Très bon
26 janvier 2026
Le vœu de Oreco Tachibana exprimé lors de la dernière Japan Expo est donc devenu réalité : Satoko et Shinpei deviendront des personnages d’anime ! On reviendra sur le sujet en temps et en heure sur ActuaBD, mais nous ne doutons pas que cette adaptation méritera le détour, au vu du matériau de base.
Dans ce tome 6, on retrouve Satoko et Kotaro là où on les avait laissés : sur le fil de la mort, accrochés à la paroi d’une falaise abrupte. Kotaro souhaitait extraire Satoko de l’île, mais sa maîtresse lui a fait comprendre qu’elle souhaitait rester ici pour demeurer aux côtés de Shinpei… Bien évidemment, ce dernier n’est pas loin et guette l’occasion de se débarrasser de Kotaro !
La première partie de ce tome se concentre sur les sentiments de Satoko. Elle prend pleinement conscience de son attirance pour Shinpei, ce qui va la pousser à se rapprocher (plus ou moins maladroitement) de ce dernier. Malgré ses réserves, Kotaro accepte les sentiments de sa maîtresse et va désormais tout faire pour que Shinpei soit digne d’elle.
Même s’il ne comprend pas véritablement l’inclinaison de Satoko à son égard, les lecteurs continueront de voir Shinpei évoluer, malgré des accès évidents de violence envers d’autres personnages que Satoko (ce qui permet bien évidemment d’assurer le spectacle au fil de la série).
La seconde partie de ce tome se concentre quant à elle sur les manipulations d’Asagiri, qui n’hésite pas à jouer avec les sentiments de Satoko. Pour espérer convaincre la populaire geisha d’accepter de se faire racheter sa liberté par un riche client (et permettre ainsi à l’héroïne de fuir l’île), Satoko va devoir encaisser un bien étrange marché proposé par son aînée.
Ainsi, Asagiri pousse Satoko à consommer son amour pour Shinpei le temps d’une nuit. Ce défi osé permet à l’autrice de développer une thématique rare, à notre connaissance : le rapport des femmes à leur corps. Ici, on le sait depuis le début de la série, la maladie ronge Satoko et cette dernière se demande si elle a le droit d’aimer l’élu de son cœur avec un corps malade qu’elle juge repoussant. Les tourments de Satoko sont touchants à lire et ne manqueront pas d’interpeller les lecteurs.
De même, la révélation du passé d’Asagiri dans ce tome épaissit le personnage, elle qui possède elle aussi un corps marqué par la violence, celle d’hommes influents qui régissent l’île. Là encore, nous avons trouvé le propos de l’autrice juste et touchant, donnant de l’épaisseur à l’écriture de ce personnage fantasque.
Comme elle nous y a habitués, le très joli trait d’Oreco Tachibana continue d’apporter un charme certain à l’album. Ses illustrations en pleines pages, utilisées pour marquer les temps forts — notamment sur le plan du drame romantique —, continuent de faire merveille.
La série poursuit ainsi, avec habileté, le développement de nouvelles intrigues et l’offre de moments forts à ses personnages, renouvelant avec une efficacité certaine l’intérêt des lecteurs.
Par Romuald LEFEBVRE
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Les Noces des lucioles Vol. 6. Par Oreco Tachibana (scénario et dessins). Traduction de Mathilde Vaillant. Glénat. Sortie le 21 janvier 2026. 192 pages. 7,90 Euros.