Nés de deux initiatives différentes mais réunis par la même volonté, les deux principaux lieux parisiens de festivités du 9e art de ce week-end sont à présent unis sous la même bannière : celle des fêtes interconnectées de la BD.
Le collectif GirlxCott prend ses quartiers à la Maison des Métallos dans le 11e arrondissement à Belleville. L’association y organise des conférences tout le week-end pour apporter des éclairages et des réflexions autour des différentes luttes qui rassemblent le mouvement : luttes contre les violences sexistes et sexuelles, lutte contre la précarité, réflexions autour des festivals de bande dessinée...
Une ambiance inclusive et festive anime le lieu. Une tombola y est organisée autour d’un bar, de dédicaces à la librairie voisine ainsi que quelques stands de fanzines et d’illustrateurices.
À quelques hectomètres de là, derrière la Gare de Lyon : Ground Control. L’ancien bâtiment ferroviaire réhabilité en espace de vie accueille un grand espace de restauration et d’exposition. Là, des dizaines d’éditeurs indépendants se sont emparés des lieux.
Dans une ambiance tamisée, rétro et branchée, ce festival de la bande dessinée parisienne affiche de faux airs d’un Formula Bula. On y retrouve les éditeurs indépendants les plus importants de la place : Çà et Là, l’Association, Exemplaires… De nombreuses tables rondes reviennent ici aussi sur des enjeux sociaux liés à l’industrie de la BD : écologie, précarité,… Mais le cœur de l’événement reste les stands d’éditeurs où l’on voit un public nombreux, plutôt ici pour flâner et découvrir de nouveaux horizons graphiques qu’un public de spécialistes venus chercher la dernière tendance.
Même si beaucoup appréhendaient l’affluence de l’événement, notamment due à une communication expresse (les deux événements se sont montés en quelques semaines à la suite de l’annulation du FIBD), tous les professionnels, auteurices et éditeurices se félicitent de faire salle comble. Marie Moinard directrice éditoriale des Ronds dans l’O : « Ça fait chaud au cœur de voir autant de monde, des gens souriants et curieux. »
Si le milieu et les passionnés peuvent se rassurer face à une affluence reflet de l’amour porté au médium, au cœur des débats de certaines tables rondes, la situation de certaines maisons indépendantes inquiète dans les rangs : « si on fait 5/10 % du chiffre d’affaires habituel que l’on fait à Angoulême, on pourra s’estimer heureux. »
Pour autant, ces manifestations dégagent une énergie commune, une volonté de corps de célébrer et promouvoir le 9e art tout en ouvrant des pistes de réflexions pour réinstaller la profession sur des bases « plus saines ».
Par Kelian NGUYEN
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Photos : Kelian Nguyen
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