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Bon
10 juillet 2025
Depuis plus de vingt ans, les albums de Game Over s’enchaînent avec un rythme effréné, sans montrer de signes de fatigue. Et pourtant, le running gag éternel tient sur un petit bout de papier : un petit barbare de jeu vidéo qui part à la rescousse d’une princesse en détresse. Le barbare, loin du stéréotype du prince grand et beau, n’est pas non plus affublé d’un cheval blanc.
Ce court sur pattes n’en reste pas moins téméraire et, il faut bien le dire, persévérant. Contrairement à de nombreux héros de jeu, le petit barbare n’a pas un nombre de vies déterminé. On peut se risquer à le comparer à Sisyphe, condamné dans la mythologie grecque à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, sans jamais parvenir à le stabiliser : à chaque tentative, il retombe. Comme lui, notre héros rejoue sans fin la même scène vouée à l’échec, avec détermination. Bien que ce soit certes peu flatteur de comparer un rocher à une princesse.
Pour secourir sa belle, le petit guerrier doit bien souvent combattre des créatures aussi pustuleuses que dangereuses : les Blorks. Sauf que quand ce n’est pas l’un des deux protagonistes qui meurt… c’est les deux. La recette est un bon mélange de retournements de situation bien cadrés et d’humour tournant vers le noir. La chute, cruellement fatale, se voit toujours ornée des mots “Game Over” (titre) stylisés, en lien avec l’idée du gag, et avec une inventivité sans cesse renouvelée. Qui a dit que l’on ne pouvait pas rire de la mort ?
Chaque planche témoigne du potentiel et du génie scénaristique de l’équipe chapeautée par Midam. D’autant qu’exception faite des onomatopées, la BD est exclusivement muette. Il faut dire que la série a la particularité aussi d’être dotée d’un florilège d’auteurs. Citons ceux de ce dernier recueil : Patelin, Thitaume, Valérian, Benz et Gof. Mais aussi Adam et Midam (presque des anagrammes) au dessin, ainsi qu’Angèle et Benbk à la couleur.
La particularité de ce présent recueil réside en la présence d’animaux divers et variés qui servent tant au héros qu’aux monstres. Boyaux garantis cent pour cent animal.
Une sélection de gags, pour le coup, réchauffés, puisque publiés dans les albums de la série principale. D’où le fait que ce soit un best-of. La couverture, quant à elle, est inédite et il n’y a pas grand-chose à en dire si ce n’est que la mise en scène n’est pas des plus originales, et fait un peu fouillis. L’objet a toujours le mérite de nous faire patienter cet été, en attendant le tome 24 de Game Over, à paraître en septembre.
Par Rémi BARNAULT
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