André Juillard à la galerie Maghen : rétrospective d’un art éternel

Par Didier PASAMONIK 31 janvier 2026 
Depuis plusieurs années, Daniel Maghen était le galeriste attitré d’André Juillard. Quoi de plus normal qu’après sa disparition le 31 juillet 2024, sa famille lui confie le soin de présenter une rétrospective, « Une Vie à dessiner » qui lui soit consacrée. Ce classique des classiques, Grand Prix d’Angoulême en 1996, soit il y a exactement 30 ans, s’était hissé dans le cœur des collectionneurs, au fil des ans, à la hauteur de ses maîtres : Hergé, Edgar P. Jacobs ou Jacques Martin. Ce qu’il verront dans cette rétrospective qui court jusqu'au 14 février 2026, achèvera de les convaincre.

Les débuts de la carrière d’André Juillard, on le sait, passent par la presse jeunesse catholique avant que le jeune éditeur Jacques Glénat ne le prenne en mains par le truchement d’une collaboration fructueuse avec Cothias. Son dessin, d’abord sage et appliqué, visant avant tout à la lisibilité, prend alors de l’assurance.

En quelques années, Juillard s’impose comme l’un des dessinateurs réalistes les plus doués de son temps. Sa ligne claire s’inscrit dans le sillage des classiques de l’Ecole belge, qu’il mêle habilement à un dessin académique classique dont la sensualité descend en droite ligne d’Ingres ou de Chassériau.

André Juillard à la galerie Maghen : rétrospective d'un art éternel
Les 7 Vies de l’Epervier par Juillard et Cothias
© Glénat
André Juillard. Crayonné pour les 7 Vies de l’Epervier.

En quarante ans, entre 1983 et 2024, Juillard produit un corpus de quelque 350 œuvres (planches, couvertures, illustrations originales...) constituant un ensemble unique de planches en noir et blanc ou en couleurs directes dont les titres déjà font rêver : Les 7 Vies de l’Épervier, Plume aux vents, Le Cahier bleu, Après la Pluie, Arno, Double 7, Masquerouge, Mezek, Léna et Blake et Mortimer d’après E.P. Jacobs, dont l’exposition donne à montrer pour la première fois les planches de son tout dernier album : Signé Olrik.

À cela s’ajoute un choix de dessins d’atelier comprenant des nus féminins, des portraits de ses célèbres héroïnes (Ariane, Louise, Ève, Léna), des paysages et des études préparatoires. En quelque sorte, la « substantifique moëlle » de son art.

André Juillard. Projet de couverture pour Léna.
©s; Juillard

Tout est là : ses diverses époques, ses différentes séries qu’elles soient historiques ou contemporaines. Chaque page, chaque suite d’images, chaque case, chaque dessin libre, chaque travail d’encrage ou de couleur est une démonstration de sa maîtrise.

Photo : Romuald Meigneux / Galerie Daniel Maghen.

Juillard, ce n’est rien de le dire, est un classique, vraiment, souvent plus sensuel et plus élégant que ses modèles de l’Ecole belge. Dépassant l’exercice d’admiration qu’il voue à ses maîtres (dans son atelier, il y a sous ses yeux des dessins originaux de George McManus ou de Moebius…), Juillard déroule son propre style avec simplicité et assurance.

Blake & Mortimer par André Juillard
© Ed. Blake & Mortimer

Quand il reprend Blake et Mortimer à la suite de Jacobs, de Bob De Moor et de Ted Benoît, c’est à la fois dans le parfait respect de l’œuvre originale sans jamais que cela tombe dans le pastiche ou dans le manière servile. Le geste théâtral de Jacobs reprend avec lui un peu de naturel. S’il laisse les couleurs des aventures des deux Britanniques à Madeleine De Mille, également coloriste de Ted Benoît, c’est pour mieux s’attarder sur les modelés des planches dont il réalise lui-même les couleurs directes.

Son dessin est solidement construit, sans l’ombre d’une faute de proportion ou de perspective, éminemment élégant, et d’une lumineuse acuité. Quelque chose d’une perfection classique vouée à l’éternité

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782356740830
Glénat Dargaud Blake et Mortimer France Exposition
 
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29 Messages :
  • Éternel André Juillard
    31 janvier 23:16, par Erik A

    "Les débuts de la carrière d’André Juillard, on le sait, passent par la presse jeunesse catholique avant que le jeune éditeur Jacques Glénat ne le prenne en mains par le truchement d’une collaboration fructueuse avec Cothias."
    alors je dirais cher Didier que c’est surtout Henri qui a "débauché" André en faisant venir le duo à Circus, lequel Juillard travaillait déjà depuis un moment avec Cothias et pas pour les catholiques mais (grand écart) pour les communistes de Vaillant avec leur "Masquerouge" d’où dérive directement "les 7 vies"…

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  • Paradoxalement, la vidéo d’analyse du travail de Juillard par Didier Pasamonik semble montrer qu’il ne fait pas de la ligne claire. Son approche "vériste" du dessin, ses décors réalistes fouillés, sa colorisation sans aplats ..., tout cela fait que c’est plutôt un auteur classique et réaliste assez éloigné de l’esprit synthétique et même d’une certaine abstraction de la ligne claire. Reste la très grande lisibilité et netteté de son travail, qui est la marque des très grands
    _

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  • 31 juillet 2024 , date de la disparition de Juillard. Immense dessinateur qui sera toujours regretté.

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  • Je trouve ça horrible de gâcher son oeuvre et sa postérité avec du Blake & Mortimer, il méritait mieux, c’est dommage.

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    • Répondu le 2 février à  08:55 :

      Horrible, il ne faut pas exagérer. Ça lui a permis de vendre davantage d’albums. Et Blake et Mortimer est un classique.

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      • Répondu le 2 février à  13:36 :

        Et Blake et Mortimer est un classique.

        Le Blake et Mortimer de Jacobs est un classique, le reste c’est du commerce, du merchandizing, du boulot de mercenaires. Le problème c’est aussi que ces ersatz sont aujourd’hui plus nombreux que les œuvres originales et qu’ils noient Jacobs dans de la médiocrité.

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        • Répondu le 4 février à  22:02 :

          Ce débat est clos depuis longtemps. Les reprises sont toujours moins bien que les oeuvres originales. Mais les héros ne peuvent pas mourir. S’ils ne sont pas repris par d’autres, ils disparaissent, tout simplement. Plus personne ne lit Rocambole ou Bécassine. Blake et Mortimer, Batman, Corto Maltese sont toujours lus.

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          • Répondu le 5 février à  06:56 :

            Il faut aussi savoir laisser mourir des personnages pour faire de la place à d’autres. Sinon, on ne fera que des reprises « vu par », avec une BD qui tourne en rond et qui se vendra de moins en moins à cause du renouvellement des générations de lecteurs. L’équilibre entre entretenir des vieilles licences et en lancer des nouvelles reste casse-gueule, d’accord, mais c’est aussi le métier d’un éditeur de prendre des risques, sinon, ça devient un boutiquier pour rentiers. D’ailleurs, la qualité du dessin se perd de plus en plus, on est passé de la maîtrise graphique à de la fast-fashion de magazine de kiosque ; publier toujours plus et plus vite avec un dessin rudimentaire, comme si le public avait le niveau maternelle en terme d’éducation à l’image. Hé, les éditeurs, réveillez-vous ! Les gens ont été biberonnés aux jeux vidéo avec des images complexes et des graphismes léchés…

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            • Répondu le 5 février à  10:57 :

              Les éditeurs ne sont pas partis pour se "réveiller" comme vous dites. Par contre, espérons que l’esthétique criarde, raide et vulgaire des jeux videos ne pénétre pas trop la BD. Elle a déjà fait assez de mal aux comics américains pendant des années, avant qu’une nouvelle génération de dessinateurs ne comprenne qu’il ne sert à rien de noyer un dessin mal fichu sous des tonnes d’effets Photoshop.

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              • Répondu le 5 février à  13:20 :

                Oui, mais depuis, les jeux vidéo ont fait un bond gigantesque par la qualité de leurs imaginaires visuels et des textures utilisées pour les rendre crédibles. Pendant ce temps dans la BD, les éditeurs se copient dans les graphismes minimalistes et ratés à l’image de la BD du réel et des biopics, dont c’est la norme.

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                • Répondu le 5 février à  18:20 :

                  La BD dite "du réel" ou le "Roman Graphique" (qui curieusement désigne surtout de la non-fiction) proposent généralement un graphisme minimal, parce qu’il est impossible de dessiner 150 pages de dessins touffus et détaillés en étant si peu payé. Mais minimalisme ne signifie pas forcément médiocrité : au contraire les plus grands génies de la BD (Winsor McCay, Hergé, Schulz, Morris, Pratt, Toth etc) étaient tous des maîtres de l’épure. Bien sûr, ce n’est pas donné à tout le monde d’être minimaliste et génial. Vous aimez visiblement le graphisme des jeux vidéos et c’est votre droit, mais la recherche d’un rendu toujours plus photographique, avec des textures et des mappings toujours plus proches de la réalité, n’a pas grand chose à voir avec le travail d’un auteur de bandes dessinées.

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                  • Répondu le 6 février à  08:53 :

                    L’épure n’empêche pas la profusion de détails et un dessin plus complexe qu’il n’y paraît comme celui de Windsor McCay ou Hergé. Schultz ou Morris étaient dans l’humour ce qui permet un tout autre « relâchement » dans le dessin. Quant à Pratt ou Toth, leur démarche se signifiait par « l’abstraction » de la matière au profit de celui de la lumière par des aplats. Tous ces auteurs n’ont rien à voir avec la BD du réel dont souvent le graphisme provient d’illustrateurs ou d’illustratrices plus abonnés à l’édition jeunesse qu’à celui de la BD. D’où un minimalisme proche d’un dessin hasardeux. Quant à la qualité des jeux vidéo, que vous le vouliez ou non, il éduque l’œil du public vers un certain réalisme qu’il ne retrouve plus dans la BD et qui existait avec le dessin dit « classique » que pratiquent encore les Italiens ou les Serbes.

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                  • Répondu le 6 février à  10:20 :

                    Et Will Eisner, qui dépassait souvent les 110 planches, c’était pas des dessins « touffus et détaillés » ? Faut relire ses classiques…

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                    • Répondu le 6 février à  13:42 :

                      Will Eisner était probablement mieux payé que les artistes qui font du roman graphique aujourd’hui. Concernant le réalisme, si on peut espérer qu’il revienne à la mode dans la BD aujourd’hui, difficile de souhaiter qu’il s’inspire des textures et du mapping façon CGI ultra-vulgaire des jeux videos. Mais ce sera peut-être le cas quand on achètera des BD dessinées par IA.

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                      • Répondu le 6 février à  18:11 :

                        Ce sera probablement le cas en effet. Pour l’instant, les IA génératrices semblent obsédées par la recherche (pourtant vaine) d’un hyper-réalisme photographique. Elles ne connaissent rien à l’histoire de l’Art. Au tout début, il y a deux, trois ans, elles semblaient faire une fixette sur le style un peu kitsch des Préraphaelites… mais c’était fortuit : aujourd’hui, quel que soit le prompt, l’IA copie la photo. C’est nul, mais c’est rassurant quelque part : plus l’IA cherchera à imiter le réel, plus les artistes humains auront de chances de survivre. Par contre, dans un premier temps, les photographes et les cinéastes sans talent sont foutus.

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                        • Répondu le 6 février à  20:46 :

                          L’IA va vite, et apprend très vite. On trouve sur la toile des planches façon « Blake & Mortimer » pas si nulles que ça. Tout va dépendre des éditeurs et de leurs exigences de rentabilité. Merci M. Juillard pour votre œuvre qui perdurera encore longtemps.

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                        • Répondu le 6 février à  22:47 :

                          "L’épure n’empêche pas la profusion de détails". LOL. Qu’est-ce qui faut pas lire comme âneries, ici.

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                          • Répondu par Crot le 7 février à  08:42 :

                            Ben ouais, l’épure ça ne veut pas dire dessin minimaliste, mais la recherche du trait parfait. Il y a trop de daubes minimalistes qui sont publiés et cette mauvaise production sature le marché. Les gens n’ont plus les moyens d’acheter en masse de la BD. Le jeu des flux et des retours tuent la BD, nourrissent le pilon et asphyxie les libraires. Quant il n’y aura plus de libraires, à part Amazon et dans les Hypers, qui vendra encore des albums ?

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                            • Répondu le 7 février à  15:11 :

                              Vous noyez le poisson pour faire oublier votre jolie perle. Quant à la personne qui veut se rassurer en écrivant que pour l’instant, l’IA se contente d’imiter la photo, il devrait savoir que la BD sous IA est déjà là et que ça va être un déferlement. Jetez un coup d’œil chez nos voisins de la BD et de l’édition jeunesse : les illustrateurs et illustratrices sont déjà massivement remplacé/es et privé/es de travail, et comme dans ce métier, on ne touche pas d’allocation chômage…

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                            • Répondu le 7 février à  16:55 :

                              "Il y a trop de daubes minimalistes qui sont publiés et cette mauvaise production sature le marché." Traiter des livres de "daubes" montre la considération que vous avez pour les artistes. "Le jeu des flux et des retours tuent la BD, nourrissent le pilon et asphyxie les libraires." Ne vous inquiétez pas trop pour les libraires, ils ont très bien profité de ce système.

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                              • Répondu le 8 février à  09:57 :

                                Il y a des gens qui sont doués pour un métier et d’autres pas, même avec des années de formation. C’est comme ça dans tous les métiers. Le terme « artiste » ne veut plus rien dire tellement il est employé à toutes les sauces, même un Youtubeur qui brasse du vide mais qui fait des millions de vues est considéré comme un « artiste ». La Bd c’est de l’artisanat. Le problème des daubes, ce ne sont pas les gens qui en font, mais ceux qui en publient.

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        • Répondu le 4 février à  22:03 :

          La BD a toujours été du commerce, comme toutes les littératures populaires. Si les albums de Blake et Mortimer ne s’étaient pas bien vendus, vous n’en auriez jamais entendu parler.

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          • Répondu le 8 février à  14:29 :

            Je réponds ici car au dessus c’est illisible. Les mots ont quand même un sens assez précis. Un artisan est quelqu’un qui répond à une commande. Un artiste est quelqu’un qui crée de sa propre initiative. Artiste a de plus l’avantage d’être un mot épicéne, contrairement à Auteur ou Autrice, qui eux sont mis à toutes les sauces. Un auteur ou une autrice est en principe une personne qui apporte quelque chose de nouveau, quelque chose qui n’existait pas auparavant. Ce n’est pas donné à tout le monde d’y arriver ;

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            • Répondu par Steph le 9 février à  13:12 :

              Les mots ont un sens, c’est vrai, mais dans la BD d’aujourd’hui il n’y a plus de sens. Vous pouvez créer à partir de commandes d’éditeurs, comme un artisan, ce qui arrive très souvent, mais proposer votre « œuvre originale » en tant qu’artiste, ça devient vraiment compliqué vu l’effondrement des ventes d’albums. Un artiste créé une œuvre unique (un tableau), un artisan reproduit toujours les mêmes dessins (cases). La BD est un métier d’artisan, mais vous devenez un artiste quant vous vendez beaucoup.

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              • Répondu le 10 février à  10:01 :

                Non, c’est plutôt l’inverse en général, les vrais artistes ne vendent pas beaucoup. Les gros vendeurs deviennent hélas trop souvent des faiseurs.

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                • Répondu le 10 février à  13:45 :

                  Dites ça à Jeff Koons, au prix qu’il vend ses œuvres…

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                  • Répondu le 10 février à  22:24 :

                    Jeff Koons est l’archétype même du faiseur.

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                    • Répondu le 11 février à  10:14 :

                      Alors dites ça à Ralph Meyer, Bastien Vivès, Youri Jigounov, Vincent Toulhoat, etc… des gros vendeurs.

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