On en parle suffisamment pour ne pas s’appesantir sur cette guerre à répétition qui oppose Israël et le Liban à plusieurs reprises ces dernières décennies : en 1978, première guerre en vue de faire reculer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui campe littéralement dans le pays des cèdres.
En 1982, nouvelle guerre qui provoque le départ des combattants palestiniens – notamment suite au massacre de Sabra et Chatila- mais qui entraîne dans la foulée la création du Hezbollah avec l’aide active de l’Iran.
En 2006, une opération contre le Hezbollah oblige un million de Libanais à quitter leur foyer et a pour principal résultat de conforter la milice chiite dans une domination de fait d’un pays multiculturel où catholiques et musulmans vivent ensemble depuis longtemps.
Enfin, suite à la Guerre de Gaza consécutive aux massacres du 7 octobre 2023 en Israël par le Hamas, une campagne de bombardements en 2024 met à nouveau plus d’un million de Libanais sur la route, Israël éliminant la plupart des responsables du Hezbollah, ce qui crée une situation nouvelle au Liban qui permettra peut-être à l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son pays…
Depuis quelques jours enfin, une guerre ouverte entre les États-Unis, Israël et l’Iran, provoque une nouvelle intervention contre le Hezbollah. Le Liban est à nouveau bombardé.
Ajoutons à cela la terrible explosion du Port de Beyrouth en 2020 qui avait déjà fait l’objet d’un échange entre les deux artistes pendant la pandémie du Covid, pages où l’incompréhension se mêle au désespoir.
Contre la guerre
Sans pathos mais avec lucidité, ils dialoguent avec leur dessin : crayons de couleur, encre ou poudre de graphite pour Michèle ; technique mixte avec encre, frottis et aquarelle au pinceau pour Berberian.
Chacun s’exprime de son point de vue, avec sa perception des choses, entre Beyrouth et Paris. Le dessin de Charles Berberian est charbonneux, angoissé, nourri par la rencontre avec d’autres Libanais résidant à Paris ; celui de Michèle Standjofski balance entre constat consterné, vociférations colorées contre le gouvernement israélien et moments de répit où la dessinatrice vient respirer dans son jardin, face à la mer. Les cèdres éternels se penchent sur elle et lui soufflent à l’oreille que, décidément, les arbres sont moins cons que les humains.
Par Didier PASAMONIK
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« Et toi, comment ça va ? » par Michèle Standjofski et Charles Berberian - Editions Casterman
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