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Maya T.2 Auprès de mon arbre - Par Adam - Ed. Glénat

Par Rémi BARNAULT Très bon 19 juin 2025 
Avec ce deuxième tome de Maya, sa première série en solo, Adam – jusque-là connu comme fidèle collaborateur de Midam – confirme toute l’étendue de son talent en tant qu’auteur complet. Il y affirme un style personnel, nourri de références mais résolument singulier. Une mention spéciale pour Philippe Ory, coloriste talentueux de la série, malheureusement disparu en cours de réalisation de l’album.

Petite fille, grandes questions

D’apparence, Maya est une mignonne et gentille petite fillette. Mais elle ne se résume pas à cela.
De manière générale, les enfants ont une certaine curiosité propre à leur âge. Maya, elle, en regorge. Dotée d’un esprit vif, d’une culture étonnante pour son âge ainsi **que d’**une répartie désarmante, les balades de Maya constituent de vrais cheminements initiatiques. Une fillette au regard acéré sur le monde, mais aussi au cœur blessé par la disparition brutale de ses parents et recueillie depuis par son oncle Eugène.

Maya T.2 Auprès de mon arbre - Par Adam - Ed. Glénat
© Glénat.

Dans le premier opus, Maya - Poussières d’étoiles, Maya trouvait réconfort et stimulation intellectuelle auprès de deux piliers : son oncle et Léonardo, dit Léo, un garçon aussi précoce que fidèle, dont le prénom n’est pas le seul clin d’œil à Da Vinci. Ensemble, ils abordent des sujets de vie et de société. Le tout dans des dialogues aux allures de petites joutes philosophiques, ponctuées d’humour, de tendresse et d’une touche de naïveté propre à l’enfance.
Chaque propos est nuancé, les personnages en viennent même à se remettre en question, ce qui est d’autant plus intéressant. Bien que riche et documenté, cet univers s’octroie une part de fantaisie et ne se prend pas toujours au sérieux. ça reste une BD d’humour jeunesse.
Le premier tome s’achevait sur un véritable coup de théâtre : Maya, croyant ses parents de retour, se précipitait… pour finir percutée par une voiture. La fillette se retrouve ainsi dans un état comateux, à l’hôpital. Un bien troublant cliffhanger. Heureusement qu’on a la suite.

© Glénat.

Ce deuxième tome s’ouvre avec une tension inédite, Maya étant toujours hospitalisée dans le coma. À son chevet, se succèdent son ami Léonardo, son oncle Eugène… mais aussi ses parents, bel et bien de retour. Ce point de départ ouvre un récit structuré en aller-retours entre scènes dans le présent à l’hôpital et flashbacks, plutôt dans la continuité des aventures du premier tome. Ce va-et-vient narratif, un peu déroutant au premier abord, peut donner l’impression que Maya s’est finalement réveillée, pour retomber dans le coma et ainsi de suite — presque comme un running gag douteux — mais il n’en est rien. Il s’agit bien de nombreux flashbacks.

© Glénat.

L’arbre qui murmurait à l’oreille des enfants

Quand elle ne se balade pas, Maya aime prendre de la hauteur. Littéralement. Elle se hisse souvent au sommet de son arbre fétiche, un gros Orme d’Amérique, pour observer le monde sous un autre angle. Cet arbre, avec lequel elle parvient désormais miraculeusement à dialoguer, devient un véritable partenaire de réflexion, figure de sagesse ancestrale. Cette idée, poétique et un brin surréaliste, permet d’ouvrir le récit à de nouveaux questionnements.

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D’ailleurs, les thématiques écologiques restent bien présentes en toile de fond, mais s’enrichissent dans ce nouvel opus d’autres sujets graves, comme la mort, le devoir de mémoire ou de sombres pans de l’histoire mondiale. Autant de thématiques abordées avec finesse et intelligence, sans jamais trahir la sensibilité de ses jeunes personnages. Les réflexions naissent toujours d’un échange, d’un émerveillement ou d’une inquiétude d’enfant. Le récit garde cette fraîcheur, sans jamais asséner de vérités définitives. Ainsi on ne tombe pas dans le moralisme pur et dur, ni dans un quelconque procès de l’humanité. Mais à réfléchir.

L’une des belles réussites de ce deuxième volume est le développement de la relation entre Maya et son oncle, empreinte d’une profonde tendresse. On découvre ce dernier parfois dépassé, à devoir s’occuper tout seul d’une nièce aussi atypique. On peut se risquer à faire un rapprochement entre l’oncle Eugène et Donald Duck, même s’il est loin d’en avoir le caractère. D’autres personnages gagnent aussi en relief.

© Glénat.

Avec Maya - Auprès de mon arbre, Adam livre une suite plutôt réussie et qualitative. L’album égale, voire surpasse, le précédent en intensité émotionnelle comme en richesse narrative.
Le style graphique, qui n’a pas bougé d’un iota, évoque l’américain Bill Watterson (Calvin & Hobbes), lui-même inspiré par Charles M. Schulz (nul autre que l’auteur des Peanuts). L’auteur de Maya glisse d’ailleurs un petit clin d’œil à l’œuvre de Watterson. Le ton et l’univers, lui, oscille entre les Peanuts (tiens donc) et l’iconique Mafalda de Quino. Pour autant, Adam parvient à forger sa propre identité et à nous livrer une œuvre à part, originale, délicieuse et dans l’air du temps. On ne peut qu’attendre la suite avec impatience pour en savoir plus sur le sort de Maya.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9782344054543

Le tome 2 de Maya est disponible aux éditions Glénat pour 14,50 €.

Glénat ✏️ Adam 🎨 Philippe Ory 🎨 BenBK à partir de 8 ans Humour Tranche de vie Philosophie France
 
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PAR Rémi BARNAULT  
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