunes possèdent sweats à capuche et scooters, et utilisent un langage très actuel, aucun ne possède de portable. Curieux, mais preuve sans doute que le récit se veut plus métaphorique que pleinement réaliste.
Ces quelques réserves ne doivent pas nous empêcher de découvrir un auteur au ton et au dessin si affirmés.
Par Philippe LEBAS
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[1] On pourra consulter ses autres travaux sur son site Internet