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Who Killed The Hero ? T. 1 : La mémoire d’un héros

Par Jean-Luc RAZA 18 août 2026 
Que se passe-t-il après la défaite du roi démon ? De nombreux autres mangas de fantasy ont essayé de répondre à cette question, mais aucun ne le fait de manière aussi originale que How to kill the hero.

L’histoire s’ouvre sur une brève présentation de l’univers. Dans un royaume lointain, les princesses sont aussi les grandes prêtresses et héritent du pouvoir divin de celles qui les ont précédées. Seules les femmes peuvent y régner. L’homme qui épouse la princesse devient alors roi, mais pour prétendre à ce titre, il doit être issu de la noblesse. Il existe une exception à cette règle : c’est le héros. Un être désigné par les prophéties des oracles, chargé de vaincre le Seigneur Démon avant de devenir roi, même s’il n’est qu’un roturier.

Cette petite introduction, vraiment cliché, tout droit sortie d’une cinématique de Dragon Quest, sert surtout à nous rappeler que l’histoire se déroule dans un univers de fantasy RPG. Mais ce n’est évidemment qu’une façade : comme vous vous en doutez sûrement, le véritable récit est ailleurs.

L’affaire du hero-gate ?

Dans ce manga, proposé par les éditions Véga pour leur rentrée avec Ishida Akira au dessin et adapté du light novel écrit par Daken, la véritable histoire que l’on va suivre se déroule après la défaite du Roi Démon.

Les récits autour du héros sont devenus des souvenirs que les vieux vétérans racontent dans les tavernes autour d’une bière, des légendes que les parents transmettent le soir, au coin du feu, à leurs enfants. Une histoire connue de tous. Seulement, personne ne semble vraiment d’accord sur la façon dont elle s’est terminée. Car il existe une partie controversée du récit sur laquelle personne ne s’accorde et qui fait désormais l’objet d’un véritable débat historique : la mort du héros.

À la fin de son périple, celui-ci disparaît sans laisser de trace et est finalement déclaré mort. Cette zone d’ombre historique alimente évidemment les débats et fait naître toutes sortes de théories du complot. Et une question persiste : « Qui a tué le héros ? » C’est par cette interrogation que le récit, le vrai, celui que nous allons suivre, commence véritablement.

Le héros : la success story ?

Tout démarre avec une jeune historienne qui décide de mener une enquête afin de démêler le vrai du faux. Après avoir recueilli les témoignages des gens du peuple que le héros a autrefois sauvés, elle va à la rencontre de ses anciens compagnons : ceux qui l’ont suivi au cours de sa quête. Et c’est là que le récit prend une tournure bien différente de ce qu’on pouvait attendre.

À la manière d’un documentaire, ses amis vont se succéder pour raconter l’histoire de ce valeureux héros. Ils vont surtout chercher à déconstruire la légende qui s’est construite autour de lui pour montrer ce qui s’est réellement passé.

Très fidèle à ce que Daken a écrit dans son light novel, le récit repose ainsi sur deux lignes temporelles différentes : le passé et le présent. Dans le présent, les amis du héros font l’éloge de l’homme qu’il a été et des changements qu’il a apportés au royaume. Ils racontent notamment comment il a encouragé la mise en place d’une forme de méritocratie, permettant aux gens du petit peuple d’accéder aux académies. Dans le passé, on découvre directement ces changements à travers les yeux de ses compagnons, dont on suit l’évolution après leur rencontre avec lui. Autrefois nobles et arrogants, ils vont peu à peu remettre en question leur propre vision du monde.

C’est une petite trouvaille narrative intéressante : raconter l’histoire d’un héros, non pas à travers ses propres yeux, mais à travers ceux de ses amis. Évidemment, ses amis le décrivent tous de la même manière : comme un idiot bien intentionné qui a voulu changer le monde et qui a réussi. En d’autres termes, c’est un protagoniste de shōnen totalement classique, comme on en trouve souvent dans les œuvres similaires. Naïf et rêveur, il apprend tout ce qu’il doit apprendre et devient peu à peu surpuissant.

D’après une histoire à moitié vrai ?

C’est à ce moment précis qu’on commence à se demander à quel genre de récit on a réellement affaire. On s’attendait à une enquête policière à la Agatha Christie et, pourtant, on se dirige vers quelque chose qui ressemble davantage aux « mémoires d’un héros ». Et pourtant, même si l’on commence à avoir l’impression de comprendre l’intention de l’œuvre, la fin du premier tome nous rappelle que quelque chose cloche avec cette histoire. Nous n’avons pas encore toutes les réponses.

La suite promet d’être plus riche en révélations, mais aussi en action. Car on est en droit d’espérer que le choix d’Ishida Akira pour le dessin n’est pas dû au hasard. Avec le dessinateur du manga de Fate/Apocrypha aux commandes, on peut tout de même espérer quelques bonnes bastons dans les tomes suivants... Dans tous les cas, ce premier tome nous fait beaucoup de promesses.

Par Jean-Luc RAZA

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Code EAN : 9782808703550

Who Killed The Hero ? T. 1 - Par Ishida Akira, d’après Daken - Ed. Vega

Who Killed The Hero ? Vega ✍ Daken ✏️ Akira Ishida Fantastique Japon
 
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