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Favori de la rédaction
4 septembre 2026
Kumada est un employé de bureau méthodique et obsédé par sa sécurité, physique comme affective. Véritable control freak, célibataire endurci et satisfait de l’être, il ne jure que par des maximes préventives et prend toutes ses précautions pour ne pas courir le moindre risque.
Mais son existence est bouleversée le jour où il trouve un ours énorme en rentrant chez lui ! Ce mystérieux et inquiétant squatteur s’avère être un redoutable ours... de ménage (oui, oui, vous avez bien lu !) et entraîne Kumada dans une suite de péripéties toutes plus drôles et déjantées les unes que les autres.
Pour leur nouvelle série débutée en 2024, Hiroshi Noda et Takahiro Wakamatsu conservent le côté loufoque et délirant de leur première collaboration toujours en cours, No longer allowed in another world, avec un héros moins déprimé mais tout aussi perturbé et une intrigue de départ totalement absurde et hilarante.
La cohabitation entre l’homme et l’animal donne lieu à des dialogues intérieurs désopilants, le ridicule de la situation venant percuter le sérieux des réflexions de Kumada qui analyse tout avec pragmatisme et calme, du moins au début. On voit petit à petit son bouclier de protection face au risque (comme il le dit lui-même) se fissurer, notamment lorsque toute son équipe s’invite chez lui pour une crémaillère plus ou moins improvisée et que l’ours agit comme une femme jalouse !
En choisissant ce prisme absurde, les auteurs poussent aussi à l’extrême la réflexion sur plusieurs sujets de société : quelle est l’échelle d’un risque ? Est-ce l’animal ou l’image qu’en a l’homme qui est dangereux ? Qui exagère le plus, l’animal ou l’humain ?
Par son calme, son silence et sa sagesse, l’ours (qui n’a pas encore de nom mais on espère qu’il en aura un bientôt !) est en effet bien plus raisonnable que les humains qui l’entourent, à commencer par le propriétaire de l’appartement qu’il squatte. Les scènes de la crémaillère avec les collègues de Kumada donnent aussi une impression d’inversion des rôles, l’ours étant celui qui visite le zoo des humains bruyants et envahissants.
Sa présence est là pour démontrer à Kumada que vivre sans jamais courir le moindre risque est impossible et qu’il y a toujours un moment dans la vie où le contrôle nous échappe... et qu’il faut composer avec.
Le dessin clair et parfaitement équilibré entre traits naïfs et sérieux vient visuellement renforcer le scénario. Les décors sont fouillés, les vues alternent entre focus serrés, plans à mi-distance et grands plans. L’œil reste ainsi toujours sur le qui-vive, en écho aux différents fils d’intrigues qui sont déployés dans ce premier tome et ne laissent presque aucun répit au lectorat.
Les face-à-face entre l’ours et Kumada sont des bijoux visuels, avec un angle de vue semblable à celui d’une caméra flottant dans les airs. Cela retranscrit parfaitement l’impression de temps suspendu qui marque l’incrédulité du héros.
OURS ! est donc une série drôle, bien amenée, intelligente et originale, la petite pépite de cette rentrée Véga 2026 dont on a hâte de lire la suite à ActuaBD ! Avec 7 tomes déjà publiés au Japon, son succès semble en effet bien établi et promis à un bel avenir.
Par Gaëlle BEDIS
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OURS !, T. 1 - Paru le 04/09/2026