Excellent
25 mars 2026
Premier opus d’un one-shot en deux volumes, Mea Culpa évoque le rôle joué par l’Église catholique sous le IIIe Reich, lors de la Seconde Guerre mondiale. Cet album, réalisé par Jean-Christophe Brisard et Michael Malatini , démarre très fort, avec un officier SS cerné par des soldats russes dans une église en ruine, sur le front de l’Est. Cet homme est le commandant Karl Neuhaus, l’un des chefs des services secrets de la SS, en charge de la section spéciale pour les questions religieuses. Il a quelques secrets d’État à offrir aux Russes en échange de sa vie sauve… Comme dans une bonne série télévisée, la suite se déroule dix mois plus tôt, au printemps 1944, au Vatican, avec un délégué de l’Église allemande qui recueille une information qui a le poids d’une bombe : le Pape Pie XII a activé sa diplomatie pour qu’un accord de paix soit signé entre les Anglo-américains et les Allemands, afin de contrer efficacement le péril communiste russe qui menace l’Europe.
Mais, pour cela, il y a un préalable incontournable : l’élimination du Führer, Adolf Hitler ! Entre réalité et fiction, c’est dans ce contexte que surgit « l’opération Walkyrie », le 20 juillet 1944. Cette tentative de coup d’État, qui devait assassiner Hitler, échoue de peu mais ébranle le régime nazi. Pour les conjurés, le pire est à venir : le Führer se montre sans pitié pour ces « traîtres », à commencer par ceux qui apparaissent comme les instigateurs de ce complot : l’Église allemande et le Vatican. Dès le 20 juillet au soir, le chef de la Gestapo, Heinrich Müller, charge Neuhaus d’éradiquer tous les résistants catholiques jusqu’au dernier. Personne ne doit être épargné, nii les évêques, ni même le pape… Commencent alors d’abominables rafles dans toutes les églises d’Allemagne et au sein de la hiérarchie catholique allemande.
Le scénario de ce thriller historique spectaculaire est l’œuvre de Jean-Christophe Brisard, écrivain, journaliste et auteur de documentaires, dont les ouvrages d’investigatios, basés sur des faits réels, connaissent un vrai succès. Pour Mea Culpa, il s’est notamment inspiré de sources rares issues des archives allemandes et russes. Une matière première idéale pour concevoir un album où l’action et la peur sont omniprésentes, dans une chasse aux catholiques menée par un IIIe Reich aux abois, pris en étau par l’avancée des forces anglo-américaines et russes.
Côté graphisme et couleurs, le dessinateur italien Michael Malatini, auteur de plusieurs volumes dans la collection Ils ont fait l’Histoire (Glénat/Fayard), livre des planches dynamiques, avec un trait expressif qui accentue la fureur des nazis et la peur des fugitifs. Mention également pour la qualité de la couverture, graphique et efficace, qui se remarque de loin. Nul doute que le lecteur attendra avec impatience le second tome de cette bande dessinée historique passionnante, entre fiction, espionnage et drame religieux, qui interroge le rôle de l’Église durant la Seconde Guerre mondiale.
Par Dominique ERNST
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Mea Culpa tome 1 – Brisard & Malatini – Glénat - 16€