Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Excellent
4 mai 2026
L’histoire est organisée en petits chapitres où les voix de Pépère et Vanessa s’alternent pour raconter leur quotidien. On les suit donc pas à pas, entrant dans leurs habitudes et leur logique. Pour le Pépère, des retours en arrière nous apprennent les évènements à l’origine de son activité de tueur : au début, juste un accident, puis une habitude. C’est un peu la faute de cette Madame Patoulet, qui est presque rentrée chez lui de force, a beaucoup critiqué la maison et ses parents, pour finalement lui mettre le couteau sous la gorge afin qu’il vende à un promoteur. Une attitude inacceptable. Il y a eu ensuite la voisine, Madame Prunet, venue se plaindre que son chat avait déshonoré Aung-Kyi, sa chatte de Birmanie. Ces débuts ont permis à Étienne de comprendre quel était son genre de femmes. Et beaucoup d’autres ont suivi, assez naturellement.
De son côté, Vanessa rencontre Sacha, qui vit dans sa camionnette. Ils vivent de petits larcins, de prostitution, de prises d’héroine, rien de vraiment ambitieux, mais se disent que ce serait bien de s’élever un peu socialement : pourquoi pas avoir un logement à eux ? Ils jettent leur dévolu sur Hassan, un des clients de Vanessa. Mais ils n’arrivent pas à leur fin comme espéré. Forcément, dans leurs petites têtes, l’option Pépère devient tentante. Mais ils ne savent pas vraiment à qui ils ont affaire… Sans oublier Constant, clochard un peu fou, veillant sur le bon ordre dans la ville mais surtout capable d’identifier les démons, les mauvaises personnes. Il aurait peut-être fallu l’écouter...
Tous ces personnages sont assez glauques et malsains, mais paradoxalement attachants : finalement, est-ce vraiment si grave, tout ça ? On peut quand même les comprendre un peu, non ? En fait, non. Mais l’histoire est assez bien construite pour que tout arrive assez logiquement, même les choses les plus inavouables.
Emmanuel Moynot est coutumier des récits sombres, à l’humour corrosif, aux décors sombres et urbains. Publiant depuis les années 1980, il a une œuvre personnelle très caractéristique, faite d’albums en auteur complet ou d’adaptations de romans. Il a été récompensé en 2000 au Festival d’Angoulême pour son livre No direction et a repris de manière remarquée la série Nestor Burma de Jacques Tardi, adaptant les romans de Léo Malet. Pour ce livre, on retrouve un style semi-réaliste, au trait épais, aux visages bien marqués et identifiables, aux couleurs sombres, du violet au marron, que ce soit pour les ambiances intérieures et extérieures. Les décors sont réalistes et les angles de vue très variés, les planches étant constituées de grandes cases. Le scénario est fluide et l’alternance des points de vue est agréable à suivre. Les trajectoires des deux protagonistes, Étienne et Vanessa, se croisent avec logique et fluidité, et le suspense reste entier jusqu’à la dernière case. Un vrai plaisir de lecture, sombre à souhait !
Par Laurent MENUT
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Le pépère d’Emmanuel Moynot, éditions Glénat
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