The Painted Crime - Par Stefano Martino - Éd. Glénat

Par Damien BOONE Très bon 17 mars 2026 
Après être revenu du front alsacien, Peter Graham a retrouvé Los Angeles. Il est cassé, désabusé et alcoolique. Il vivote en tant que détective privé minable, confiné à des histoires d’adultère et de fraudes à l’assurance. Jusqu'à ce qu'il mette le doigt dans un engrenage qui l'emmène dans les arrière-cours sordides d'Hollywood.

Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Peter est revenu à la vie civile, rongé par ses démons, d’autant que sa fiancée, Anne, est partie vivre avec un autre durant le conflit. Seule la peinture, qu’il pratique à ses heures perdues, l’extrait de cette vie sans ambition. En France, un de ses camarades, Edward, est mort au front, sous ses yeux, et à sa place. Agonisant, Edward a fait jurer à Peter de remettre une trompette à son frère, Clark, un musicien de jazz renommé de la Côte Ouest. Peter met un point d’honneur à payer cette dette personnelle, mais la quête de l’individu s’avère plus complexe que prévu. Avec l’aide de son meilleur ami Jonathan, journaliste au Times, il plonge alors dans les coulisses d’un système prêt à tout pour conserver sa domination et éliminer ceux qui viennent le perturber.

The Painted Crime - Par Stefano Martino - Éd. Glénat

La superbe couverture donne le ton : Stefano Martino s’inscrit dans les pas du polar noir des années 1940. La neige, la pluie et les ruelles sombres plantent le décor de ce Los Angeles de 1947, en noir et blanc. Le trait est réaliste, et tant les perspectives proposées que le découpage rappellent un procédé cinématographique, renforcé par certaines cases évoquant la pellicule d’un film.

Le récit passe d’une quête personnelle à une enquête criminelle de grande envergure, où l’on rencontre rumeurs, silences, suicides et disparitions. Au-delà de la progression du récit et de son dénouement, très réussi, l’enquête évoque en filigrane la nécessité de sauver les apparences pour survivre : c’est le cas pour les pourris d’Hollywood qui prospèrent en mettant en avant l’art pour mieux masquer leurs turpitudes. C’est aussi le cas pour Graham, un personnage au profil complexe, qui porte en lui des contradictions. Il est à la fois autocentré sur ses maux, mais sa démarche est d’une infinie générosité ; sa capacité à réfléchir froidement et rationnellement contraste avec la violence dont il fait preuve pour sa survie. En cela, il agit en détective comme au front : c’est lui ou les autres.

Par Damien BOONE

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782344067246
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Damien BOONE  
A LIRE AUSSI  
Albums