Très bon
2 février 2026
Qu’on le dise immédiatement : Le Chemin derrière la maison n’a pas d’histoires d’un point de vue conventionnel. On navigue en plein onirisme, et, comme dans un rêve, il n’y a pas vraiment de début ou de fin (voire de milieu !). On y trouve des évocations, des idées, et surtout un univers visuel très fort, très inspiré.
Pour l’amateur d’ésotérisme, c’est un véritable puzzle que Jérémie Gasparutto propose, un jeu dans lequel le but serait de trouver chacune des références et inspirations qui lui ont servi dans la conception de son œuvre. La présence de Moires paysannes, d’un dieu bicéphale ou d’iconographies dionysiaques peignent un tableau multiforme et quasi abstrait.
Car dans sa forme, cet album propose des visuels très marquants et évocateurs. Dans cette iconographie, on peut encore parler de la place des masques, du rôle des enfants et des souvenirs, des rêves. Chaque « créature », même sous forme humaine, a les yeux vides, sans pupille, comme un symbole d’une ascension vers un niveau de conscience supérieur. Le corps est le vecteur de changement drastique de la personne, la mort de ce corps ne signifiant donc pas la mort de l’esprit.
Au final, on en retire une prestation visuelle et imaginaire, un appel pour se reconnecter non seulement avec la nature, mais aussi avec son mysticisme, à la recherche d’anciennes divinités disparues. On se sent l’envie après la lecture de revisiter les mythes de la forêt de Brocéliande et de Merlin, ou peut-être d’autres récits encore, celtes ou gallois. Il y manque quelquefois un peu de corps qui donnerait du fond aux thématiques abordées. Un album pour les amateurs de mythologies et de visuels évocateurs.
Par Colin BESNIER
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Le Chemin derrière la maison - Par Jérémie Gasparutto, éditions Label 619. Album paru le 21 janvier 2026. 152pages, 25.2 x 34 cm, 27.90 euros.